‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 4)Chapitre 40 sur 66 · OBLATION OE JÉSUS · texte numérisé non relu

OBLATION OE JÉSUS

Pour accomplir le second point de la loi, Marie offre et consacre au Seigneur son divin Fils. Le voilà donc, le prêtre de la nouvelle alliance, dans un état de victime ! Le

oBLATION DE JÉSUS. 319

voilà, TAnge du Nouveau Testament, le Sauveur désiré depuis si longtemps, et demandé avec tant d'instance, qui entre enfin dans son temple, et s'offre à son Père comme le gage et le prix de notre rédemption. Spectacle admirable que celui d'un Dieu qui se soumet à la loi! Il y était encore moins obligé que sa divine mère; car, dit saint Hilaire, si le fils d'un roi et l'héritier présomptif de la couronne est exempt de toute servitude, à combien plus forte raison Jésus-Christ qui est le souverain maître de l'univers (i)î Et, d'ailleurs, ce divin Sauveur des honmies, n'était-il pas consacré à Dieu d'une manière plus excellente qu'il ne pouvait rêtre par toutes les cérémonies judaïques? De plus, Jésus- Christ venant abolir la loi de Moïse par une loi plus parfaite, ne semble-t-il pas qu'il aurait pu s'en dispenser? Mais non, tant qu'elle subsiste, il la révère si fort qu'il l'observe avec la plus grande ponctualité, et la fait observer à sa sainte mère. Il nous montre par là avec quelle exactitude nous devons accomplir les sacrés préceptes de l'Évangile.

Qui pourrait exprimer les sentiments de piété, de ferveur, de zèle brûlant, avec lesquels Marie offre à Dieu ce qu'elle a de plus précieux au monde, son Fils chéri, l'unique objet de ses pensées, le seul soutien de sa vie ! Mais ce Fils est à Dieu; elle le lui rend avec la plus admirable générosité, afin qu'il en dispose selon les desseins de sa sagesse. Et nous, qu'offrons-nous à Dieu? Hélas! rien ou presque rien. Nous ne voulons nous priver d'aucun plaisir; les nîoindres sacrifices nous coûtent; et Marie sacrifie son Filsl Que son exemple nous instruise et nous touche. Allons nous oflrir nousmêmes à Dieu; donnons-nous à lui de cœur et d'âme; et désormais rapportons à son service l'usage de tous nos sens et de toutes nos facultés.

Marie rachète ensuite son Fils bien-aimé en donnant les cinq sicles marqués par la loi. Chose étonnante ! fallait-Il racheter le Rédempteur? Oui, parce qu'il portait en lui-

(I) D. Hilar., m Matth., xvii, n. 1.

même la figure des pécheurs et des esclaves. Jésus-Christ est donc rendu à sa sainte mère ; mais ce cher Fils, ce premier, cet unique objet de sa tendresse, ne lui appartient pas en propre; ce n'est qu'un dépôt qu'on lui confie; c'est tou* jours une victime dévouée à la mort, que l'inexorable justice du Père céleste réclamera bientôt ; car son immolation n'est que suspendue. 0 Marie, ô la plus tendre des mères, que de larmes va vous coûter votre divin Fils! Il sera l'homme de douleurs ; et vous aussi, vous serez la mère des douleurs (1). Et déjà entendez, entendez le vieillard Siméon qui vous montre le glaive qui doit transpercer votre âme.

11 y avait à Jérusalem, dit l'Evangile (2), un homme juste et craignant Dieu, nommé Siméon, qui soupirait ardemment après la venue du Sauveur, et vivait dans l'attente de la consolation d'Israël. Le Saint-Esprit lui avait révélé qu'il ne mourrait point, avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Poussé par une secrète instigation de l'Esprit divin, il vint au temple, au moment même où Marie y entrait. Aussitôt une lumière surnaturelle lui découvre que l'enfant qu'elle porte entre ses bras est le Sauveur promis. Se livTant alors aux transports de la plus vive joie, il prend entre ses mains le divin Enfant, l'objet de ses désirs les plus ardents; il bénit mille fois le Seigneur de lui avoir accordé la consolation de voir le Messie attendu depuis si longtemps; et, après avoir vu Jésus-Christ, il ne veut plus rien voir, il ne demande plus qu'à mourir en paix. « Oui, maintenant, s'écria-t-il, vous a pouvez, ô mon Dieu, me retirer, quand vous voudrez, de « ce monde, parce que mes yeux ont vu le Sauveur que a vous nous donnez, celui qui doit être la lumière des naa tions et la gloire du peuple d'Israël (3). » Après ces grands éloges donnés au divin Enfant, et qui durent flatter si agréablement le cœur de sa mère, quelle lugubre et terrible pro-

(1) Mater dolorosa. Ex planct. Stabat. — (?) Luc , ii, 25. (3) Xunc dimillis servum tuum, Domine, secundùm verbum tuum m pac*i. Luc, II. 20.

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