XXVI. DOCTRINE MAGNÉTIQUE
La question du magnétisme, tant de fois reprise et tant de fois abandonnée, sans aucune solution précise, nous paraît aujourd'hui définitivement jugée par l'expérience et par les faits. Ayant longtemps étudié cette question, moins dans les livres que dans la nature, nous en parlerons, non point d'après des autorités contestables, mais d'après une observation positive, dégagée de toute prévention et de tout esprit de système.
Revenant à la doctrine de Cullen , plusieurs médecins ont regardé les désordres de l'appareil nerveux comme la cause première de toutes les maladies; et, partant de l'analogie qu'on remarque entre l'agent magnétique et l'agent d'innervation , ont inféré de cette analogie qu'il serait facile, en dirigeant convenablement lés influences du premier, de ramener le second, sorti de son équilibre par les affections morbides , aux conditions de l'état normal , delà santé. Tels furent les brillants résultats que rêvèrent Mesmer, Puységur, Deleuse et leurs adeptes. L'un d'eux, plein d'inspiration et d'enthousiasme , nous disait, il y a quelques années : « La science électrique et magnétique est dans la voie d'un immense progi
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elle absorbera tellement la pathologie , que nous verrons bientôt l'art de guérir enfermé dans un pain de résine ! »
Comme doctrine , le magnétisme ne mérite pas une réfutation. Comme agent thérapeutique, il a subi la proscription de ses abus, sans la mériter. Nous pensons même que son usage rationnel, et dirigé dans une sage mesure , est trop négligé de nos jours. Nous l'avons plusieurs fois employé, avec succès, à titre de tempérant, dans quelques maladies spasmodiques rebelles aux calmants ordinaires. Quant à l'étendue réelle de son action, voici pour nous la règle , d'après l'expérience : faits physiologiques nombreux, importants et très-variés; lucidité, clairvoyance, prescience , mensambulance , faits psychologiques, en un mot, jusqu'ici complètement nuls. C'est dire que nous taxons du charlatanisme le plus dangereux et le plus éhonté, la prétention des somnambules de voir , de reconnaître les maladies des sujets qu'on leur présente, et de pouvoir prescrire avec infaillibilité le traitement qui leur convient.