‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 2)Chapitre 41 sur 55 · DES MAUVAIS DÉBITEURS · texte numérisé non relu

DES MAUVAIS DÉBITEURS

travaillé pour vous, dit ïobie à son fils, donnez- lui aus sitôt ce qu'il a gagné, et que le prix de la journée du mercenaire ne demeure jamais dans votre maison (1). Refuser aux ouvriers leur salaire, c'est une des plus grandes injustices que les riches puissent commettre. Hélas! que; de pauvres gens n'ont pour vivre que ce qu'ils gagnent à la sueur de leur front ! Les en frustrer, c'est les faire péri^ eux, leur femme et leurs enfants, de faim et de misère. C'est pourquoi l'Écriture met ce crime au même degré d'énormité que le meurtre : « Celui qui répand le sang, et celui qui prive le mercenaire de sa récompense, sont frères (2). » Cependant combien de fois des maîtres durs et impitoyables cherchent mille disputes à leurs domestiques et ouvriers sur le prix de leur travail, usent de mille stratagèmes, peut-être même d'injures, de menaces, de calomnies, pour leur faire perdre une partie de ce qui leur revient ! Cette inhumanité est abominable aux yeux du Seigneur, et attire les plus terribles malédictions. Écoutez, ô riches avares et perfides, écoutez, vous dit saint Jacques; pleurez et hurlez à la vue des malheurs qui vont fondre sur vous... Sachez que le salaire, que vous faites perdre aux ouvriers, crie contre vous, et que ce cri monte jusqu'aux oreilles du Dieu des armées (3). Soyez donc exacts à payer à tout homme que vous faites travailler ce que vous lui devez. Le Seigneur insiste sur ce point important , qu'il vous recommande dans les termes les plus pressants: « Vous lui rendrez le même jour, vous dit-il, le prix de son travail, avant le coucher du soleil, parce qu'il est pauvre et qu'il n'a que cela pour vivre (4). »

(1) Quicumque tibi aliquid operatus fuerit, statim ei mercedem restitue, et merecs raercenarii tui apud te omninù non remaneat. Tob.y iv, 13.

(2) Qui effundit sanguinem , et qui fraudem facit mercenario, fratres sont. Eccli., xxxiv, 27.

(3) Ecce merces operariorum quae fraudata est à vobis, clamât; et clamor eorum in aures Domini sabaoth introivit. Jacob. , v, 4.

(4) Eâdera die reddes ei preliura laboris sui ante solis occasum.

3° C'est être injuste détenteur que de garder pour soi un dépôt. Par là, on viole non-seulement la justice, mais encore les droits sacrés de la confiance et de l'amitié. Mais, direz-vous peut-être,- le déposant est mort, sans réclamer ce qu'il m'avait confié. — Qu'importe? ses droits passent à ses héritiers. Ceux-ci peuvent bien ignorer ce que vous leur devez; mais Dieu le sait, et votre conscience vous le dit assez clairement. Le dépositaire infidèle est un véritable voleur. Quand le dépôt a été fait dans un but pieux, pour des aumônes, pour des restitutions, il faut se conformer au plus tôt aux intentions du déposant. Il arrive souvent qu'on diffère de jour en jour, sous prétexte qu'on remplira plus tard ses engagements, et la mort vient, et on tombe en enfer, chargé du bien d'autrui. C'est un abus de confiance d'employer à ses propres usages la chose déposée, sans une permission expresse ou raisonnablement présumée du déposant. Encore moins faut-il la louer ou la prêter à d'autres a.

4° C'est être injuste détenteur que de ne pas rendre un compte fidèle des biens dont on a eu l'administration. Se trouveraient dans ce cas les tuteurs ou curateurs, qui détourneraient à leur profit une partie des biens de leurs pupilles; les fermiers, régisseurs, procureurs des communautés, tous ceux qui sont chargés d'une administration publique ou particulière, qui, pour couvrir leurs larcins, présenteraient de faux mémoires, diminuant les recettes, exagérant les dépenses. C'est à ces mauvais économes que s'adresse cette parole du souverain père de famille : « Rendez compte de votre administration (1). » Ils sont encore responsables des dommages-intérêts qui pourraient résulter d'une mauvaise gestion (2).

5° C'est souvent être injuste détenteur que de s'approprier un objet trouvé. Pour bien élucider cette question,

quia pauper 'est, et ex eo sustentât animam suam. Deut., xxiv, 1$. (l) Redde rationem villicationis luae. Luc., xvi, 2. 12) Cod. av., art. 450.

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