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DOCTRINE PHYSIOLOGIQUE

Ainsi , le premier et le plus simple des phénomènes vitaux est la stimulation. Celle-ci, qui met en jeu la sensibilité, se trouve immédiatement suivie , dans l'état normal, d'un second phénomène aussi simple que le premier : de la contraction, ou réaction vitale, qui s'effectue par l'emploi de la contractilité.

Ces deux phénomènes offrent la base et le point de départ de toutes les fonctions de l'organisme vivant , depuis les plus simples jusqu'aux plus compliquées. Un troisième phénomène suit ordinairement les deux premiers, avec des développements très-variables, d'après l'organisation , le degré de sensibilité de la partie , d'après la nature et l'intensité du stimulant : ce phénomène est l'érection vitale , résultant de l'afflux plus considérable des fluides circulatoires et du développement de l'innervation ; d'où l'on a pris cet axiome : Ubi stimulus, ibi jluxus. Le phénomène que nous indiquons, évident, appréciable, par la simple vue, dans les tissus crectiles, se trouve, par degrés, moins sensible dans les autres, et môme, dans quelques-uns, n'est plus admissible, que par induction, à l'état physiologique; mais à l'état maladif, après un temps suffisant pour le développer, il devient appréciable dans tous les i issus doués de la vie. Ces trois phénomènes fondamentaux : stimulation, contraction, érection vitale, primitivement bornés à la partie qui reçoit directement l'influence du stimulant, peuvent se généraliser plus ou moins promptement , avec des modifications très-variables, en vertu de ce rapport, de ce consensus qui lie tous les éléments de l'organisme , et que l'on est convenu de nommer sympathie.

Tant que ces trois phénomènes, garants de l'exercice des lois organiques dans l'économie vivante, s'effectuent d'après la mesure naturelle de leur développement, on observe l'état normal, désigné sous le nom de santé; lors au contraire qu'ils sortent de celte mesure, il en résulte l'état anormal indiqué par le terme demaladie.

L'état maladif peut venirde l'augmentation, de la diminution, de Va perversion des mouvements vitaux; leur suspension amène l'asphyxie; leur extinction, la mort.

Les maladies ne doivent donc jamais être envisagées comme des

17'» ÈMES Kl DOCTRINES PATHOLOGIQUES.

I es distin •:• tes des org a nés , mais s e d 1 e m e ni e a 1 a m e d e s m odifiçations anonn leurs propriétés vitales et de leurs pbénom

physiologiques. La nature i brice n'es! qu'une pure abstraction,

et tous les efforts qu'on lui attribue ne sont que les résultats des réactions sympathiques. Les crises ne son! que des déplacements accidentels de L'irritation, et tséquence d'un travail

bienfaisant de la nature médicatrice. Elles ne peuvent s'effectuer d'une manière uniforme, à des jours déterminés. Le médecin n'a par conséquent aucune raison de les attendre , encore moins de chercher à les favoriser. La marche et la durée des maladies n'ont rien de fixe et de régulier : il est impossible d'en calculer et d'en prévoir exactement l< ses', depuis l'origine jusqu'à la termi-

naison.

L'ét dif nommé fièvre n'est que le symptôme d'une irrita-

tion du d'une inflammation plus ou moins localisée dans l'organisme. Les vices, les cachexies ou diathèses, ne sont que les effets de la généralisation d'une inflammation locale, dans son début. Les principes contagieux ou infectieux, tels que virus, venins, poisons, miasmes délétères, etc., peuvent occasionner des maladies, dans

- [uelles il faut voir, avant tout, la modification des phénomènes vitaux comme altération principale. Les lésions organiques, telles que ramollissements, indurations, squirrhes, cancers, tubercules, etc. , sont des résultats de l'inflammation. Dans lesadynarnies, il importera toujours de bien distinguer la faiblesse réelle, qui se manifeste assez rarement . et l'oppression des forces , que Ton rencontre beaucoup plus souvent dans les états pathologiques.

Le traitement «:1 ^ s maladies ne doit pas être confié à la nature médicatrice; la médecine expectante pourra constituer l'exception; et l'administration rationnelle des moyens thérapeutiques , la

e. Les indications seront puisses dans la connaissance des modificateurs pathologiques; des influences de l'organe primitivement affecté sur les autres; de la nature de la maladie. Les médicaments devront toujours être appropriés a l'état actuel de l'organe avec lequel on les met en contact immédiat.

1 poissions sanguines pourront être employées largement, et

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dès le début, dans les inflammations aiguës des organes trèsvascnleux, et, chez les sujets d'une riche constitution , la saignée des gros vaisseau* esl préférable dans ce cas. Les applications de sangsues ou les ventouses scarifiées conviennent mieux dans les phlrgmasies chroniques des tissus membraneux et chez les individus vieux ou débiles. Les dérivatifs ne trouvent leur utilité qu'après la sédation dos principaux accidents inflammatoires. Les vomitifs , les purgatifs, les toniques, les antispasmodiques, etc., ont leur action principale clanS la dérivation qu'ils opèrent. Les maladies pat débilité réelle sont avantageusement combattues par une ajimentation substantielle, par les toniques et les excitants diffusibles, etc.

Telles sont les bases principales de la doctrine physiologique , dont nous avons , dans un autre ouvrage , présenté l'exposition plus détaillée en la considérant au même point de vue que Broussais, qui la dénatura complètement en la réduisant aux fâcheuses conditions d'un système exclusif.

Telle que nous venons de la montrer , cette doctrine est aujourd'hui celle qui contient le plus d'axiomes pratiques , de principes solides, et qui se rapproche le plus de la vérité. Mais elle offre encore des lois trop absolues, des dogmes insuffisants pour comprendre toutes les altérations dont l'organisme vivant peut être affecté; elle rejette, avec trop peu d'examen, la doctrine du naturalisme , des crises, des constitutions épidémiques , des fièvres, des cachexies, drs diathèses, des principes contagieux , des spécifiques, des ant /'périodiques, des vomitifs, des purgatifs, etc. ; enfin, son titre même s'est trouvé tellement faussé par Broussais et par ses aveugles sectateurs, que nous lui préférerons , comme d'ailleurs beaucoup plus vrai, celui de Doctrine biologique, pour désigner la généralisation que nous aurons à fonder.

XXY. DOCTRINE HOMÉOPATHIQUE.

Hahnemann , premier auteur de cette nouvelle doctrine, établit la base de sa théorie médicatrice, en opposition avec le principe

de la saine pathologie , sur cet axiome général : Similia similibus çtirantïir: ce qu'il traduit ainsi : « Pour guérir une maladie , l'on doit employer le médicament qui agirait de manière à produire cette maladie, si elle n'existait pas. » Il est aisé de comprendre qu'en partant d'une loi si évidemment dangereuse , on eût bientôt, par la pratique , fait justice entière de la théorie. Aussi l'auteur , qui prévoyait cet échec , formule-t-il immédiatement une seconde loi qui neutralise complètement les pernicieux effets de la première ; il ajoute aussitôt, en exagérant cet autre principe : Medicamenta non aguut , nisi soluta : « Que les médicaments ont une action d'autant plus puissamment curative qu'ils sont plus divisés et donnés à des doses plus faibles. » Administrés à ces quantités minimes , les agents thérapeutiques n'ont assurément plus aucune influence , et l'on rentre alors complètement dans la médecine expectante avec ses avantages , lorsqu'elle est réservée pour quelques maladies légères ; avec ses immenses dangers, lorsqu'elle est employée comme règle générale.

Ainsi , pour nous , la doctrine homéopathique représente l'e.rpcctation médicale-, mais elle est entachée de deux vices que n'offre pas celle-ci : l'esprit d'exclusion et le charlatanisme.

Si nous avions besoin de preuves évidentes pour démontrer le néant d'une doctrine qui compte, même parmilesmédecins, plusieurs sectateurs intéressés , et qui fait encore aujourd'hui quelques dupes chez le public médical, nous les trouverions dans l'historique de cette vaine hypothèse et dans les résultats de ses applications :

Hahnemann, né à Meissen, en Saxe, le 10 avril 1755, reçu docteur en 1779, après avoir exercé la médecine pendant douze ans , soit dans ses voyages , soit à Leipsick , renonce à sa pratique par défaut de foi dans la science , se livre aux études chimiques, et surtout à la recherche des vertus curatives des médicaments. Il expérimente sur lui-même et prétend reconnaître que le quinquina lui donne la fièvre intermittente; il s'empare, d'un autre côté , des effets de l'abus du mercure, offrant une certaine ressemblance d'aspect avec plusieurs symptômes vénériens , et conclut aussitôt que tous les médicaments sont de véritables spécifiques

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