DOCTRINE BIOLOGIQUE. VIT
même de la convalescence , nous voyons le granéfait vie dominer toute la scène] tous les faits particuliers se grouper autour de lui comme autour de leur centre commun.
La doctrine médicale ne peut dès lors admettre une autre base que la vie', c'est la plus large, la plus naturelle et la plus vraie qu'elle puisse jamais trouver; cl la meilleure dénomination à lui donner esl celle de Doctrine Biologique. Le titre de Doctrine Physiologique, de ffac, force, nature, et de Xo'yoç, traité, faussé dans ses applications , ne doit plus être conservé ; à moins que l'on ne préfère pour base de la doctrine pathologique : une entité fictive, au fait le plus évident ; l'hypothèse , à la réalité.
La vie , — vita, s pfoç, est le mode particulier d'existence des corps organisés; la raison fondamentale du maintien de leurs éléments dans les rapports qui constituent ces corps. C'est le fait le plus général et le plus complexe de l'économie organique, puisqu'il résume tous les autres, puisqu'il en est le principe et la [m.
L'ensemble de tous les êtres, le balancement, l'harmonie, l'ordre admirable de leurs phénomènes, les lois qui régissent toutes leurs actions constituent ce tout immense auquel on a donné le nom d'économie universelle : oîxovojua, deoTxoç, famille, et vo'^oç, loi ; littéralement : lois de la famille.
Dans cette grande économie se trouve une économie particulière : l'économie cirante, offrant ses lois spéciales et se régissant a sa façon au milieu des lois générales, qui ne conservent [dus sur elle que des influences modifiées par ces lois spéciales; de manière à consacrer une sorte d'indépendance pour ce monde particulier, même sous l'empire du monde général.
En constituant le système de l'univers, Newton ne considéra pas la gravitation comme une entité qu'il importait de connaître dans son essence; il la prit comme "// fait évident par ses résultats et sur lequel vinrent se grouper toutes les luis de celle admirable généralisation.
A l'exemple de Newton en fondant la doctrine du petit monde,
nous prenons la vie comme le fait le plus général et le plus complexe de l'économie vivante, comme celui dans lequel rentrent tous les faits particuliers , soit à l'état normal , soit à l'état morbide ; et, sur ce fait , nous établissons largement et solidement la doctrine médicale sous le titre de Doctrine Biologique. Toutes les considérations qui vont suivre viendront, d'après l'observation et l'expérience , constater la réalité , l'importance de cette doctrine , et justifier la dénomination par laquelle nous croyons devoir la caractériser. Il ne s'agit point en effet ici du simple changement d'un titre, mais de l'adoption d'une base nouvelle et fondamentale pour toute la science pathologique.
L'économie vivante , — microcosme , microcosmus , putfMfcstftoç, de jxtx&oç, petit, et de y.6ay.os, monde, petit monde, est représentée par l'ensemble des corps organisés, de leurs conditions, de leurs phénomènes particuliers, des lois spéciales qui les régissent; par l'ordre et l'harmonie qui régnent dans cet ensemble sous l'empire de la vie , qui se trouve ainsi , à l'économie vivante , ce que l'attraction est à l'économie universelle.
L'économie vivante offre, sous le rapport de ses éléments, des modifications infinies depuis le végétal rudimentaire jusqu'au végétal le plus complexe; depuis l'animal le plus simple jusqu'à l'animal le plus composé; depuis celui-ci jusqu'à l'homme.
Quel que soit le degré de complication ou de simplicité de cette économie, la vie domine toujours ses lois, leur imprime un caractère particulier qui les distingue essentiellement des lois physiques et chimiques ; elle communique à ses phénomènes une puissance qui leur fait produire des résultats n'offrant rien de commun avec ceux des phénomènes de l'économie générale ; elle maintient , dans leurs nombreux rapports , les éléments organiques dont ces phénomènes viendront effectuer la séparation aussitôt que cette influence vitale aura cessé de se manifester par celte même cessation à laquelle on donne le nom de mort.
C'est au milieu des nombreux modificateurs de l'économie universelle , que l'économie mante, pour chaque individu, prend