MORT DU PECHEUR
félon les belles paroles de saint Augustin, Dieu soit patient, parce qu'il est éternel, il a fait cependant éclater très-souvent sa redoutable justice contre les grands criminels, pour intimider l'audace de ceux qui pourraient être tentés de les imiter. Parmi les nombreux exemples, que nous offre l'histoire, des châtiments terribles qu'ont subis, pendant cette vie, des hommes fameux par leur scélératesse et leur impiété, nous prenons au hasard les suivants.
^ort d'ux persécuteur de l'Église. Maximin Daza, élevé à la dignité de César et d'empereur, au commencement du quatrième siècle, fut un ennemi du christianisme d'autant plus furieux que ses moeurs étaient totalement opposées à la morale de l'Évangile. Ayant déclaré la guerre à Licinius, son collègue, dont il était jaloux, il fut vaincu et obligé de s'enfuir à Tarse, en Cilicie, où il fit massacrer beaucoup de prêtres et de prophètes idolâtres, qui lui avaient promis la victoire. Il cherchait, mais en vain, à réparer ses fautes; le mal était sans remède ; son armée l'avait abandonné, et Licinius ne cessait de le poursuivre. LaMort lui parut le seul remède à ses malheurs. Il essaya inutilement de se la donner par le poison, lors que tout à coup il se sentit frappé d'une plaie mortelle, qui l'emporta, après lui avoir fait souffrir des douleurs horribles. Il était dévoré d'un feu intérieur, et, dans les mouvements convulsifs qui l'agitaient, il ramassait de la terre avec ses mains pour la manger, et se battait la tête avec tant de violence que ses yeux sortirent de leur place. Il ne lui resta que les os et la peau, qui paraissait comme un sépulcre horrible où son âme atroce était ensevelie. Parfois il lui semblait que Dieu, accompagné de ses anges, le jugeait, et il s'écriait, comme ceux qui sont au milieu des tourments, que ce n'était pas lui qui était coupable, et qu'on devait s'en prendre à d'autres. Ensuite, il avouait ses crimes, et priait Jésus-Christ avec larmes d'avoir pitié de lui. Ce fut par cet épouvantable genre de Mort qu'il termina sa vie, en poussant des hurlements horribles.
Mort d'un apostat. L'empereur Julien, surnommé Y Apostat, parce qu'il abandonna le christianisme qu'il avait professé jusqu'à 1 "âge de vingt ans, s'appliqua sans relâche à rétablir le culte des faux dieux et à détruire la religion chrétienne. Il mit pour cela en usage toute sorte de ruses et de perfidies. 11 remplit son palais de magiciens, de philosophes, de devins, de sophistes, de rhéteurs et de charlatans de toute espèce. Il défendit aux chrétiens l'étude des sciences profanes, les priva des emplois, des honneurs et des secours publics. Sa philosophie déguisait la persécution sous mille formes, ne voulant point passer pour persécuteur, ni donner aux chrétiens l'honneur du martyre. Il se déclara souverain pontife des faux Dieux, et en remplit les fondions avec un zèle plus que ridicule. Malgré sa fausse et orgueilleuse philanthropie, il en vint bientôt aux supplices.
et les martyrs se multiplièrent de tous côtés. Résolu d'anéantir le christianisme, il voulut auparavant terminer la guerre contre les Perses. Il fit des préparatifs et des sacrifices sans nombre, et jura, en partant, de ruiner l'Église à son retour. Mais Dieu la garantit de ses menace? insensées. Ce prince, s'étant engagé sans cuirasse dans le premier combat, fut blessé dangereusement. On rapporte qu'il prit alors dans sa main du sang de sa blessure, et qu'il s'écria en le jetant vers le ciel : Tu as vaincu, Galiléen ! C'était le nom qu'il donnait à Jésus-Christ. Saint Jérôme, qui était âgé de 22 ans quand Julien mourut, raconte qu'au milieu des gémissements que sa Mort arrachait à l'idolâtrie, il entendit ces paroles de la bcuche d'un païen : « Comment les chrétiens peuvent-ils vanter la patience de leur Dieu? Rien n'est si prompt que sa colère. Il n'a pu suspendre pour un peu de temps son indignation. > C'est une preuve qu'on regardait la Mort de l'apostat comme l'effet de la vengeance céleste.
THÉOnOHET. — SOZOMÈNE.
Mort d'un hérétique. Hunéric II, roi des Vandales, prince infecté des erreurs de l'arianisme, persécuta les catholiques de la manière la plus emportée et la plus barbare. Il en fit mourir jusqu'à 40,000 par des tourments inouïs, à la persuasion des évêques ariens. Parmi les tortures qu'on inventa dans cette occasion, on remarque l'horrible pratique d'arracher la chevelure, qu'on retrouva, onze siècles après, chez les Sauvages du nouveau monde. On employait pour ce supplice une espèce de tourniquet en bois, auquel on attachait les cheveux de la victime, qui souvent perdait les yeux, et plus souvent encore la vie. Ce prince furieux mourut la huitième année de son règne. Divers auteurs rapportent qu'il fut mangé des vers qui sortaient de toutes les parties de son corps ; qu'étant entré en frénésie, il se mangea lui-même les mains; que ses entrailles sortaient de son corps; et qu'il eut la même fin qu'Arius, dont il avait voulu établir la secte par tant de massacres.
Mort d'un philosophe. Voltaire a été le coryphée des antichrétiens du siècle dernier. Sa fin est d'autant plus remarquable qu'on l'a vu atteint de sa maladie de mort, précisément au temps où il se promettait le triomphe de l'athéisme. Ses partisans eux-mêmes ont publié la lettre, où il écrivait à d'Alembert en ces termes : Dans 20 ans, Dieu aura beau jeu; cette prédiction blasphématoire est en date du 25 février 1758. Or, c'est en effet le 25 février 1778 qu'il fut frappé du vomissement de sang, qui le conduisit à la mort. La violence du mal lui fit aussitôt démentir sa profession d'incrédulité. 11 appela à lui un de ces prêtres, qu'il avait tant outragés et calomniés dans ses écrits, l'abbé Gauthier, vicaire de Saint-Sulpice ; il déposa entre ses mains la rétractation authentique de ses impiétés et de ses scandales, se flattant d'achever le grand ouvrage de sa réconciliation avec Dieu