‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 4)Chapitre 16 sur 66 · PARABOLE · texte numérisé non relu

PARABOLE

Un grand seigneur avait un château et un jardin magnifiques. Son jardinier s'appelait Mathurin. Le grand seigneur l'aimail beaucoup, et lui avaii dil qu'il pourrait demeurer chez lui toute sa vie, avec sa femme et ses enfants, qu'il ne travaillerait que pour son plaisir, que les domestiques et les chevaux seraient à ses ordres pour la culture. « Je ne mets, ajouta-t-il, qu'une seule condition, c'est que tu veilleras c avec beaucoup de soin sur quelques arbres qui me tiennent à cœur; t lu empêcheras, de tout ton pouvoir, qu'on ne vole les fruits, et je c te défends aussi et à ta femme d'en manger, pour des raisons par- € ticulières que je te dirai un jour ; mais, prends-y garde, si ttt « manges de ces fruits, je te mets dehors avec toute ta famille. Je te c laissé pleine liberté de manger les autres fruits, les légumes, tout € ce qui te fera plaisir. » Malhurin promit d'exécuter les ordres qu'on lui donnait, et il n'était pas à plaindre, n'esl-il pas vrai .^ A sa place, a'auriez-vous pas été contents?

Quelques jours se passèrent très-bien. Malhurin et sa femme étaient heureux et contents; il se présentait un bel avenir pour eux et leurs enfants. La femme de Malhurin se promenait un jour, fort contente, lorsqu'elle aperçut un homme, dans le jardin, auprès de l'arbre dont les fruits leur étaient défendus. Cet homme était un vieux domestique, qui avait été chassé du château pour cause de désobéissance ; il adressa la parole à la femme de Mathurin, qui eut l'imprudence de lier conversation avec lui. D'abord, elle ne cessait de parler de la bonté de son maître, et du bonheur qu'elle éprouvait. Le vieux domestique, jaloux de ce que d'autres avaient pris sa place, commença par faire des compliments à celte femme, ensuite peu à peu il dit beaucoup de mal de son mattre; elle l'écoula malheureusement. Le domestique s'aperçut qu'elle était curieuse, qu'elle était faible, peut-être même un peu gourmande, il lui dit : « Vous ne savez pai c pourquoi votre maître vous a défendu de manger de ce fruit.* — c Non, répondit la femme. — Le domestique : C'est qu'il est le meilc leur de tous et qu'il empêche de mourir. Voyez comme il est beau; c mais sa beauté n'est rien en comparaiicn de sa bonté; j'en ai c mangé; il est délicieux. » A l'instant, il porta la main sur un des fruits et en présenta à la femme. Celle-ci rougit, fut troublée ; mais la faib'esse, le respect humain, la gourmandise l'emporlérenl. Elle en goûta et le iruuva délicieux. Elle s'empressa d'eu porter à son

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mari, qui, par complaisance, en mangea aussi. Sur ces entrefaites, le maître arriva et les trouva en flagrant délit ; il les chassa à l'instant. Ils eurent beau pleurer, faire des promesses pour l'avenir; on les mit dehors. Certes, Malhurio et sa femme étaient bien coupables, et en les chassant, le maître ne fit que les traiter comme ils le méritaient; et, s'ils furent, par la suite, pauvres, malheureux, sans asile, mourant de froid et de faim, ils ne purent s'en prendre qu'à euxmêmes. L'application de cette parabole à la triste famille d'Adam est bien facile à faire.

Méthode pratique de Belley.

Après avoir vécu 930 ans dans la pénitence et les larmes, Adam mourut, et fut enterré sur le Calvaire. « Le lieu où la croix de Jéc su5-Christ fut placée, dit saint Ambroise. répondait directement à € la sépulture d'Adam, ainsi que les Juifs l'attestent, et il convenait € fort, en effet, que les prémices de notre vie fussent placés à l'en- « droit même où se trouvait l'origine de notre mcri. » Plusieurs autres témoignages non moins respectables viennent à l'appui de ce sentiment. Conientons-nous de citer saint Athanase. Voici comment il s'exprime dans un discours sur la passion et le crucifiement de Notre-Seigneur : c Jésus-Christ ne choisit point d'autre lieu pour « souffrir et y être crucifié, que celui du Calvaire, qui est le lieu de c sépulture d'Adam, selon la croyance des plus habiles d'entre les « Juifs. Le rapport d'un tel lieu avec la croix de Jésus-Christ me « paraît admirable ; car il était tout à fait à propos que Notre-Sei-

< gneur, venant rechercher et rappeler le premier Adam, choisît pour « souffrir le lieu où il était inhumé, et qu'en expiant son péché, il « expiât aussi celui de toute sa race. Il avait été dit à Adam : Tu es « poussière, et tu retourneras en poussière ; et c'est pour cela même « que Jésus-Christ est venu le trouver dans le lieu où cette sentence

< avait été exécutée, afin qu'il le délivrât de la malédiction, et qu'au « lieu de ces paroles : Tu es poussière, et tu retourneras en poussière, € il lui dît : Levex-vous, vous qui dormez ; et sortez du tombeau, « vous qui êtes mort; Jésus-Christ vous éclairera. » (V. M. Guillon, Bibliothèque choisie, t. IX, p. î48.) — Les Grecs honoient la mémoire d'Adam et d'Eve le 19 décembre; et, le 4 février, ils célèbrent par on deuil religieux leur bannissement du paradis terrestre.

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