‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 113 sur 168 · V. CHINOIS · texte numérisé non relu

V. CHINOIS

L'invariabilité du caractère et l'inamovibilité des institutions, chez ce peuple , sont devenus des obstacles incessants aux progrès des

|9l) ÉTAT AiTlET. CHEZ TOUS LES PEUPLES.

arts , des sciences en général , et de la médecine en particulier : aussi la trouvons-nous aujourd'hui bien inférieure, pour les dogmes et pour l'application, à celle du plus grand nombre des autres peuples civilisés. Cependant l'art de guérir l'ut cultivé de temps immémorial dans la Chine, et il y existe, sur cet art, des livres écrits il y a plus de trois mille ans. Si l'on en croit plusieurs historiens, le premier traité chinois d'anatomie, \eMm-kim, est même d'une date bien antérieure ; et depuis un aussi long intervalle, cette science , entravée dans sa marche par le respect le plus superstitieux pour les cadavres , ne présente aucun avancement.

La physiologie n'offre pas un état plus florissant : on y voit le principe de la vie dans l'équilibre de la chaleur et de l'humidité , dont la désunion amène la mort. La doctrine médicale des Chinois est le pneumatisme d'Érasistrate et d'Athénée ; aussi font-ils un fréquent usage des ventouses, des moxas et de l'acupuncture : « pour évacuer les vapeurs nuisibles retenues dans les organes. » Ils placent les principales causes morbifiques dans les vents , le froid, l'humidité, etc. Leurs divisions nosologiques sont multipliées avec excès ; et la possibilité de reconnaître ces innombrables variétés, de prédire leur issue favorable ou funeste, de préciser la durée , les probabilités de l'existence d'un sujet donné , se trouve, pour eux, à peu près exclusivement dans l'examen du pouls. Aussi le degré d'instruction dans la science de ce dernier, devient-il en même temps la mesure de l'habileté chez les médecins chinois; aussi le fameux livre portant pour titre : Le secret du ■pouls , composé environ deux siècles avant l'ère chrétienne , soit par Ouang-Chou-Ho , soit par Vam-Xo-Ho, soit par une réunion de collaborateurs, est-il, de tous les ouvrages sur la médecine du pays, le plus important et le plus estimé parmi les indigènes ; et les traités déjà si prolixes de Galien, d'Hoffmann et de Bordeu, sur le même sujet, ne sont-ils que des essais d'une remarquable concision à côté de cette production inextricable et bizarre.

Les mouvements critiques sont observés et favorisés avec soin ; la matière médicale est formée d'un grand nombre de substances, mois leurs préparations sont tellement simples, que les médecins

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