‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 4)Chapitre 38 sur 66 · PRÉSENTATION AU TEMPLE. SIS · texte numérisé non relu

PRÉSENTATION AU TEMPLE. SIS

rante jours, si elles avaient enfanté un garçon, et quatrevingts, si c'était une fille, il leur était défendu de paraître en public, d'approcher du temple et du sanctuaire, de toucher à rien de consacré au Seigneur (1). Dieu Tavait ainsi établi, afin de faire sentir aux hommes que leur origine était impure, et qu'ils étaient tous nés et conçus dans le péché.

Le temps de leur impureté légale étant expiré, les mères devaient se présenter à la porte du Tabernacle, afin d'être purifiées des souillures de leur enfantement et rétablies dans leurs droits. Dans cette purification, elles offraient à Dieu un agneau d'un an, et un pigeonneau ou une toui-terelle, pour être immolés l'un en holocauste, et l'autre, selon le rit du sacrifice pour le péché. Que si on n'avait pas d'agneau, on pouvait se contenter d'offrir deux tourterelles ou deux petits pigeons. C'était en faveur des pauvres que la loi avait laissé ce choix de victimes.

Outre cette loi, il y en avait une autre qui portait que les premiers-nés seraient ofterts au Seigneur, et qu'ils lui seraient inviolablement consacrés, en sorte que les parents ne pussent s'en réserver la disposition, ni avoir aucun droit sur eux, à moins qu'ils ne les rachetassent par le prix qui était prescrit, et qui n'était, du reste, qu'une modique somme d'argent.

On donne deux raisons différentes de cette loi :

1° Elle était un monument du bientait signalé que les Juifs avaient reçu de Dieu, lorsque, pour les délixTcr de l'esclavage de Pharaon, il avait fait périr, en une seule nuit, tous les premiers-nés de l'Egypte, sans faire aucun mal aux enfants hébreux. En conséquence, Dieu voulut que le» aînés d'entre les Juifs lui fussent consacrés, afin que, par cette institution religieuse , de siècle en siècle et de génération en génération, les pères apprissent à leurs enfants les merveilles que le Seigneur avait opérées en leur faveur.

2^' Elle était une protestation et une reconnaissance so-

(1) levit., XII, 2.

lennrlle du haut domaine de Dieu sur toutes les créatures, « Tout est à moi^ » dit le Seigneur (1). Et^ pour faire voir qu'il était maître absolu de toutes choses, il exigeait, comme une espèce de tribut et de redevance, les prémices des fruits de la terre et de tout ce qui naissait, tant parmi les hommes que parmi les animaux (2). Voilà pourquoi les mères portaient à l'autel ce qu'elles avaient de plus cher, le premier fruit de leur fécondité, rendant ainsi hommage à ce suprême empire que Dieu exerce sur tout l'univers. Dieu se montrait particulièrement jaloux de cette offrande, parce qu'il voulait que par là on le reconnût comme le chef de toutes les familles d'Israël, et qu'en la personne des aînés, qui sont la tige de la maison, tous les autres enfants fussent dévoués à son service.

Voilà les deux lois que Jésus et Marie sont venus accomplir fidèlement dans le temple.

Quoique ces deux mystères puissent se réunir en un seul, pour notre plus grande instruction, nous les étudierons séparément. Occupons-nous d'abord de la purification de la mère, et ensuite de l'oblation du fils.

PURIFICAT'.Dii DE MARIE.

Les commandements du Seigneur nous semblent un joug onéreux, et très-souvent nous ne craignons pas de les enfreindre pour la moindre raison. Or, Marie se montre dans sa Purification comme un parfait modèle d'une exacte et entière observation de la loi. Voyez avec quel zèle elle s'avance vers le temple : c'est l'obéissance aux préceptes divins qui l'y conduit (3).

Cependant la loi de la Purification ne la regardait et ne

'1) Mea sunt omnia. Exod . xiii, 2.

OJ) Sanclifica mihi omne prirnogenitum tara de hominibus quàm de jumenlis. Exod., ïiii, 2.

(3) Secundùm legem Moysis. lue, ii, 22.

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