IV
vous fâchera par des paroles désobligeantes, au lieu d'y répondre en jetant, comme on dit, feu et flamme, considérez que ce serait vouloir remédier à un mal par un plus grand mal, à une faute souvent légère, peut-être même imaginaire, par une faute très-réelle et très-grave. Le mieux est de se taire ou de répondre avec douceur (i). Dites à votre interlocuteur : Ayez un peu de patience, excusez-moi. je n'y prenais pas garde. Par là vous apaiserez celui qui s'emporte, et vous mettrez fin aux contestations, au lieu de les enve^ nimer.
D. Pourquoi, après avoir dit qu'il ne faut pas être homicide de fait, ajoute-t-on ni volontairement?
R. Pour nous apprendre qu3 la seule volonté de nuire au prochain nous rend criminels devant Dieu, quand même nous ne l'exécuterions pas.
Dieu sonde jusqu'aux plus secrets replis des cœurs, voit toutes les mauvaises intentions qui peuvent y naître, et il condamne la seule volonté, le seul désir de faire le mal, quoiqu'il ne se produise pas par des actes extérieurs. Ainsi, il demandera compte de tous ces noirs ressentiments, de tous ces sinistres complots que les méchants couvent au dedans d'eux-mêmes, bien qu'ils ne puissent les faire éclater, parce que les moyens leur manquent ou qu'ils ne trouvent pas l'occasion favorable. Aux yeux du Seigneur ia mauvaise volonté est réputée pour le fait. Vous vous flattez peut-être d'être parfaitement en règle sur ce commandement, parce que vous n'avez ni tué, ni querellé, ni frappé personne ; vous avez horreur du sang, très-bien. Mais ne seriez-vous pas un de ces vindicatifs, qui se feraient un barbare plaisir de voir souffrir et même mourir leurs ennemis, ou du moins qui seraient charmés qu'il leur arrivât quelque chose de désagréable et de fâcheux ? Ne seriez-vous pas un de ces ambitieux qui, dans l'espoir d'ob-
(1) Responsio mollis frangit iram. Prov. xy, I.
tenir un emploi honorable et lucratif, soupirent après la mort de celui qui l'occupe ? Ne seriez-vous pas un de ces enfants dénaturés qui, pour se soustraire au joug de l'autorité paternelle, vivre selon leurs caprices, et jouir plus vite d'un héritage ardemment convoité, seraient bien aises qu'un prompt trépas vînt les délivrer de leurs parents? En nourrissant ces désirs criminels, vous croiriez-vous exempt de faute ? Vous n'avez attenté à la vie de personne, c'est vrai ; votre main est innocente, mais votre cœur est coupable. De plus, qui vous a empêché de réaliser les cruelles pensées qui ont traversé votre esprit ? Est-ce la crainte de Dieu, l'amour de la justice, la charité chrétienne, ou bien la crainte des hommes, et les peines portées par les lois civiles ? Convenez donc que Dieu ne doit tenir aucun compte de votre prétendue modération. Vous n'êtes pas homicide de fait, je vous l'accorde, mais vous êtes homicide de désir, homicide de volonté.
D. La haine, l'envie, les désirs de vengeance sont-ils défendus par ce commandement?
R. Oui, Dieu nous défend par ce commandement la haine, l'envie et les désirs de vengeance.
Il nous défend :
1° La haine. Voilà la source empoisonnée d'où sortent les disputes, les querelles, les médisances, les calomnies, les violences, les meurtres. Aussi l'apôtre saint Jean n'a pas craint de dire que celui qui hait son frère est homicide (1), parce que, par la perverse disposition de son cœur, il est capable de se porter à toute sorte d'excès, et qu'on n'a vu que trop souvent des haines invétérées finir par l'homicide. Voilà pourquoi le Seigneur, pour couper le mal à sa racine, nous défend la haine ; il veut que nous nous aimions les uns les autres, et Jésus-Christ nous assure que c'est là la marque à laquelle on reconnaîtra que nous
(I) Qui fratrera suum odit, homicida est. l.Joan., m, 15.
sommes ses disciples. Et l'apôtre bien-aimé, lui qui connaissait si bien les règles de la charité, parce qu'il les avait puisées au divin cœur de Jésus, nous dit que, si quelqu'un prétend qu'il aime Dieu et qu'en même temps il haïsse son frère, il est un menteur; car l'amour de Dieu et l'anour du prochain sont inséparables (i).
Aimez donc tous les hommes, même vos ennemis ; c'est Jésus-Christ qui vous le commande : « Faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient, afin que vous soyez les enfants de votre Père céleste, qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, et fait tomber sa rosée sur les justes et sur les pécheurs. Car, ajoute ce divin Sauveur, si vous n'aimez que ceux qui vous aiment et qui vous font du bien, en quoi avez-vous plus de mérite que les païens et les publicains (2) ?» Que faites-vous pour Dieu ? et quelle récompense vous doit-il ?
Que ces sages enseignements de- notre divin Maître sont peu connus dans la pratique ! Combien de cœurs aigris, ulcérés souvent par des riens, qui conservent rancune pour des offenses légères! Que de haines qui se déguisent sous les formules d'une froide civilité, ou même sous les apparences d'une amitié trompeuse ! Combien d'autres qui éclatent en propos injurieux, en blasphèmes, en invectives atroces ! Il faut avoir soin de déclarer en confession combien de temps a duré la haine, et tout le mal qu'on a désiré ou fait au prochain.
2° L'envie. Il faut bien que îe cœur de l'homme soit pétri de fiel et plein de malice, pour se faire un malheur de la prospérité d'autrui. Quoi ! parce que je verrai quelqu'un de mes frères, orné de brillantes qualités pour le
(1) Si quis dixerit quoniam diligit Deum, et fratrem suum oderit, mendax est. I. Joan., iv, 20.
(2) Orate pro persequenlibus et calumniantibus vos, ut sitis filii Patris vestri, qui in cœiis est, qui solem suum oriri facit super bonos et malo» et piuit super justos et injuslos. Maih., v, 44, 45.
corps et pour l'esprit, réussir dans ses affaires, augmenter sa fortune, je m'en affligerai ! j'en concevrai du dépit î quelle folie ! Et voilà ce que fait l'envieux : du bonheur des ambres H se fait un poison qui le ronge ; et c'est ainsi qu'il est à lui-même son propre bourreau. Son péché fait sa peine, en attendant qu'il aille subir des châtiments encore plus affreux, dans la compagnie des démons dont il imite le crime.
3° Les désirs de vengeance. Par la vengeance, on rend mal pour mal, outrage pour outrage, coups pour coups Or, c'est ce que Notre-Seigneur a défendu expressément. « Vous savez qu'il a été dit aux anciens : OEil pour œil, et dent pour dent. Et moi je vous dis de ne point résister aux mauvais traitements ; mais si quelqu'un vous a frappé sur la joue droite, présentez-lui encore la gauche. Et à celui qui veut disputer en jugement avec vous et vous enlever votre tunique, abandonnez encore votre manteau. Et qui- * conque vous forcera de faire avec lui mille pas, faites-en encore deux mille (1). » Pouvait-il nous faire sentir d'une manière plus énergique la nécessité de vivre en paix avec nos frères? « A moi seul, dit encore le Seigneur, appartient la vengeance, et c'est moi qui vous ferai justice (2). » Mais vous ne pouvez modérer les transports de votre colère; mais les préjugés du monde; mais vos passions vous disent que vous devez vous venger. Jésus-Christ vous dit le contraire. « C'est moi qui vous le commande, vous dit-il, aimez vos ennemis (3). » Il parle en maître qui veut être obéi : « C'est moi qui vous le commande, » dit-il (4) ; il parle en Dieu qui vous fera justice, si vous ne vous la faites pas à vous-même ; et qui ne vous fera point de miséricorde,
(1) Si quis te perçussent in dextram maxillam tuam,prsebc îlh etalleram... Et quicumque te angariavcrit mille passus, vade cum illo et alia duo. Math., v, 39, 41.
(2) Mini vindicte ; ego rétribuant, dicit Dominus. Rom., xn, 19.
(3) Ego autem dico vobis : Diligite inimicos vestres. Math., v,44»
(4) Ego autem dico vobis. Ibid
si vous ne faites miséricorde à vos frères. Que s'il vous en coûte d'agir contre vos inclinations, d'aimer ce qui n'est pas aimable, ce qui vous parait même haïssable, c'est-àdire la personne d'un ennemi, songez que vous devez ce sacrifice à un Dieu qui l'exige, à un Dieu qui s'est sacrifié pour vous, et qui, au moment même où il accomplissait son sacrifice, vous a donné le plus admirable exemple du pardon des injures. Voyez-le suspendu à la croix, vous dit saint Augustin; écoutez sa prière; entendez le commandement qu'il vous intime comme, du haut de son tribunal (1). Et que dit-il? a Mon Père, pardonnez-leur (2). » Et c'est ainsi qu'il pousse sa charité envers ses ennemis, plus loin qu'ils n'avaient eux-mêmes poussé leur rage contre lui.
Voulez-vous vous venger noblement, faites du bien à vos ennemis. Si votre ennemi a faim, dit saint Paul, donnez-lui à manger; s'il a soif, donnez-lui à boire (3). Si, au contraire, vous n'écoutez que votre passion, en frappant votre ennemi, vous vous nuisez à vous-mêmes ; vous éloignez Dieu de votre cœur ; vous donnez la mort à votre âme ; et par là, vous vous faites en réalité plus de mal qu'à celui dont vous prétendez tirer vengeance.
Ce n'est pas seulement la vengeance réelle et effective que le Seigneur défend, mais encore tout désir, tout projet de vengeance. C'est la charité, et non l'animosité, qui doit régner dans nos cœurs. Bannissez-en donc tout ressentiment; pardonnez et vous serez pardonné. Celui qui supporte avec patience les offenses qu'on lui fait, goûte au dedans de lui-même une douce joie, une satisfaction pure qui lui vient du bon témoignage de sa conscience, tandis
(1) Vide pendentem, audi precantem, et tanquàm de tribunal» praecipientem. D. Aug.
(2) Pater, dimilte illis. Luc, xxm, 34,
(3) Si esurierit inimicus tuus, ciba illum; si sitit, potum da illi. Rom., xii, 20.
que l'âme du vindicatif est toujours dans le trouble et l'agitation.
Puissent donc toutes nos paroles et toutes nos actions être animées des sentiments de cette divine charité, qui nous fera trouver grâce aux yeux du Seigneur, « Revêtezvous, vous dit l'Apôtre, revêtez-vous, comme élus de Dieu, saints et bien-aimés, d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de modestie, de patience, vous supportant mutuellement, vous pardonnant les uns aux autres les sujets de plainte que vous pouvez avoir (1). » Et, d'un autre côté, ne perdons jamais de vue que celui qui n'aime pas son prochain, demeure dans un état de mort (2).
TRAITS HISTORIQUES
La loi qui nous interdit Ja vengeance, et qui nous ordonne de réprimer nos haines et nos emportements, est une loi aussi aimable et aussi admirable qu'elle est juste et nécessaire. Que deviendrait la société, s'il était permis à chacun de ses membres de satisfaire ses ressentiments ?
La populace révoltée, ayant porté l'audace jusqu'à jeter des pierres aux statues de Constantin, ses minisires l'exhortaient à tirer une vengeance éclatante de cet attentat commis, disaient-ils, contre la personne. Mais ce prince, portant la main sur son visage, leur répondit avec douceur : « Il faut que la blessure soit bien légère, puisqu'il n'en reste aucune trace. » — On reprochait à l'empereur Théodose d'être trop doux et trop bon envers ses ennemis, et Pulchérie, sa sœur, crut devoir lui représenter les dangers d'une clémence excessive : « Ah ! ma sœur, répondit-il, il nous est aisé de faire mourir un homme ; mais il n'y a que Dieu qui puisse le ressusciter.»
Adélaïde, fille de Rodolphe, roi de Bourgogne, avait d'abord épousé Lolhaire, fils de Hugues, roi d'Italie; mais son mari ayant été détrôné et empoisonné par Bérenger, ce cruel tyran voulut lui faire épouser son fils Adelbert, sous prétexte d'assurer la paix de l'Italie. Le refus d'Adélaïde, qui ne put jamais consentir à donner
(1) Induite vos ergô sicut electi Dei, sancti et dilecti, viscera misericordiae, benignitatem, humilitatem, modesliam, patienliam; supportantes invicem, et donantes vobismelipsis, si quis adversùs aliquem habet querelam. Coloss., m, 12.
(21 Qui non diligit, manel in morte. I. Joan., m, 14.
ton cœur et sa main au fils de celui qui avait fait périr son époux, alluma contre elle la colère de Bérenger, qui la poursuivit, la fit prisonnière, et, par le conseil de sa femme Villa, la relégua dans une forteresse, ou elle eut à essuyer toute sorte de mauvais trai^tements. Sa pieté les lui fit supporter avec une patience héroïque. ,Iais ayant appris que Villa, qui s'était chargée d'être sa geôlière, avai forme 1 abominable dessein d'attenter à sa pudeur elle résolut de se sauver; et elle y réussit par la connivence des (farde* qui facilitèrent son évasion. Après avoir marché plusieurs" jours » I aventure, sans autre nourriture que celle qu'elle reçut d:un pêcheur, elle se réfugia auprès d'Othon, surnommé le Grand. Ce jeune prince, qui connaissait tout le mérite d'Adélaïde, et qui ne crut pas pouvoir mieux assurer son bonheur qu'en l'épousant marcaa contre Bérenger et le força de recourir à sa clémence. Le roi vaincu parut donc avec son fils Adelbert aux pieds d'Adélaïde qui ne leur dit autre chose que ces mots : < Je suis d'une religion qui * m enseigne non-seulement à vous pardonner, mais à vous procurer «tout le bien qui dépendra de moi. , Elle le fit en effet, et obtint d Othon qu'on leur rendît la moitié de leurs États en Italie. Mais ce qu elle fit a 1 égard de Villa, qui l'avait persécutée avec tant de rage, est encore plus admirable. Bérenger, aussi insrat qu'ambitieux, avait été a peine remis dans ses Etats, qu'il se révolta. Dans la guerre quon fut obligé de lui faire, Vilia fut prise et amenée à Adélaïde qu Othon avait laissée maîtresse de son sort. L'épouse de Bérenger, que la honte et le désespoir rendaient comme forcenée, jeta sur Adélaïde un regard furieux : c Je n'ai fait, lui dit-elle, qu'une seule « faute dans ma vie, c'est d'avoir différé de vous faire mourir, lors- « que vous étieien ma puissance. »-« Et moi, reprit tranquillement « Adélaïde, je ferai du moins en ma vie une belle action; c'est de « vous rendre la vie et la liberté. Retournez à votre époux, et tâchez « de lui persuader enfin de cesser d'être ingrat, pour cesser d'être « malheureux. , On peut juger, par ces deux traits, quelle était la vertu d une princesse aussi maîtresse d'elle-même, et capable d*» sacrifier si généreusement tous ses ressentiments à la religion.
Le propre d'une grande âme, c'est de mépriser les mépris, et d'opposer la patience aux outnges. « Quand en me fait une injure, disait le célèbre Descartes, je tâche d'élever mon âme si haut, que l'offense ne parvienne pas jusqu'à moi, »
Un jeune homme, qui voulait embrasser la vie érémitique, alla consulter un jour saint Macaire, qui était chef d'un célèbre monastère d Egypte. Le saint abbé lui ordonna de stt rendre dans un lieu rempli de morts, et de leur dire des injures. Il l'y fit retourner une seconde fois pour leur donner des louanges. Et puis iJ lui demanda
DEi> HAINES ET QUERELLES. 321
quelle réponse les morts lui avaient faite ? « Ils n'ont répondu, dit îe jeune homme, ni aux louanges, ni aux injures. » — «Allez donc reprit le saint, et imitez leur insensibilité. Si vous mourez au monde et à vous-même, vous commencerez à vivre pour Jésu^-Christ- »
On n'entendit jamais saint Dominique se plaindre des affronts qu'on lui faisait; la douceur et la patience furent les seules armes qu'il employa contre les injures, et il procurait tout le bien dont il était capable, à ceux qui le haïssaient et le persécutaient. Un hérétique, qu'il ne connaissait pas, s'offrit un jour à lui servir de guide. Mais il le mena par des chemins remplis de pierres et d'épines, en sorte que le saint, qui ne portait point de chaussure, eut les pieds tout déchirés. Ils souffrit ce traitement cruel avec une patience admirable, et, voyant son ennemi couvert de confusion, il le consola avec bonté et de la manière la plus affectueuse, et lui dit que ce sang qui coulait était le sujet de son triomphe. Cet homme fut touché si vivement par un tel acte de vertu, qu'il abandonna ses erreurs pour rentrer dans le sein de l'Église catholique.
Un jour que Fernandez, compagnon de saint François-Xavier, prêchait à Âmanguchi, dans le Japon, un homme de la lie du peuple s'approcha comme pour lui parler et lui cracha au visage. Le père, sans dire un seul mot ni sans faire paraître aucune émotion, prit son mouchoir pour s'essuyer, et continua tranquillement son discours. Chacun fut surpris d'une modération si héroïque. Ceux qu'une telle insulte avait d'abord fait rire, furent saisis d'admiration. Un des plus savants docteurs de la ville, qui était présent, se dit à lui-même qu'une loi qui inspirait un tel courage, une telle grandeur d'âme, et qui faisait remporter sur soi-même une victoire si complète, ne pouvait venir que du ciel. Le sermon achevé, il confessa que la vertu du prédicateur l'avait touché. Il demanda le baptême, qui lui fut administré solennellement. Cette illustre conversion fut suivie d'un grand nombre d'autres.
Pendant les troubles de la Fronde qui désolèrent longtemps la France, saint Vincent de Paul était fort souvent insulté, comme l'étaient les gens de bien et tous ceux qui étaient dévoués au roi. Il fut un jour chargé d'injures, battu, menacé de la mort, et il ne se vengea de cet indigne traitement qu'en demandant au magistrat, qui voulait sévir, la grâce des coupables.
Une autre fois, un homme furieux, sous prétexte que le saint l'avait heurté en passant, lui donna un soufflet. Vincent, au lieu de le faire arrêter, comme il l'aurait pu, se mit à genoux devant lui, tendit l'autre joue, confessa publiquement qu'il était un grand pécheur, et demanda pardon à cet homme du sujet qu'il avait nu lui donner de le traiter ainsi.
rnn?rilUf V"0^9 de ce vénérable P^e toucha le coeur du coupable ; il vint le jour suivant, faire, à son tour, d'humbles excuses au serviteur de Dieu. Vincent le reçut comm* on reçoit un bon ami le pria de passer sept ou huit jours avec lui, profila da ce temps pour 1 engager a faire une retraite; el, après lavoir gagné à lui,
SfeTÛon" ^ ' " ^ ^^ 611SUite à Di6U Par Sa Cha"ité el son
ce,;-, ■> n , . . Fie du sat'nf.
Saint François Reg.s, apôtre des Cévennes et du Vivarais ayant appris, un dimanche, qu'il y avait dans une hôtellerie une troue' de libertins qui, échauffés par le vin, tenaient des discours impies et commettaient d autres excès, s'y transporta sur-le-champ nour essayer d empêcher le desordre et le scandale. Ses discours furent méprisJs 1 y en eut même un de la troupe qui lui donna un soufflet. Le •aint homme sans marquer la moindre émotion, lui présenta l'autre joue, en lui disant : c Je vous remercie, mon frère, du traitement que vous me faites; si vous me connaissiez, vous insériez que j'en mente beaucoup davantage.^ Cet exemple de patiencecharmatousceux qui étaient présents, et ils se retirèrent, pénétrés d'une vive confusion.
Lorsqu'on présenta à Louis XII la liste des officiers du roi son prédécesseur, il marqua d'une croix rouge les noms de ses ennemis les plus opiniâtres, sans déclarer autrement ses intentions Us en forent avertis , et, craignant que la punition ne se bornât pas à la per e de leurs charges, ils se cachèrent et employèrent de puissants protecteurs pour obtenir leur pardon, c En apposant à leo? nom le c sceau de la rédemption, répondit Louis, j'ai cru avoir annoncé as- «sea clairement que tout était pardonné. Jésus-Christ est mort « pour eux, comme pour moi. »
Henri IV mérita le nom de Grand encore plus par la bonté de son cœur que par ses victoires. Jamais personne n'aima plus à pardonner que ce prince, parce que peut-être jamais personne n'eut ame plus grande. La bonté et la clémence semblaient composer son caractère II dit un jour au duc de Mayenne : c Le plus g'rand plaisir que , ai, en faisant la paix, c'est de pardonner aux rebelles » On sait aussi ce qu'il dit à ce même duc, qui lu, avait fait la guerre e lui avait longtemps disputé la couronne. Comme il était fort g?ol ^mauvajspieton, Henri IV. se promenant un jour avec lui "ri plaisir a le lasser, en le faisant marcher beaucoup. Le duc lui demanda quartier, c Mon cousin, lui dit le roi, voilà la seu e ven
oui" iiqUeûtJe Prdrai jamais de ™- ■ L On l'inform ue. ' £ Par °nné et fai< Plusieurs grâces à un brave officier
qui avait ele un des capitaines de la Ligue, il ne lui était pas atta-
iele'fLLiT lfe tam dG bien' réP°ndit ce 2rand prince, que
jele forcerai de m'anner. > C'est ainsi qu'il gagnait les plus obs inés