‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 2)Chapitre 14 sur 55 · ÉDUCATION DE LA JEUNESSE. 2 H · texte numérisé non relu

ÉDUCATION DE LA JEUNESSE. 2 H

petit-fils de Louis XIV, celui de lous nos rois qui réunit au plus haut degré îa gloire réelle des grands talents et des grandes actions à l'éclat de la majesté royale. Élevé au milieu de toutes les illusions de la puissance, à laquelle il était appelé par sa naissance, le jeune prince avait tous les défauts résultant de sa position: violent, emporté, son âme altiére ne connaissait aucun frein; il s'emportait contre la pluie, lorsqu'elle contrariait ses promenades ; il se précipitait pour briser les pendules, lorsqu'elles sonnaient l'heure du travail.... Cependant le ciel avait mis à côté de ces défauts le germe des plus nobles vertus. Fénélon, son précepteur, sut le reconnaître et parvint à le développer. Il opposa une fermeté tranquille aux violences d'un enfant déraisonnable ; et la noble fierté, qui convenait à son caractère, à la hauteur superbe d'un jeune prince ébloui des dons de la fortune.

Dans un de ses emportements insensés, le duc de Bourgogne se permit un jour de dire à Fénelon : Je sais, monsieur, qui je suis et qui vous êtes ; et le sage précepteur le quitta aussitôt avec l'air du mépris. Le lendemain, il entra de bonne heure chez le prince, pour lui annoncer l'intention où il était de s'éloigner de la cour, ne voulant plus continuer ses soins à un enfant, qui comprenait si mal ce qu'ils étaient l'un et l'autre. « Car, ajouta-l-il, vous êtes un enfarrt, « et vous avez toutes les faiblesses de cet âge; moi, je suis un homme « fait; je suis prêtre, et vous n'êtes rien encore; car je ne pense pas « que vous comptiez pour quelque chose le hasard de la naissance, c lorsqu'il n'est soutenu par aucun mérite personnel. » Le jeune prince reconnut promptement sa faute ; il n'épargna ni les larmes ni les supplications, pour apaiser son précepteur et retenir auprès de lui un homme dont il reconnaissait déjà toute la supériorité, et pour lequel il eut, le reste de sa vie, l'attachement d'un fils et la soumission d'un élève. Le card. de Beausset, Hist. es Fénelon.

Services tendus par le cierge a l?Instructîon pîs&ïîtguo.

Le clergé a rendu à l'instruction publique des services immenses, dont il semble maintenant qu'on ne veuille lui tenir aucun compte. Si le siècle de Charlemagne vit les lumières surgir de la nui qui les avait enveloppées, ce fut, comme Voltaire le reconnaît lui-même, à la religion que le monde dut ce bienfait. Le règne seul de Charlemagne, dit cet auteur, eut une lueur de politesse, qui fut probablement le fruit du voyage de Rome. L'Angleierre nous donna l'abbé Alcuin, que ce grand empereur sut attirer à sa cour et qui forma des disciples distingués. Charlemagne lui-même ne rougii pas de se nommer l'élève du prêtre anglais, et il lui donnait toujours dans sea lettres le titre de précepteur. 11 se servit de son ascendant pour res»

taurer partout la science, voulant faire de la France une Athènes chrétienne. Alors on vit s'établir des écoles nombreuses dans )ea monastères, dans les métropoles et les cathédrales, et même dans les églises particulières. Au ix« siècle, tandis que les Normands ravageaient la France, sous les faibles successeurs de Charlemagne, les études se conservèrent dans les églises et le* monastères" La règle de Saint-Chrodegang, évêque de Metz, ayant été introduite parmi les chanoines d'une foule de cathédrales, contribua beaucoup à répandre le goût des saines doctrines. Les chanoines menaient presque partout la vie monastique; ce qui les mit en état de cultiver plus librement les études. Là, ils composaient des bibliothèques, transcrivaient les manuscrits des anciens, formaient la jeunesse dans les sciences et dans le service des autels. Dans ces siècles, les prêtres étaient les notaires publics; ils rédigeaient les actes et les conventions, car le peuple et la noblesse ne savaient pas écrire, et les nobles se contentaient d'apposer pour signature le sceau de leurs armes, gravé sur le pommeau de leurs cannes et sur la garde de leurs épées. Dans 1 Ecole de médecine de Montpellier, qui a été la première de France, les médecins étaient tous des prêtres. A Paris, les malades se tenaient aux portes de l'église cathédrale, et les chanoines en sortant de leurs offices les visitaient, leur prescrivaient des remèdes, ou les faisaient conduire à l'Hôtel-Dieu. Qu'il est glorieux pour la religion de voir que, chez toutes les nations modernes, le sacerdoce a été le corps le plus savant, et que c'est lui qui, dans nos derniers \emps, a élevé la plupart de nos grands hommes !

Bienfaits du Christianisme.

Au xvn« siècle, il y eut un redoublement de zèle pour l'éducation de la jeunesse. On sentait la nécessité de commencer par la génération naissante la réforme générale que l'on méditait. De là, tant d'efforts simultanés et d'institutions, qui se dirigeaient toutes, d'une manière plus, ou moins directe, vers ce but. Pour les jeunes personnes du sexe, différentes congrégations placèrent l'éducation de la jeunesse au nombre des fins de leur institut. Les religieuses dites de Notre-Dame eurent le mérite d'être une des premières associations qui formèrent cet utile projet et qui s'y dévouèrent. Elles ont eu pour fondatrice Jeanne de î.estonnac, marquise de Montferrant. Celle illustre dame avait toujours été fidèle aux pratiques de la piété ; mais, étant devenue veuve, elle résolut de se consacrer entièrement au service de Dieu, et elle forma à Bordeaux une congrégation pour l'éducation des jeunes filles. L'institut se propagea rapidement; le ièle et le succès de ces religieuses les faisaient désirer dans beaucoup de villes. Madame de Montferrant vécut assez longtemps pour voir une partie de ces progrés : c'était une femme pleine d'activité, de courage et de prudence.

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