IV
4 10 BliiiÉAiE LEÇON.
Non, mon père. — Autrefois n'aimiez- vous pas plus qu'aujourd'hui les éludes sérieuses, les occupations graves et ut les? — Oui, mon père — Alors lisiez-Tons des romans? — Non, mon père. — Autrefois étiez-vous plus obéissante, plas douce, moins curieuse d* plaisirs et de parures? — Oui , rncn père. — Aiors lisiez-vcas des romans? — Non, mon père. — Autrefois fréquentiez -vous les sacrements avec plus de goût, de ferveur et d'exactitude? éiiez-vous plus heureuse? — Oui. mon père. — Alors lisiez-vous des romans? — H» las! non, dit-elle, en poussant un profond soupir.
C'est assez, ma fille, lui dit l'homme de Dieu; tenez, lisez votre histoire, et celle de toutes les personnes qui, comme vous, se livrent à la lecture des romans, et il lui donna un abrégé de la vie de sainte Thérèse. Or, voici ce qu'elle y trouva : « La lecture des romans, dit « la sainte, fut le principe de mes fautes... Je m appliquai à cette « dangereuse lecture; et cette faute, que l'exempte de ma mère me « fit commettre, causa tant de refroidissement dans mes bons désirs, « qu'elle me lit faire beaucoup d'autres fautes. Je pris d'abord plaisir « à me parer, et je sentis naître dans mon cœur le désir de plaire; « mes mains et ma coiffure devinrent l'ubjel de mes soins; j'aimais « les parfums et toutes les autres vanités... Je ne me doutais pas « qu'il y eût le moindre mal; mais je vois maintenant combien il « devait y en avoir. >
Ainsi, continua le missionnaire, les plus heureuses inclinations ne tiennent pas comte le poison de ces lectures. Quelques jours après, la jeune dame revint trouver le saint prêtre, qui lui fit sentir de plus en plus tout le danger des mauvais livres. Instruite par une funeste expérience, elle renonça à toute lecture de romans; peu à peu des ouvrages plus sérieux, par conséquent plus utiles, des prières moins distraites, l-:ù rendirent la paix et la feiveur.
Le Pasteur des petits Agneaux.
Pères et mères, maîtres et maîtresses, si vous voyez un mauvais livre entre les mains de vos entants, de vos élèves, ayez au moins le zèle de Diderot; est-ce trop demander? Arrachez, comme il le fit avec indignation , des mains de ce qui vous est cher, le livre où la religion ne serait pas respectée. C'était son propre ouvrage, que l'incrédule ne put souffrir un instant entre les mains de sa Glle. On eût pu lui dire : Si votre doctrine est funeste, comme vous paraissez l'avouer, pourquoi la répandiez-vous dans le publie? Pourquoi faire sircuier dans la grande famille des poisons, que vous jugez être si dangereux pour la vôtre? Mérault, les Apologistes.
3. Les filles de Silo furent enlevées au milieu des plaisirs d'une danse, à laquelle elles se livraient avec frénésie (I). — La jeûna
(1) Judic-, xxi.