‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 104 sur 168 · DOCTRINE HOMÉOPATHIQUE · texte numérisé non relu

DOCTRINE HOMÉOPATHIQUE

ayant la propriété de guérir la maladie que leur usage peut occasionner. Aussi nonima-t-il sa doctrine homéopathie , du grec biLoïQç , semblable, et tcccôo; souffrance ; expliquant les guérisons « par une substitution de la maladie artificielle à la maladie naturelle , ces deux états ne pouvant pas exister ensemble dans l'organisme, d'après l'unité de la vie. » Mais le fameux principe : Similia similibus curantur, une fois posé comme règle générale et comme base de l'homéopathie, cette doctrine était ruinée.

En effet, comme le dit Ratier, Encyclopédie des gens du monde , t. 4 4, p. 195 : « Hahnemann comprit qu'il ne pouvait appliquer les médicaments homéopathiques, à des doses élevées , sans qu'il en dût résulter des aggravations dangereuses ; aussi n'employa-t-il d'abord, même les moins héroïques, qu'à la dose de quelques grains. Cependant, il reconnut bientôt que, dans les premiers moments qui suivaient leur administration, il se manifestait une grande recrudescence des symptômes ; pour éviter ce fâcheux effet, il imagina d'étendre les médicaments dans une substance inerte, telle que le sucre de lait en poudre. »

Ici commence le charlatanisme et le mensonge. Au lieu d'avouer de bonne foi qu'il s'est trompé ; qu'il a pris l'exception pour la règle; que, dans quelques circonstances très-rares, les semblables, administrés à dose suffisante, peuvent guérir, mais qu'ils augmentent la maladie dans presque tous les cas, Hahnemann pose comme principe : « le développement des propriétés des médicaments par les atténuations infinitésimales , » alors qu'il savait très-bien que donner les médicaments à ces doses infiniment petites, c'était positivement ne rien administrer.

Aussi Hufeland dit-il , dès l'apparition de l'homéopathie : « Cette doctrine servira nécessairement à démontrer la force médicatrice de la nature. » Cette futile doctrine est donc jugée définitivement au point de vue du dogme et de l'application : « L'homéopathie, dit Ratier, loc. cit., p. 49â, est basée sur des faits hypothétiques ou sur des inductions forcées. L'examen clinique n'a point confirmé les promesses que les homéopathes faisaient , dans les cas les plus désespérés, avec une assurance difficile à concevoir, surtout pour les

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hommes qui connaissent les difficultés de l'art et les limites de sa puissance. »

Si nous avons autant insisté sur la réfutation d'une doctrine essentiellement erronée, sous tous les rapports, c'est parce qu'elle n'a pas été suffisamment jugée dans le public, et que, absolument inoffensive par elle-même, elle inspire une sécurité d'autant [dus funeste dans les maladies qui nécessitent les secours les plus prompts el les plus énergiques de la médecine rationnelle ; enfin , pour nous donner l'avantage de n'y plus revenir dans ce travail. Du reste, si l'on avait besoin d'une dernière preuve pour démontrer les dangers et la vanité de l'homéopathie , nous renverrions à rOrijo/ion même de Hahnemann, ou cette doctrine se trouve plus longuement exposée.

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