‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 12 sur 168 · I. TEMPS ANTIQUES · texte numérisé non relu

I. TEMPS ANTIQUES

La médecine est aussi ancienne que le monde. Le premier homme , en conséquence de son organisation et des circonstances qui l'environnèrent a son premier jour , éprouva nécessairement la souffrance ; poussé par ce puissant instinct conservateur , si merveilleusement identifié à sa nature , il dut en même temps chercher les moyens de guérir ou d'alléger ses maux, dès qu'il en put avoir la conscience et qu'il fui en mesure d'en étudier l'interprétation. Ainsi le premier malade offrit le premier médecin, et les premiers secours opposés à la douleur présentèrent les premiers rudiments de l'art médical.

La médecine fut en effet un art , longtemps avant de pouvoir devenir une science. L'art médical émana spontanément du sentiment de la conservation; la science médicale ne pouvait naître que de la réflexion s'exerçant sur un assez grand nombre de faits acquis parle temps, et liés entre eux par une coordination raisonnée.

Aussi l'art médical se trouva-t-il constamment partout où l'on rencontra des hommes. Il suffit de consulter les relations des voyageurs pour s'assurer qu'ils virent cet art, sans doute avec une valeur très-variable, chez les hordes sauvages de l'intelligence la plus obtuse et la moins cultivée; tandis que la science médicale n'existe réellement que chez les peuples civilisés, et presque toujours dans un rapport assez précis avec les véritables progrès de l'esprit humain chez ces peuples.

Par une conséquence nécessaire de cette distinction qui s'établit ici très-naturellement entre l'art et la science , nous verrons le premier, bien plus rapproché des faits, de l'expérience et de l'observation , marcher par lui-même d'un pas assez égal dans les voies de la vérité ; la seconde, au contraire, souvent dominée par des génies plus brillants que solides, abandonnant l'observation, l'expérience et les faits pour les décevantes illusions des théories imaginaires, entraîner l'art dans ses dangereux écarts, lui faire éprouver une marche rétrograde et fausser ses applications , alors que son rôle était de l'agrandir et de le perfectionner.

« Quand l'homme souffre, dit Cabanis, loc. cit., p. 24, une \ni.\ impérieuse, plus forte que toutes les subtilités, le porte à chercher du soulagement. Il attribue son mal à certaines causes; il en cherche le remède dans l'application de certaines substances ou de certaines impressions.... Le voilà déjà saisissant le premier anneau d'une chaîne d'observations; et c'est ainsi qu'il devient bientôt médecin et chirurgien. »

« Chez les peuplades les plus grossières, comme celles delà nouvelle Hollande , de la nouvelle Zélande, de la Laponie et du Groenland , du nord de l'Amérique et de l'intérieur de l'Afrique , on trouve les vestiges d'une médecine et d'une chirurgie véritables.

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