‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 70 sur 168 · M. LOUIS · texte numérisé non relu

M. LOUIS

Il ferme la série des médecins qui sont venus, jusqu'à l'époque actuelle, déposer dans nos archives le tribut de leurs idées sur la théorie, le système ou la doctrine qui leur a paru le plus convenable pour bien établir les principes de la science pathologique. Ce praticien consciencieux et distingué , trouvant sans doute les faits dont la médecine est en possession , ou trop peu nombreux , ou mal observés, ou considérés d'un point de vue peu favorable aux inductions que l'on veut en tirer, semble, dans sa méthode que l'on a désignée par le nom de Procédé numérique, avoir pris la courageuse résolution de recommencer, par la première pierre, la reconstruction de l'édifice médical; en recueillant avec plus de

Il', HISTOIRE DE LA MÉDECINE:

soin , plus de précision et de vérité , des faits assez multipliés dans chacune des i s auxquelles ils devront appartenir,

pour que l'on puisse en inférer des principes certains et dont la réalité soit garantie par les caractères de ces faits et la puissance de leur nombre. Du reste , M. Louis n'est point seul de son avis ; Raige-Delorme , lac, cit., p. 215 , semble entièrement le partager : « Si les généralités d'une science , si les préceptes qui en découlent doivent être l'expression exacte des faits particuliers, il est évident que les sciences médicales manquaient de ce caractère de précision qui peut seul leur imprimer un caractère positif, et qu'il fallait les y ramener, sous peine de laisser dans un état désespérant de vague et d'incertitude, l'art qui s'appuie sur elles. C'est là ce qu'a tenté de faire M. Louis par le Procédé numérique , ou la Statistique médicale. Ce procédé, contre lequel se sont élevées les préventions de l'esprit systématique, n'est, en définitive, que l'observation appliquée aux phénomènes de l'organisme , et que l'application la plus rigoureuse de la méthode expérimentale, qui prescrit de ne tirer des faits que ce qu'ils contiennent réellement. La détermination précise du nombre de cas analogues sur lequel a porté l'observation , l'appréciation exacte de toutes les circonstances qui s'y rapportent, l'analyse et le rapprochement de ces faits et de toutes leurs circonstances , le résultat de cette analyse ou l'indication numériquement exprimée des rapports de fréquence , de coïncidence de toutes ces circonstances, telles sont les opérations fondamentales de la Statistique médicale, tels sont les moyens qu'elle propose, et qui nous semblent les seuls qui puissent fonder les plus sûres généralités que comporte l'état de la science, et les préceptes techniques les moins éloignés de la certitude, puisqu'ils sont les résultats immédiats de l'observation. »

Nous n'avons rien voulu retrancher de cette longue citation , parce qu'elle touche l'un des points les plus importants de la question que nous avons à résoudre, et qu'elle expose une doctrine nouvelle, ou du moins renouvelée, dont les principes offrent quelque chose de très-spécieux au premier aspect, surtout pour les hommes sérieux, mais dont l'opportunité nous semble

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très-contestable, et l'application absolument impossible; du moins nous espérons bientôt le démontrer.

L'influence favorable que nous venons de signaler dans la marche de la science pathologique, ne se borne point à la médecine proprement dite , elle se manifeste également dans toutes les sciences accessoires , comme nous le verrons en ajoutant quelques noms d'auteurs à ceux dont nous avons cru devoir exposer succinctement les découvertes et les travaux.

L'anatomie, — dont on aurait dû trouver l'origine chez les Égyptiens , habiles dans l'art d'embaumer les corps , ne fut sérieusement étudiée, pour la première fois, que vers l'an 344 avant Jésus-Christ, par Hérophile. Retardée, dans sa marche, parle respect pour les morts ou par la superstition, elle fit, mais tardivement , des progrès si merveilleux , que l'on se trouva dans l'obligation de la diviser en plusieurs branches , suivant le point de vue où l'on se plaçait dans l'étude de l'homme. Ainsi : anatomie descriptive, dans laquelle se distinguèrent surtout Mondini, Sylvius, Vésale, Eustache , Fallope, Servet, Césalpin , Harvey, J. Ilunter, Malpighi, Sténon, Aselli, Ruisch, Albinus, Pecquet, Riolan, Wharton, Willis, Meckel, Winslow, Ch. Bell, Bichat, Sabatier, Gavard , Chaussier, Boyer, Cruveilhier, etc., etc. Anatomie générale, anatomie des tissus, préparée par Glisson, Bordeu,etc. ; créée, et presque en même temps perfectionnée, par Bichat; complétée par Béclard, etc. Anatomie des régions, anatomie chirurgicale , étudiée dans ces derniers temps par Velpeau, Blandin, etc. Anatomie pathologique, au perfectionnement de laquelle ont spécialement contribué Baillou, Salzmann, P. Salmuth, N. Fouleyn, N. Tulpius, D. Panaroli , J. Wepfer, N. Péchclin, F. Plater, J. M. Lancysi, N. Valsalva, T. Bartholin, T. Bonnet, Morgagni, Cheston, Lieutaud, Sandifort, Baillie, Portai, Bayle, Laënnec, Lallemand, etc. Anatomie comparée, créée, pour ainsi dire, par Aristote , et qu'enrichirent de leurs travaux : J. Hunter, P. Camper, Lacépède, Daubenton , Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire , Duméril , Tiédemann, de Blainville, etc.

La physiologie , — à l'état rudimentaire ou faussée dans ses dogmes chez les anciens , est , à proprement parler, créée par Haller, cultivée par un grand nombre d'expérimentateurs habiles et développée dans des ouvrages généraux par Barthez, Dumas, Blumenbach , Richerand , Chaussier, Adelon, Magendie, Bourdon, Broussais, Lepelletier de La Sarthe, etc.

L'hygiène, — créée par Hippocrate, et sur laquelle il avait donné d'excellents préceptes, se perfectionna par les utiles travaux d'un grand nombre de bons observateurs , parmi lesquels nous citerons spécialement : Lommius , Lorry, Sanctorius, Ramazzini, Tissot, Pringle, Lind, Guyton-Morveau, Tenon, Portai, Desessarts, Alphonse Le Roy, Tourtelle, Halle, Londe , etc. Les savants voyageurs dont les noms suivent donnèrent à cette science une importance toute nouvelle , par la connaissance positive des différents climats et de leur influence habituelle sur la santé : G. Falconner, A. Wilson , L. Fink, Rouppe, Fontana, Poissonnier, Solander, Dazille, Bajon, G. Hillary, J. Hunier, R. Jackson, J. Hume, R. Desgenettes, J. Larrey, L. Valentin , Bailly, Moreau de Joannès, etc. , etc.

La matière médicale , — envisagée comme science , eut Dioscorides pour fondateur et fut ensuite enseignée par Alibert, Murray, Barbier d'Amiens, Swédiaur, Parinenlier, Arnemann , Schwilgné, Desbois de Rochefort, Trousseau, Pidoux , etc.

La médecine légale — fut en quelque sorte créée par P. Zacchias , puis agrandie , perfectionnée par S. Ammaun , Valentin, Teichmeyer, Devaux , Baumer, La Fosse, Louis, Fodéré, Mahon, Belloc, Chaussier, Plenck, Metzger, Frank, Orfila, Devergie, etc.

La bibliographie médicale , — dans laquelle se firent particulièrement remarquer Galien , Boerhaave, Le Clerc, Freind,

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