GÉNÉRALISATION DE8 FAITS PATHOLOGIQUES
détermine la génération... La médecine se l'est appropriée depuis quelques années seulement ; et déjà on reconnaît son influence favorable. »
C'est surtout à Bacon , à Descartes que nous devons l'introduction de cette méthode , si féconde et si positive dans l'édification des sciences naturelles ; c'est particulièrement à Pinel qu'il faut rapporter l'honneur de son application à la pathologie. Ne semble-t-il pas prévoir l'abus qu'on en devait faire dans ces derniers temps , lorsqu'il dit avec raison, Dict. des se. méd. , t. 2, p. 25 : « Ce serait donner une extension illimitée à la méthode analytique , que de vouloir l'appliquer indistinctement à toutes les maladies aiguës ou chroniques avec un égal succès. »
En reconnaissant qu'au fond la nature de l'analyse est toujours la même , Cabanis propose d'en admettre quatre variétés , suivant les divers objets de son application. Analyse : 7° de description; T de décomposition et de recomposition ; 5° historique; 4° de déduction.
Nous trouvons plus rationnel de regarder ces variétés de l'analyse comme les divers procédés d'une méthode identique , et de voir , dans la déduction ou l'induction , celui de ces procédés qui rend 1rs plus importants services dans la généralisation des faits pathologiques.
L'induction, — indiictio , de in, dans, et de ducere, conduire, to ffujotEpcwfME, prise dans l'acception d'un procédé analytique, est une manière de raisonner par laquelle on tire une conclusion générale et conforme à ce que l'on a prouvé dans tous les cas particuliers.
La déduction, — deductio, de ducere, amener, de, de, f, fyaip&w , prise dans la môme acception, est une suite , une chaîne de raisonnements par lesquels on arrive à la preuve d'une proposition générale.
S'il est plus rigoureux, en logique, de ne pas confondre ces deux expressions, il est, en médecine, plus simple et plus ordinaire de les employer comme à peu près synonymes ; nous les prendrons «1rs lors indifféremment.
Par l'induction , on s'élève du simple au composé , du connu à
l'inconnu , du fait particulier au principe général ; mais combien il faut de prudence et de circonspection pour ne pas s'égarer dans cette voie; combien il est essentiel, surtout, dans cette filiation des idées , de ne pas prendre , comme éléments de transition , des analogies séduisantes au lieu de réelles et véritables similitudes ; c'est en procédant avec cette légèreté que l'on fausse un procédé puissant par sa nature, que l'on fait des lois sans valeur, et qu'au lieu d'une doctrine positive on établit un vain système. C'est un des plus dangereux écueils , et nous aurons soin de l'éviter.
« L'induction, dit M. Raige-Delorme , loc. cit., p. 2/2, qui s'élève par degrés des phénomènes particuliers à des analogies ou des rapports de plus en plus étendus , pour arriver aux causes générales dont ils dépendent, est le seul procédé capable de fonder une véritable théorie scientifique ; mais il est extrêmement lent, et, dans beaucoup de sciences, il ne peut encore faire parvenir à une grande hauteur. »
L'analyse et l'induction n'étant donc ni suffisantes ni môme toujours assez certaines pour satisfaire à tous les besoins de l'esprit, dans la recherche de la vérité , celui-ci dût nécessairement leur associer la méthode que nous allons actuellement examiner.
Là synthèse , — sijnthesis , <ruvôc<nç , de <ruv, avec, et de Tifaipt, je place : considération d'un tout dans son ensemble. Opposée à l'analyse , la synthèse est la méthode par laquelle on généralise les faits pathologiques en les embrassant immédiatement dans leur collection, pour les examiner ensuite plus particulièrement dans leur individualité , dans leur détail. Elle descend de l'ensemble aux éléments , de la cause , du principe à la conséquence ; tandis que l'analyse remonte de la conséquence au principe, de l'effet à la cause, des éléments à l'ensemble. L'analyse emploie surtout la sagacité, le jugement et le raisonnement; la synthèse fait plus spécialement usage de la perspicacité , de l'imagination et du génie. L'analyse est plus lente, plus positive et plus certaine ; la synthèse est plus séduisante, plus rapide et plus brillante. C'est en réunissant leurs avantages que l'on fait disparaître leurs