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Malgré son crime, les Jésuites l'ont toujours protégé. En 1864, en publiant ses mémoires, le R. P, Tailhan nous le présente même comme le plus honnête homme du monde.
La Salle, remis après 40 ou 50 jours de maladie, reprend la suite de ses projets. Son but est la conquête du bassin du Mississipi ; ses moyens, l’établissement d'une chaîne de forts et de colonies pouvant servir de centres commerciaux et de centres de résistance contre les Espagnols et les Anglais.
Ce hardi projet avait l'approbation et l'appui du comte de Frontenac; les Sauvages devaient le recevoir avec joie, mais certains français, « qui prétendaient faire de ces quartiers un nouveau Paraguay », voyaient avec déplaisir se fermer devant eux la route du Mexique, « et vous savez », écrit La Salle, « comment ils en usent avec ce qui leur résiste ».
Qu'est-ce qui le forçait à braver un danger imminent ? L'amour de la gloire, En effet, « s’il avoit prés ré le pro- » fità la gloire », écritl’un de ses contemporains, « il n’a- > voit qu'à demeurer dans son fort, où il jouissoit de plus » de 25,000 livres de rente par le commerce qu'il y fai- » soit. Il n’auroit pas eu besoin de s’endetter, de faire » venir de France, à grands frais, un pilote, des matelots, » des agrès de toute sorte, des charpentiers de barque, » de construire tant de forts, de faire tant de voyages, de » présents et de négociations avec des peuples si esloi- » gnez pour acquérir leur amitié, d'exposer sa vie tant de fois, d'y essuyer des fatigues incroyables ».