II. MaCH^ C. VII
DEUXIÈiME INSTRUCTION Douzième article du Symbole,
Vie éternelle. —De l'Éternité en général. — Raisons de la vie future. — L'Éternité bienheureuse ou le Paradis.
D. Qu'est-ce que la vie éternelle?
R. C'est le bonheur dont les saints jouissent dans le ciel.
C'est à cet article du symbole que tous les autres se rapportent. Dieu ne nous a créés, il ne nous a racheté, il n'a établi l'Église, il ne nous a donné les sacrements et tous les autres moyens de salut, que pour nous conduire à la vie éternelle. Nous procurer la vie éternelle, voilà quel a été le but de la venue de Jésus-Christ sur la terre, de ses travaux, de ses souffrances et de sa mort (1). Et même, si nous remontons à l'origine des choses, nous voyons quo Dieu, en créant l'homme, ne le fit pas pour le faire mourir, mais bien pour une destinée éternelle. C'est le péché qui a introduit la mort dans le monde (2) ; et voilà pourquoi ce souffle de vie, que bien nous a inspiré et qui n'e4 autre chose que notre âme spirituelle, simple et immortelle de sa nature, se sépare pour un instant du corps, mais lui survit toujours; et, à la fm des temps, par les ordres de
(1) Ego veni ut vitam habeant et abundantiùs habeacî. Joan.j X, 10.
(2) Peccatum in hune mundum inlravii, et per peccatum nors, Rom., y, 12.
celui qui est venu tout restaurer dans le ciel et sur la terre,
et qui réformera nos corps, non-seulement selon leur perfection primitive, mais encore selon le modèle du corps glorifié de notre Seigneur Jésus-Christ, cette même âme reprendra le même corps, qui aura été le compagnon de ses peines ou de ses plaisirs, pour lui demeiore? inséparablement unie.
Ainsi, après le monde des temps, viendra celui de réternité, vers lequel nous sommes tous poussés par une force invincible, sans que rien puisse nous arrêter. Et cette éternité elle-même se partage en deux abîmes également insondables, Tabîme du bonheur ou le paradis, Tabîme du malheur ou Tenfer. Pour embrasser cet article dans toute son étendue, nous allons parler successivement : 1° de l'éternité en général, 2° de l'éternité bienheureuse, 3° de réternité malheureuse, réservant, toutefois, cette dernière pour l'instruction suivante.