X. ANGLAIS
Chez ce peuple, chez les Ecossais et les Irlandais, la médecine paraît marcher en sens inverse des sciences physiques et des institutions. Peu de nations sont en même temps plus avancées dans le progrès, sous le rapport des secondes , et plus arriérées au point de vue de la première. Si nous exceptons, en effet, quelques médecins anglais d'un mérite supérieur, ayant immortalisé leur nom par les manifestations du génie dans plusieurs découvertes importantes, les autres, dans ce beau siècle de raison et de lumière, semblent procéder, sans discernement et sans réflexion, au milieu des doctrines les plus erronées et les plus dangereuses du brownisme, de l'ontologie el de Phumorisme,
Leur pratique, sans lois vitales et physiologiques pour la diriger, paraît tout entière basée sur l'usage empirique des saignées, des ventouses, de l'opium, des médicaments les plus incendiaires, même dans les inflammations aiguës ; mais surtout du calomel , espèce de panacée universelle qu'ils emploient dans presque tous les cas : « pour attaquer, combattre et détruire Yétre maladie; enfin des purgatifs par lesquels ils font poursuivre et chasser à son tow Vitre thérapeutique, le calomel, qui deviendrait nuisible dans l'organisme, lorsque son œuvre, pour la destruction de Y entité morbide, se trouve consommée. »Tel est à peu près tout le fondement de ces applications pathologiques anglaises, ordinairement sans raison , presque jamais sans danger. La chirurgie de la Grande-Bretagne compte plusieurs célébrités du premier ordre , mais elle est moins généralement bien faite qu'en France; la difficulté des dissections, chez nos voisins d'oulre-mer, est probablement la principale raison de cette différence.