‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 2)Chapitre 17 sur 55 · MODELES DES ECOLIERS · texte numérisé non relu

MODELES DES ECOLIERS

Qu'on laisse à la religion une entière liberté pour l'instruction et l'éducation des générations naissantes, et l'on verra bientôt tarir îa source de tous nos maux.

Hespect dû aux précepteurs.

2. Epaminondas, célèbre général thébain, s'était tellement attaché, par reconnaissance et par affection, à Lysis, son maître, qu'il préférait la compagnie de ce vieillard triste et sévère à celle des jeunes gens de son âge. — Alexandre le Grand aima et vénéra toute sa vie l'illustre Aristoie, son précepteur; par reconnaissance même, il releva Stagire, sa ville natale, que Philippe avait détruite. — L'empereur Gratien, voulant reconnaître le soin qu'Ausone avait pris de son éducation, l'honora en premier lieu de la charge eminente de préfet du prétoire , et l'éleva ensuite au consulat. — Charles- Quint, qui fut un monarque presque tout puissant en Europe, avait voué une telle reconnaissance à son précepteur, qu'il ne crut pouvoir la lui mieux prouver qu'en le faisant élire pape. — Le duc de Bourgogne, qui eut le bonheur d'avoir Fénelon pour précepteur, lui voua le plus tendre attachement, une affection vraiment filial^. — Le roi Louis XV montra toujours le plus grand respect pour le cardinal de Fleury qui l'avait élevé. — Racine, ce beau génie, nous a laissé un bien touchant exemple du respect que l'on doit à ses maîtres. Après avoir nourri toute sa vie une vraie reconnaissance pour les solitaires de Port-Royal, qui avaient dirigé son éducation, après avoir employé plus d'une fois son crédit en leur faveur, il prouva mieux encore l'attachement et le respect qu'il avait pour eux, en sollicitant, par un article de son testament, l'honneur d'être inhumé à Port-Royal-des-Champs, aux pieds de l'un de ses anciens professeurs. Nouveau Traité de civilité.

L'empereur l'héodose le Grand, voulant élever ses fils Arcadius et Honorius en princes chrétiens, fit chercher un homme d'une piété reconnue, pour leur servir de précepteur. Le pape Damase, auquel il s'élait adressé pour cela, jeta les yeux sur un diacre de l'Église romaine, nommé Arsène, qui était d'un mérite et d'un savoir distingués. Arsène étant arrivé à Constantinople, Théodose lui abandonna avec joie la conduite de ses enfants, et, pour lui donner plus d'autorité auprès d'eux, il le fit sénateur et le combla d'honneurs et de richesses*, et, en lui remettant ses fils, il lui adressa ces pat-oies : c Vous serez désormais leur père plus que je ne le suis moi-même. » Cet empereur, vraiment chrétien, faisait connaître par là combien une bonne éducation l'emporte sur la vie même que nous recevons de nos parents. L'empereur, étant un jour entré dans l'appartement

où Arsène instruisait les princes, les trouva l'un et l'autre habillés magnifiquement, assis dans de hautes chaises dorées, sur des carreaux de pourpre, et Arsène debout devant eux. k-ur faisant la leçon. «Comment, s'écria Théudose, est-ce là la postnre où doivent être des disciples devant leur maître? Descendez, mes enfants, et qu'Arsène monte à votre place ; c'est à vous à écouler avec i aspect tout ce qui sort de sa bouche. » Il obligea en même temps Arsène, qui s'en défendit autant qu'il put, à se mettre dans la chaise dorée; et commanda, d'un ton à vouloir être obéi, que la leçon ne se fît jr-.mais autrement. Voilà cequ'un grand empereur pensait deségardsqui sont dus aux maîtres. L'abbé de Choisi.

Quels plus beaux modèles proposer aux jeunes gens que saint Basile et saint Grégoire de Nazianze? Ces deux saints étaient étroitement unis. Leur amitié avait commencé dés le temps qu'ils faisaient ensemble leurs études à Athènes. C'est saint Grégoire lui-même qui va nous apprendre ce qui y donna lieu. « Nous avions, dit-il, « tous les deux le même but, et ce but était la vertu. Nous nous « servions mutuellement de surveillants, en nous exhortant l'un et « l'autre à la piété. Nous n'avions aucun commerce avec ceux de « nos compagnons, qui paraissaient peu réglés; et nous ne fréquen-

< lions que ceux qui, par leur modestie et leur sagesse, pouvaient « nous soutenir dans la pratique du bien. Nous ne connaissions à

< Athènes que deux chemins, celui de l'église et celui des écoles, « pour ceux qui conduisaient aux fêtes mondaines, aux spectacles; « aux assemblées profanes, nous les ignorions absolument. » Heureux ceux qui, dans un âge encore tendre, ne forment de liaisons que pour s'exciter à la vertu, et qui comprennent de bonne heure la vanité des plaisirs et des amusements que le monde leur présente !

Hist. Ecoles.

Saint Stanislas Ko?tka obéissait à ses supérieurs avec tant de fidélité, que le maître des novices disait qu'il ne croyait pas possible d'y rien ajouter. On l'appelait quelquefois en riant le tout-puissant, parce qu'il ne trouvait jamais de difficulté dans l'accomplissement de ce qu'on lui ordonnait. Lorsqu'on lui prescrivait quelque chose, il montrait, par la manière respectueuse et pleine de gaieté dont il écoutait, le plaisir qu'il avait a obéir aux personn sées à sa

conduite. Un jour qu'il était allé servir aux offices avec un autre, un des officiers les envoya tous deux chercher du bois, et, dans la crainte qu'ils ne se blessassent, il fixa la quaiuité qu'ils en devaient apporter, et leur ordonna de l'emporter ensemble. Le compagnon de Stanislas, se laissant aller à une ferveur excusai, le. fit la charge du bois plus grosse que l'officier ne l'avait ordonné, cl, lorsqu'elle lui «embla suffisante, il engagea Stanislas à la soulever d'un côté, pen-

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