‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 4)Chapitre 12 sur 66 · CRÉATION DE L'HOMME · texte numérisé non relu

CRÉATION DE L'HOMME

Ainsi fut créé Thomme, vassal du ciel^ roi de la terre. Et Dieu lui donna nom Adom (1); ce qui signifie terrestre, comme s'il avait voulu par là le prémunir contre les tentations de l'orgueil, en lui faisant sentir que, malgré tant de belles qualités dont il était orné, il n'était après tout qu'un peu de boue, une masse de terre rougeâtre, animée, il est \Tai, par un souffle divin, mais qu'un souffle aussi pouvait faire disparaître.

D. Quelle a été la première femme T R. Eve.

Dieu ne trouva pas bon que l'homme fût seul, Faisons-lut, dit-il, une compagne qui lui ressemble . Il envoya donc à Adam un profond sommeil, qui fut, au jugement des saints Pères, un ravissement et la plus parfaite de toutes les extases; et, pendant qu'il dormait, il tira une de ses côtes, dont il forma la femme. Il la conduisit à Adam, qui s'écria en la voyant : « Voilà l'os de mes os, et la chair de ma chair. C'est pourquoi « l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa « femme, et ils ne feront tous deux qu'une même chair (2).»

La manière dont tut formée la femme nous fournit plusieurs réflexions utiles.

i« Elle n'est point tirée de la tête comme pour commander, ni du pied comme pour être esclave, mais du côté, ^our être la compagne de la vie de l'homme.

2« Elle fut tirée de la propre substance d'Adam, afin que v^4ui-ci vît par là combien sa compagne lui devait être chère, et que tous deux, par conséquent, s'appliquassent à conserver entre eux l'union la plus étroite, de laquelle dépend le bonheur.

3° Quelque parfaite que fût la première femme, inmiédia-

(1) Aàam, en hébreu, Adama, signifie terre ronsse ou rouge. D'autres commentateurs font dériver ce mot d'à, augmentatif, et de dam^ élevé. En réunissant les deux élymologies, ce nom rappelle à l'homnif son humble origine ei sa dignité,

(2) Gen., ii, 23.

•ôment sortie des mains du Créateur, bien loin d'être fière de tes charmes, elle n'avait qu'à se rappeler son origine, et songer qu'elle n'était qu'une espèce de diminutif d'Adam, qu'elle venait d'un os superflu, où il n'y avait de beau' é que celle qu'il avait plu à Dieu d'y mettre.

Adam donna à sa femme le nom d^Ève, en hébreu Havvâ qui veut dire vie ou mère des vivants, parce qu'elle devait être le principe de la vie de tous les hommes.

D. Qu'est-ce que Thorame ?

R. L'homme est une créature raisonnable, composée d*un corps et d'une âmo.

Nous disons que l'homme est :

1° Une créature, parce qu'il n'a pas toujours été, et qu'il ne s'est pas fait lui-même, mais qu'il a été tiré du néant par la main de Dieu, comme nous venons de l'expliquer.

2° Raisonnable, c'est-à-dire qu'il peut rendre raison de ce qu'il fait. C'est là sa gloire, son titre de noblesse ; c'est ce qui le distingue éminemment de tous les êtres matériels, et de lous les animaux qui ont un corps comme lui, le mouvement tl la vie comme lui, qui ont même, quelques-uns, plus de lorce et de légèreté que lui ; mais qui n'ont pas la raison. Ils ^ ivent, mangent et meurent, sans savoir ni pourquoi ni comment. L'homme, au contraire, l'homme, animal divin, sait ce qu'il fait et pourquoi il le fait ; il concerte, mesure, combine, compte ses actions, il les varie à l'infini ; et, tandis que l'animal le plus industrieux suit machinalement les lois d'un aveugle instinct, sans jamais s'en écarter, l'esprit de l'homme travaille sans cesse pour s'emparer de la nature, pour se créer des commodités nouvelles, et, tous les jours, il invente des arts nouveaux qu'il perfectionne tous les jours.

Mais à côté de tant de grandeur, quelle honte ! Comment 3e fait-il que l'houMne abuse si souvent de sa raison, et tourne 3on industrie contre sou Dieu en l'offensant; qu'il se dégrade jusqu'à devenir semblable à la brute, en n'agissant que d'après ses appétits charnels, en menant, comme font les liber-

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