VII. DOCTRINE GYMNASTIQUE
Hérodicus , maître d'Hippocrate , connaissant la passion des Grecs pour tous les exercices du corps , voulut tirer avantage de cette observation en imaginant un système dont les principes et les moyens fussent en rapport avec les goûts de sa nation. Il établit comme axiome : « que la santé résulte de la proportion normale de tous nos organes , du concours harmonique de toutes nos fonctions ; que la maladie est une conséquence du désordre et de l'anomalie de celles-ci, du désaccord et du défaut de proportion de ceux-là. Que les exercices réguliers de ces organes , dirigés de manière à maintenir l'équilibre lorsqu'il existe , à le rétablir lorsqu'il est détruit; soit en développant la force dans ceux qui n'en présentent plus assez , soit en affaiblissant l'action de ceux où cette force manifeste une dangereuse prédominance, offrent les meilleurs moyens de conserver la santé, de guérir les maladies. » C'est l'ensemble de ces principes qu'il nomma doctrine gymnastique.
Au point de vue théorique , cette doctrine est beaucoup trop générale et n'embrasse, d'un autre côté, qu'un bien petit nombre de faits dans la science pathologique. Au point de vue pratique , elle est très-incomplète; mais , dans les parties où porte son application , elle est susceptible d'offrir des considérations du plus haut intérêt, non-seulement pour toutes les fonctions dont l'ensemble compose la mécanique animale, mais encore à peu près pour toutes les autres , dont les organes peuvent également être soutenus , activés ou modérés dans leur action , de manière à conserver ou même à rétablir l'harmonie, qui constitue la santé.