ORIGINE , PROGRÈS
ot donner à l'art des principes d'une incontestable valeur, existait , commeapplicalion, dès l'origine de cet art; comme science, elle n'était pas autrement professée dans l'enseignement de Cos. Hippocrate instruisait toujours ses élèves en présence des faits. Mais lorsque les médecins abandonnèrent la voie de l'expérience , l'enseignement public tomba tout entier dans le domaine de la médecine théorique. « Les hôpitaux, à leur origne , ditPinel , Dict. des se. méd. , t. 5 , p. 563 , servirent plus à satisfaire la bienfaisance pieuse des chrétiens , qu'à perfectionner la médecine , et les études eurent lieu comme aux époques précédentes. » Pour trouver quelques traces de l'enseignement clinique, depuis les Grecs , il faut arriver jusque vers le vme siècle , à l'école d'Édesse , en Mésopotamie, où se formèrent les principaux médecins arabes. Cet enseignement fut très-incomplet jusqu'à l'époque où Heurnius, Van der Slraten et Boerhaave le firent entrer , comme partie essentielle , dans l'instruction médicale. Enfin Van Swieten fonda positivement, à Berlin, vers le milieu du xvnie siècle , une école clinique, d'après les principes de la doctrine d'Hippocrate , et qui servit de modèle à celles que l'on vit bientôt s'établir dans toute l'Europe. En France, Cabanis, qui, en 1792, était membre de la commission des hôpitaux, proposa, l'un des premiers, l'établissement d'un enseignement clinique, faisant partie des cours de la Faculté de Médecine; enseignement déjà fondé, en 1780, par Desbois de Rochefort, à l'hôpital de la Charité de Paris, et continué par Corvisart, avec autant de zèle que de savoir. A partir de cette époque , cet enseignement se généralisa de telle sorte , que chacun des hôpitaux, soit à Paris, soit en province , -offrit bientôt une école clinique plus ou moins utile; et nous croyons pouvoir attribuer surtout à cet immense progrès la bonne direction que prirent, dès cet instant, les études médicales. Au nombre des hommes qui se firent le plus remorquer, soit comme expérimentateurs tendant à ce but essentiellement pratique , soit comme religieux observateurs des faits , nous devons particulièrement citer : les Asclépiades, Acrond'Agrigente, Hippocrate, Hérophilc,Érasistrate, Irchagatus , Thémison, Agathinus , Aréléc de Cappadooe,
\2.i) HISTOIRE DE LA MÉDECINE :
Dioscorides, Rhazes, Àvicenne, Àlbucasis, Avenzoar, Mondiûi, Lanfranc, Gui de Chauliac , A. Par»', Houllier, Duret, Fernel , Bâillon , Harvey , Zacchias , Glisson , Pecquet , Bonnet , Malpighi , Sydenham , Ramazzini , Hoffmann , Baglivi , Morgagni , Van Swieten, de Haën , Boissier de Sauvages, Pringle , Cullen , Bordeu, Tissot, Zimmermann , Stoll, Pinel, Selle, Jenner , Landrè-Beauvais , Desbois de Rochefort, Corvisart, Rœderer, Wagler, Portai, Hufeland, Bayle , Desgenettes, Dumas, Bichat , Laënnec, Louis, Amiral , Cayol , Fouquier, Récamier , Le Gallois, Fizeau, Alibert , Biett , Chomel, Bricbeteau, Parent du Chatelet, Husson, Ribes , Cruveilhier, Bouillaud, Gendrin, Guersent, Pâtissier , Nacquart , Rostan , etc., etc.
La médecine théorique , — consistant dans l'exposition des dogmes de la pathologie , de la classification , de l'histoire générale des altérations morbides : dans la description des maladies au point de vue de leurs causes , de leur nature , de leur marche , de leurs symptômes, de leurs terminaisons et de leur traitement , loin des sujets qui peuvent en être affectés, ne saurait offrir que l'avantage de généraliser des notions acquises près des malades, en donnant les moyens de s'élever des faits particuliers aux considérations d'ensemble, et de poser, d'après l'expérience raisonnée , des principes qui servent , à leur tour , à guider la marche de l'observation. C'est dire positivement que la médecine théorique doit toujours s'appuyer sur la médecine clinique: et qu'en même temps la médecine clinique est dans l'obligation, pour ne pas frapper les faits qu'elle observe d'une stérilité fâcheuse , de livrer ces faits aux généralisations de la médecine théorique. Si donc on éprouve le besoin de les diviser pour la plus grande facilité de l'enseignement, du moins ne doit-on pas, au moyen d'une séparation arbitraire, vouloir consacrer pour chacune d'elles une indépendance/ qui n'existera jamais. An nombre des hommes les [dus remarquables la médecine théorique , soit parle? travaux qu'ils ont entrepris pour concourir à son développement, soil par les systèmes et les doctrines qu'ils ont importés dans son domaine, on doit plus