MORT ET SÉPULTURE DE JÉSUS-CHRIST
d*adorations, parce que la Divinité leur était unie et présente personnellement.
D. Où fut mis le corps de Jésus-Christ après sa mort? R. 11 fut mis dans un sépulcre, après avoir été embaumé selon la coutume des Juifs.
Jésus-Christ ayant consommé son sacrifice sur la croix et rendu son esprit à Dieu^ Joseph d'Arimathie, un des plus riches et des plus nobles d'entre les Juifs, homme juste et vertueux, nui était du nombre de ceux qui attendaient le règne de Uieu, voulut rendre les derniers devoirs à celui qu'il reconnaissait pour le Messie et le Sauveur d'Israël. Il entra donc hardiment dans le palais de Pilate, et lui demanda le corps de Jésus-Christ, et Pilate commanda qu'il lui fût remis.
Nicodème, autre disciple de Jésus-Christ, mais qui s'était tenu caché parce qu'il craignait les Juifs, se déclara alors ouvertement et se joignit à Joseph. 11 apporta, pour embaumer le corps, une mixtion d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès, espèce de parfum précieux en usage en ces temps-là. Alors ces deux saints personnages, unis par les mêmes sentiments de religior^, de foi et d'amour pour leur divin maître, montèrent au Calvaire, où le corps de Jésus était encore suspendu à la croix. Ils détachèrent ses pieds et ses mains, avec mi profond respect, mêlé de douleur et de tristesse ; et ils descendirent doucement et avec la plus grande révérence ce corps sacré. Marie, qui était toujours là présente avec quelques autres saintes femmes, le reçut sur son sein maternel ; et, toute désolée, noyée dans une mer d'amertume, elle le serra étroitement enti'e ses bras et l'arrosa de ses pleurs.
Il est à croire que Madeleine se mit encore à ses pieds adorables, comme autrefois chez le pharisien, qu'elle le» baigna de ses larmes et les essuya de ses cheveux. Saint Jean, le seul des apôtres qui fut témoin de ce triste spectacle, était dans une affliction inexprimable ; et, avec toute cette
sainte compagnie^ il témoignait à Jésus, de la manière la plus tendre, sa douleur et son amour.
Le corps c»*lorable de Jésus-Christ fut enveloppé d'un linceul blanc, avec plusieurs suaires et des aromates, selon la coutmne des Juifs. Or, près du lieu où il avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin un sépulcre tout neuf, taillé dans le roc, et où personne encore n'avait été mis. C'est là que les pieux disciples déposèrent le corps de leur maître ; puis, ayant roulé une grosse pierre à l'entrée, tous se retirèrent.
Allons, nous aussi, sur les traces de Joseph d'Arimathie et des saintes femmes, rendre nos devoirs à Jésus crucifié. Heureux ceux qui peuvent aller dans la ville de Jérusalem vénérer le saint sépulcre, et adorer le Seigneur à l'endroit même où ses pieds et tous ses membes ont reposé (1) I La distance des lieux, les embarras d'une famille, nos occupations habituelles nous en empêchent. Mais, au moins, n'oublions pas que Jésus-Christ est au milieu de nous, dans la sainte Eucharistie. L'autel est le calvaire sur lequel il s'immole encore tous les jours, et nos cœurs sont le tombeau où il daigne descendre par la sainte communion. Ah ! que ce tombeau soit neuf par l'innocence de notre baptême, ou du moins par un renouvellement de grâce et de pénitence ; qu'il soit taillé dans le roc d'une foi ferme et inébranlable ; et, après y avoir enfermé Jésus avec le parfum de nos prières, avec des aromates de piété et de dévotion, ayons soin d'en fermer l'entrée au monde, aux aff'ections terrestres, par de solides résolutions, par une constance à toute épreuve et par la persévérance jusqu'à la fin.
Cependant, les princes des prêtres et les pharisiens étaient dans une étrange inquiétude. « Nous nous sommes « rappelés, disaient-ils à Pilate, que ce séducteur (tel était « le nom infâme qu'ils donnaient au Fils de Dieu) a dit, a pendant sa vie, qu'il ressusciterait trois jours après sa
(I) Adorabimus in loco ubi steterunl pedes ejus. Ps. cxxii, 7.