BAILLOU
Baillou, né à Paris en 1538, élève de Fernel, très-versé dans la connaissance des langues anciennes, est reçu docteur en 1570. Observateur consciencieux de la nature, il contribue puissamment a ramener l'école de Paris dans les voies hippocratiques.
l\ HISTOIRE HK LA MLUECl.NE.
De tous les médecins, le plus rapproché du vieillard de Ces par le véritable génie de l'expérience , il domine son siècle par l'empire imposant d'un éminent praticien. Il fait remarquer la nuance particulière que chaque saison donne aux maladies; cherche dans les constitutions atmosphériques les causes des épidémies, en exagérant un peu l'influence des astres. Xommé doyen de la Faculté, Baillou meurt en 1616, âgé de soixante-dix-huit ans.
La grande et mémorable époque dans laquelle nous entrons est surtout remarquable par l'apparition , à quelques années de distance , de deux génies philosophiques du premier ordre ; qui , partis d'un point semblable, et suivant des routes différentes, exercèrent également sur la marche des sciences en général, et de la médecine en particulier, l'influence la plus nécessaire et la plus favorable. Cette influence fut d'autant plus positive, plus profonde et plus durable , que la réforme qu'ils vinrent effectuer ne se borna pas , comme celles qui l'avaient précédée , a la simple rectification d'une théorie , d'un système , d'une hypothèse , mais qu'elle porta sur les instruments mômes de la pensée , sur la manière d'apprendre, et, par conséquent, sur les vices radicaux qui jusqu'alors avaient entravé les véritables progrès et la marche fructueuse de l'esprit humain , des sciences et des arts.