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I a d’ailleurs toutes les qualités pour mener à bien cette vaste entreprise. Il est irréprochable dans ses mœurs et réglé dans sa conduite. Il est judicieux, politique, vigilant, infatigable, sobre, intrépide. IL entend suffisamment l'architecture civile, militaire et navale, la navigation, l'agriculture ; il comprend quatre ou cinq langues; il a saisi Le génie des Sauvages et fait d’eux tout ce qu’il veut.
Jamais homme ne fut mieux préparé. Jamais homme n'eut d’ennemis plus tenaces et moins scrupuleux.
Un père jésuite lui envoie, par un récollet, avec une lettre des plus pressantes, un nommé Deslauriers qui souhaitait ardemment d'entrer à son service. Il le recoit et pendant 15 jours il est très content de sa conduite. Mais ce bon jeune homme n'était venu que pour pousser à la désertion la garnison du fort et mettre La Salle en contravention. Le quinzième jour, il trouve une occasion fa-
vorable et déserte avec six hommes, emmène tous les bateaux et emporte tout Le pain du fort. La Salle poursuit les déserteurs et trouve Deslauriers caché sous le lit du bon père jésuite qui l’avait si chaudement recommandé et qui d’ailleurs ne voulait pas le rendre.
Nouveau voyage en France. — Fondation du Fort de Niagara. Inauguration de la navigation sur les grands lacs
Peu après, en 1675, La Salle revient en France. En apprenant son départ, ses ennemis font répandre à Ver-
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in
te
sailles le bruit qu'il est fou « à mettre aux Peliles- Maisons ».
Ce bruit fut si habilement répandu que longtemps Colbert refusa de recevoir Cavelier de La Salle. Celui-ci dut payer à Bellinzani, directeur du commerce, l’un des hauts fonctionnaires de Louis XIV, 1,200 louis pour une demande d'audience à Colbert. Ce grand ministre n’eut pas de mal à reconnaître que, loin d’être fou, La Salle était homme de tête et de cœur, que l’exécution de ses hardis projets devaient honorer la France et contribuer à sa prospérité.
I] lui accorda toutes ses demandes.
Le 15 septembre 1678, La Salle était de retour à Québec. Cette fois, il en part aussitôt pour Frontenac et s’occupe de la réalisation de ses projets.
Il envoie des hommes aux Illinois pour faire la traite et une petite troupe au Niagara pour choisir, au-dessus de la cataracte, un endroit convenable pour construire un fort et une grande barque.
Les travaux du Niagara ne se font pas sans difficultés. Il y va plusieurs fois, tantôt en barque, tantôt en canot pour visiter ses ouvriers et leur porter des provisions. Il perd une barque et plusieurs canots chargés de provisions et de marchandises.
Une fois il fut contraint de faire à pied, dans la neige, avec un petit sac de maïs grillé pour tout viatique, le voyage du fort de Niagara ou Conti à celui de Frontenac, distants l’un de l’autre de 106 lieues.
Les Iroquois comprenaient bien que ce fort et cette