DU QUATRIÈME COMMANDEMENT
PREMIÈRE INSTRUCTION
Devoirs des parents envers leurs enfants. — Soins corporels qu'Wi
leur doivent.
Dieu étant le premier des maîtres et le souverain créateur de toutes choses, les devoirs que nous devons lui rendre
doivent passer avant tout. Aussi, dans les trois préceptes de la première table, il semble ne s'être occupé que de luimême et de sa propre gloire. Mais les hommes, nés pour la société, membres d'une même famille répandue dans tout l'univers sous l'œil de la conduite du Pèrt, céleste, unii entre eux par toute sorte de liens naturels, religieux, politiques, se doivent des égards mutuels, et ont à remplir les uns à l'égard des autres diverses obligations, qui résultent de Tétat où ils se trouvent et dont l'observation constitue l'harmonie et le bonheur de la vie temporelle. Voilà pourquoi le Seigneur, dans les sept commandements de la seconde table^ nous prescrit de rendre à nos semblables tout ce qui leur est dû ; et, dans sa tendre sollicitude pour nous, il met sous la sauvegarde de sa loi nos biens, notre honneur, notre liberté, notre vie, et nous assigne avec une parfaite sagesse nos droits et nos devoirs réciproques.
D. Que nous ordonne le quatrième commandement: Tes père et mère honoreras afin de vivre longueme.nl ?
R. 11 nous ordonne d'aimer notre père et notre mère, de les respecter, de leur obéir et de les assister dans leurs besoins.
Après Dieu à qui nous appartenons tout entiers, la religion et la nature nous imposent l'obligation d'honorer ceux qui nous touchent de plus près, c'est-à-dire nos parents. En eux, nous voyons reluire l'image de Dieu, puisqu'ils ont été l'instrument de la Providence pour nous donner l'être et la vie, pour nous soigner et pourvoir à nos besoins dans le bas âge. Ils sont aussi les dépositaires de son autorité pour nous instruire et nous diriger, dans notre course mortelle. Les honorer, c'est donc honorer Dieu lui-même; et leur manquer, c'est manquer à Dieu.
Aimez, respectez votre père et votre mère, voilà le premier des commandements qui regardent le prochain.
D. Ne sommes-nous obligés d'honorer que notre père el notre mère ?
ft. Nous devons encore honorer tous ceux qui sont au-dessus de nous, comme sont les pasteurs, les ministres de l'Église, les rois, les princes, les magistrats, les vieillards et nos maîtres»
Sous le nom de parents, comme l'enseigne saint Thomas (\), il ne faut pas seulement entendre les auteurs de nos jours, mais encore tous ceux qui ont une autorité légitime sur nous, tous nos supérieurs dans l'ordre spirituel et temporel.
Pour donner une explication complète de ce quatrième commandement, nous parlerons des devoirs réciproques des parents et des enfants, des beaux-pères et belles-mères, des gendres et des belles-filles, des frères et des sœurs, des rois et de leurs sujets, des magistrats et de leurs subordonnés, des maîtres et des serviteurs, des instituteurs et des écoliers. Commençons par les devoirs des pères et mères.
D. Les pères et mères n'ont-ils pas aussi des devoirs à remplir envers leurs enfants?
R. Oui, ils doivent aimer leurs enfants, leur fournir les choses nécessaires à la vie, et les établir selon leur état.
Développons chacune de ces obligations. Les parents doivent :
1° Aimer leurs enfants. Le grand principe qui renferme toutes les obligations des parents à l'égard de leurs enfants, et duquel dépend leur exact et parfait accomplissement, c'est l'amour qu'ils doivent leur porter. Pères et mères, aimez vos enfants ! Mais a-t-on besoin de vous le recommander? La nature ne vous le dit-elle pas assez? Voyez quelle tendresse les animaux les plus féroces eux-mêmes témoignent à leurs petits, avec quelle sollicitude ils pourvoient à leurs besoins, comme ils repoussent avec courage tout danger qui les menace , et quelle est leur désolation, lorsqu'ils leur sont ravis.
(S) D. 'fhoiïi., 2, 2, q. iSZ, uji. L