‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 143 sur 168 · II. MÉTHODE A SUIVRE POUR ATTEINDRE LATÉRITE · texte numérisé non relu

II. MÉTHODE A SUIVRE POUR ATTEINDRE LATÉRITE

Le véritable point de vue d'où nous devons envisager les objets pour constituer une doctrine pathologique, étant bien établi , nous avons à préciser la méthode qu'il faut suivre dans l'accomplissement de cette œuvre si périlleuse et si difficile. Cette méthode, nous le dirons tout d'abord , sera très-sérieuse ; elle repoussera toutes les conceptions purement imaginaires , et n'admettra que des démonstrations positives.

Toutefois , notre circonspection ne sera point un décourageant scepticisme; et, confiant dans la vérité des faits authentiques et dans la science, dont ils sont les impérissables éléments, nous ne dirons pas avec Virey, Dict. des se. méd., t. 50, p. 41â : « Ne sait-on pas combien l'incertitude de nos sens et la diversité des opinions humaines éloignent les prétendues vérités des sciences? Les vérités sont en Dieu, les hommes n'en ont que l'ombre; et notre Bl ience consiste plus encore à nier des erreurs , qu'à affirmer des réalités. »

Nous demanderons à l'auteur de cette rêverie, comment nous pourrons nier des erreurs, si nous ne sommes pas, avant tout, en mesure d'affirmer des réalités ; et comment ce Dieu dépositaire d'un bien si précieux, nous eût inspiré l'amour de cette vérité, nous eût doués de l'intelligence destinée à l'atteindre , pour nous condamner à la déplorable condition de n'en jamais poursuivre que les ombres? Loin de nous la pensée d'accuser Dieu d'une aussi grande inconséquence , en admettant que le génie de l'homme fut institué seulement pour la contemplation d'un vain fantôme ! Non , la vérité n'est point inaccessible à nos regards, si nous savons explorer la nature, son principal domaine; si nous savons trouver la bonne voie qui peut y conduire. C'est précisément cette voie que nous devons actuellement chercher.

Pour combattre Virey par lui-même, et surtout pour établir qu'il sait également se placer dans le vrai , nous citerons la définition qu'il donne de la science, et les moyens qu'il indique pour la

fonder, toc. cit., p. 100 : « La science, tcientia, ■? bcurcfen, est la

connaissance de la vérité des choses fondées sur leurs principes ou leurs causes, et au moyen de preuves démonstratives par l'analyse ou par la synthèse. Lorsque l'esprit Immain compare toutes les notions qu'il acquiert des faits individuels, ou des expériences et des observations particulières, et qu'il en déduit des principes vrais, lesquels sonl discernés des faux, il établit la science sur une base fixe et constante. >>

Comme nous voulons constituer une science, fonder une doctrine médicale, et non point improviser un système, cette entreprise si vaste et si difficile se résumera tout naturellement en deux actes principaux : 1' la collection, 2' la généralisation des Faits pathologiques.

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