‹ Nouvelle doctrine médicaleChapitre 83 sur 168 · VIII. NATURALISME · texte numérisé non relu

VIII. NATURALISME

Nous employons ce terme, déjà consacré par des auteurs sérieux, pour désigner la doctrine d'Hippocrate. D'autres l'ont nommée

dogmatisme; cette expression, faussée par son application aux théories des successeurs du vieillard de Cos , ne nous paraît plus un titre convenable aux opinions du père de la médecine sur les bases fondamentales de cette science.

Deux principes essentiels , deux entités, dominent toute la doctrine médicale d'Hippocrate : 1° le r, cpud-.ç, ou nature niédicatrice; 2° le to0eTov, dicinum quid , ou puissance divine.

« La nature medicatrice régit l'organisme, le protège contre l'invasion des maladies ; vient puissamment à son secours lorsqu'il est soumis à leur influence; et, dans l'ordre naturel, tend incessamment à la guérison de ces maladies , par tous les moyens dont elle peut disposer. Dans son essence intime , ce principe conservateur est le to Ivof^ov, le calidum omniscium, impetum faciens, le feu intelligent, la chaleur innée , pénétrant toutes les parties de cet organisme. »

Nous trouverons plus tard la reproduction de cette entité sous les noms d'archée, d'âme, de principe vital, etc.

« La puissance divine domine la nature medicatrice, et, dans les maladies de l'ordre surnaturel, paralyse en même temps ses efforts et ceux de l'art. »

Le naturalisme n'admet qu'une seule voie pour s'élever à des principes généraux : l'expérience et l'observation des faits pathologiques. Sans rejeter le concours des autres sciences , il ne demande qu'à la médecine la raison de ses axiomes et de ses lois.

Bien différent de l'empirisme et du dogmatisme, avec lesquels on a voulu le confondre, il ne se renferme pas exclusivement , comme le premier, dans la seule observation des faits ; et ne formule pas a priori, comme le second, des principes qui deviennent ainsi le résultat beaucoup moins de l'expérience que de l'imagination. Ses généralisations sont toujours, au contraire, basées sur l'induction rigoureuse des faits observés , dans le domaine pathologique, avec discernement et sans idée préconçue ; mais, une fois obtenues par ce procédé, le plus rationnel et le moins sujet à l'erreur, ces lois servent à favoriser la marche de l'expérience et de l'observation, saos jamais l'asservir ou la fausser.

Page 1