‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 142 sur 168 · POINT DE VIE CONVENABLE POUB L'ÉTUDIER · texte numérisé non relu

POINT DE VIE CONVENABLE POUB L'ÉTUDIER

question ; de la réduire à des termes en même temps plus positifs, plus logiques et plus vrais.

« On amasse de tous côtés laborieusement des faits , dit M. Max. Simon , Bull, de îliér. , t. 49 , p. 550 , il serait temps enfin d'apporter quelque intelligence dans ce travail de collection un peu trop manouvrière : Nonnumerandœ sedperpendœ sunt observationes. »

« Nous n'hésitons pas, dit Miquel, Bull, de thér., t. 48, p. 529, à appeler de tous nos vœux l'instant du retour des conceptions a priori dans la philosophie de la science, parce que nous sommes convaincu que , du point de vue rétréci où nous sommes acculés , nous ne pouvons atteindre qu'à des vérités fragmentaires; et que, pour arriver à la science vraie, si elle est à portée humaine, il faut voir de plus haut et de plus loin , il faut élargir notre horizon. »

« Les matériaux sont si nombreux aujourd'hui dans la science médicale, dit M. Dauvergne, Bull, de thér., t. 40, p. 551, qu'elle en est encombrée ; et les idées tellement tournées vers le détail et les recherches physiques et matérielles , vers les phénomènes tangibles à la vue , au toucher , que tout médecin qui prétendrait s'appuyer sur autre chose que sur le microscope ou le scalpel, serait réputé un esprit chimérique. Aussi se garde-t-on bien de s'aventurer dans quelques théorèmes généraux , et surtout repousse-t-on , depuis Broussais , toute doctrine. Il faut , pour être écouté, faire abstraction de sa raison et montrer des faits, toujours des faits , uniquement des faits. Mais , à force de produire des faits, on s'est aperçu qu'ils étaient stériles par eux-mêmes , à moins d'être fécondés par l'esprit. On s'est convaincu que ces faits étaient des plantes parasites , prêtes à s'attacher à la tige de toutes les idées ; d'où il résultait que la science était perpétuellement condamnée à renouveler les travaux de Sisyphe. »

« Les revues et les inspections spacieuses, dit Virey, Dicl. des se. méd. , t. 50, p. 464, doivent se faire du sommet des montagnes ou des tours élevées, pour étendre davantage la vue au loin. De même , il est impossible d'explorer le vaste champ des sciences, dans ses régions les plus lointaines comme dans ses recoins les plus mystérieux , si l'on s'arrête seulement à leur nivoau;il faut

dès lors monter au sommet des doctrines et à la cime de leurs vérités, ou à la haute philosophie , quand on désire faire faire des progrès aux sciences. »

Il est donc maintenant facile de marquer le lieu précis où nous devons nous placer pour saisir et coordonner les nombreux matériaux qui doivent concourir à L'édification d'une bonne doctrine médicale.

SI nous restions seulement en face des faits individuels et sans coordination, il nous serait impossible de les comparer, d'en apprécier l'ensemble, d'en tirer des inductions et des principes. Si nous montions dans une région trop élevée où ces faits isolés et même leurs groupes ne seraient plus accessibles à notre vue , nous irions nous égarer dans le vague des abstractions imaginaires.

C'est en se tenant toujours exclusivement au premier de ces points de vue. que beaucoup de médecins, particulièrement dans notre époque , ont été comme écrasés sous la masse de ces faits qu'ils avaient si Laborieusement recueillis, sans pouvoir ni les mettre en œuvre , ni les féconder, et n'ont offert, pour tout résultat de leurs pénibles travaux , que les stériles collections d'un empirisme absolu. C'est en se laissant emporter au second, que des hommes d'un génie puissant, au lieu de fonder une doctrine solide, impérissable, n'ont fait qu'échafauder au milieu du vide un système pinson moins brillant, mais qui devait disparaître comme ces vains farfadets que nous voyons jeter un instant leur lumière douteuse et s'effacer immédiatement au grand jour de la vérité.

C'est entre ces deux extrême- que nous voulons nous placer, pour éviter ces deux écueils de situation : c'est dans ce moyen terme du positif, d'où nous pourrons voir en même temps : til/-lIrssnn*. les faits sortant des mains de l'observation et de l'expérience avec les caractères incontestables; et réels sans lesquels nous ne les admettrons pas: au-dessus, leurs généralisations effectuées par le raisonnement avec le contrôle de la vérité, que nous allons actuellement QOns établir pour édifier une doctrine médicale en mesure de répondre aux besoins de la science et de l'art.

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