AVERTISSEMENT
A quoi bon une Nouvelle Explication du Catéchisme ? Il y en a tant et de si excellentes, consacrées par un long usage, et qui ont déjà produit tant de bien? Pense t-on mieux faire que les Couturier, les Lambert, les Bougeant, les Charency, les Pomey, les Gaume, et tant d'autres depuis longtemps en possession de l'estime publique et honorés des plus illustres suffrages? Telle» sont peut-être les pensées, qui se présenteront à l'esprit de plusieurs, à la simple lecture du titre de cet ouvrage. Certes, nous sommes le premier à nous incliner devant ces maîtres de la science sacrée, et il y aurait de notre part d'autant plus d'ingratitude à ne pas reconnaître le mérite respectif de leurs livres, que nous en avons nous-même retiré le plus grand profit. Cependant, en publiant cette Nouvelle Explication du Catéchisme, nous n'avons pas cru faire une œuvre inutile; nous avons essayé de satisfaire un besoin généralement senti dans ce diocèse. On y réclamait de toutes parts une Explication qui correspondît parfaitement au texte même de notre Catéchisme. L'ancienne, due au zèle et aux lumières d'un vénérable curé, dont la mémoire sera toujours en bénédiction, laissait beaucoup à désirer, soit sous le rapport de l'exécution typographique, soit à cause des fréquentes incorrections de style qui s'y trouvaient, soit enfin parce qu'elle renfermait de nombreux détails qui n'étaient plus en rapport avec les mœurs de la société actuelle, tandis qu'on y remarquait, d'un autre côté, beaucoup d'omissions sur les sujets les plus intéressants. Malgré ces imperfections, elle a été d'un puissant secours aux pasteurs de ce diocèse, et même des diocèses limitrophes, dont quelques-uns y puisaient presque constamment le sujet de leurs instructions. Mali
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ces défauts devenant de plus en plus sensibles par le laps du lemps, il était urgent de la retoucher et de la refondre presque entièrement. Nous avons préféré en donner une nouvelle.
Toutefois, qu'on ne croie pas que notre livre soit d'un intérêt purement local. Sans doute, nous nous sommes astreint à commenter scrupuleusement, et, pour ainsi dire, mot à mot, le texte de notre Catéchisme, en suivant, comme pas à pas, chacune de ses demandes et de ses réponses. En cela, nous avons cru être agréable à nos vénérables frères dans le sacerdoce, et à tous ceux qui exercent dans nos contrées la noble fonction de catéchiste. Mais qui ne sait que les enseignements de la religion sont les mêmes en tous temps et en tous lieux ? Dans tout le monde chrétien, on enseigne, on explique le même symbole, le même décalogue, les mêmes sacrements ; et une des choses qui font le plus admirablement ressortir la divine constitution de lÉglise catholique , c'est cette unité de la foi dans la variété des Catéchismes.
A Dieu ne plaise donc que nous ayons dit rien de nouveau ! Non nova, sed novè: telle est la maxime qui nous a constamment dirigé. L'innovation, sous peine d'être hérétique, ne peut jamais tomber sur le fond de la doctrine, mais seulement sur la forme.
Une innovation de ce genre, dont nous espérons qu'on nous saura quelque gré, c'est d'avoir divisé le Catéchisme en une série d'instructions pouvant servir de prônes ; car ce n'est pas seulement pour le premier âge que nous avons travaillé. Il est bien viai que primitivement nous n'avions eu en vue que l'enfance, pour laquelle nous éprouvons depuis longues années cet amour à la fois /ra^erne/, paternel et maternel^ que saint Augustin (1) recommande si fort à tous les pasteurs des âmes. Mais depuis nous avons pensé qu'en même temps que nous présentions aux enfants le lait de la doctrine, il ne serait pas inutile d'offrir une nourriture plus substantielle à la jeunesse et à l'âge mûr. En cela, du reste, nous n'avons fait que suivre la voie ouverte par notre devancier ; et nous avons voulu aussi faciliter le moyen de se conformer à ces sages recommandations de l'illustre évêque de Meaux, qui, dans un avertissement adressé à son clergé, di-
(1) Congruamus eis per fraternum, paternum, malernumque anaO" rem. De Catechiz. Rud., 17.