‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 5)Chapitre 34 sur 39 · IV. Reg., vu · texte numérisé non relu

IV. Reg., vu

Saint François d'Assisa disait, en parlant de sa communauté et de Dieu ; « Nous avons une mère qui est très-pauvre, mais nous avoae un père qui est très-riche. » Lorsqu'il envoyait un de ses compagnons dans une ville pour prêcher, il lui adressait ces paroles d» prophète : Mettes en Dieu toute votre confiance, et il vous noi

Vie de 5. François.

II y avait près de Constantinople un solitaire, qui menait la vie la plus sainte et qui ne s'occupait nullement de tout ce qui pouvait avoir ae rapport à son corps, comptant toujours sur la divine Providence. Le panem nostrum quotidianum da nobis hodiè taisait toute s©n espérance, et il n'avait jamais été trompé. L'empereur Théodose, en ayant entendu parler, témoignait un grand désir de le voir. Un jour, habillé en simple bourgeois, il gravit la montagne et arriva au près de sa cellule ; il eut un long entretien avec lui. L'empereur, pressé par la faim, demanda au solitaire s'il n'aurait pas quelque peu de nourriture : « Oui, répond le solitaire, voici un morceau de pain, nn vase plein d'eau ; je n'ai pas autre chose à vous offrir. » Théodose mangea ce morceau de pain avec beaucoup de plaisir ; il lui demanda sll était content de sa position : « Je suis si heureux, dit-il, que je ne la changerais pas pour celle de l'empereur; je n'ai rien, je ne Jésire rien ; personne ne m'inquiète ; si je manque du nécessaire, j'implore le secours de la Providence , qui ne m'abandonne jamais. » — « Me connaissez-vous? » lui dit l'empereur. — « Non , Monsieur. » — « Je suis Théodose ; je suis venu pour m'édifier quelques instants auprès de vous; que ne m'est-il permis de partager votre bonheur , de passer le reste de ma vie dans cette solitude, éloigné des embarras du monde, et de manger comme '■ous un morceau de pain ! Là, je me préparerais à aller paraître devant Dieu. » L'empereur se retira et envia toujours, depuis celte 1 isite, le bonheur de ceux qui ne possèdent rien, qui ne désirent rien,

qui mettent leur confiance dans le Seigneur. Traité sur le Pater.

2. La divine parole, dit saint Bernard, est pour nous un aliment, :-ne armure, un baume versé sur nos blessures; elle assure notre : pos, notre résurrection, notre perfectionnement.

C'est pour nous faire sentir avec quel soin nous devons nous nourri; des vérités divines, renfermées dans la sainte Écriture, que lé Seignear dit autrefois au prophète Ézéchiel : « Fils de l'homme, dévore ce livre, et va parler aux enfants d'Israël. » Ezéchiel ouvrit sa bouche, il se nourrit de ce livre, et il lui parut doux comme le miel. Ce se ni autant d'expressions figurées, par lesquelles Dieu voulait faire comprendre à son prophète qu'il devait remplir son esprit des oracles de sa loi, et s'en nourrir par une profonde méditation. Beaucoup, dit saint Grégoire le Grand, entendent la parole de Dieu et n'en retirent aucun profit, parce qu'ils négligent de la faire entrer dans leur r/eur Ils mangent et ne sont pas rassasiés; ils boivent et ne sont pas enivrés, parce que, tout en écoutant la voix de Dieu, ils soupirent r-près las choses vaines et passagères; ils aiment les biens du siècle, et leur esprit n'est point changé (1). Greg. Magk.

(1) Comedil et non satiatur; bibil et non inebriatur, qui verba Dei audiens, lucra et gloriam saeculi concupiscit, D. Greg.

S. Ce n'est pas Moïse, dit saint Jérôme, qui nous a donné le vrai pain, c'est noire Seigneur Jésus-Christ. Assis au festin, il est le festin lui-même (1).

Saint Éphrem faisait ses délices de la sainte communion. « Omon « Sauveur, s'écriait-il, je vous ai pour viatique, dans le voyage long t et dangereux que je vais faire. Dans la faim spirituelle qui me dé- « vore, je me nourrirai de vous, ô divin Rédempteur des hommes! « Il n'y aura plus de feu impur, qui ose s'approcher de moi; il ne * pourrait supporter l'odeur vivifiante de votre corps et de votre sang.»

Necrosima, cap. xxi.

Sainte Thérèse éprouvait des désirs si vifs et si brûlants de posséder son bien-aimé dans la communion, qu'elle eût bravé les foudres, les tempêtes et les orages pour l'aller trouver.

Sainte Catherine de Gênes, aux approches de la communion, étail dans de» impatiences et des langueurs ravissantes.

4. Le Pater faitpartie des sacraraentaux, c'est-à-dire que celui qui le récite avec foi, confiance et avec une douleur sincère de ses fautes, obtient la rémission des péchés véniels. Saint Augustin dit formellement que l'Oraison Dominicale a la vertu d'effacer les fautes légères et journalières (2). Il attribue cet effet à la cinquième demande, sans cependant exclure les autres. Quel bonheur pour nous d'avoir un remède si facile aux petites et si fréquentes blessures de notre 'me. Traité sur le Pater.

5. Que d'injures, que d'opprobres, que de tourments n'a point endurés Jésus-Christ pour le salut des hommes! Et, au fort de ses douleurs, que fait-il? 11 prie pour ses persécuteurs et ses bourreaux. « O mon Père, s'écrie ce Dieu de miséricorde, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. >

Le saint roi David, qui a été une des figures les plus parfaites de Jésus-Christ, nous adonné, dans le cours de sa vie, plusieurs exemples de l'amour sincère que nous devons avoir pour nos ennemis. Du temps qu'il était persécuté par Saul et obligé de fuir pour sauver sa vie, il trouva deux occasions favorables de se délivrer de son cruel et puissant persécuteur. Un jour, Saûl vint lui-même se livrer, en quelque sorte, entre ses mains, en entrant dans une caverne où il s'était réfugié. Il s'y arrêta quelques instants, sans apercevoir David qui cependant le reconnut très-bien, ainsi que ses compagnons. Ceux-ci lui conseillaient de le tuer. Mais ce saint homme leur dit : « Dieu me garde de porter la main sur l'oint du Seigneur. » Il se contenta seulement de lui couper le bord de son manteau, afin d avoir une preuve

(1) Ipse conviva et convivium. D. Hier.

(2) EJet omninô haec oratio miuima et quotidiana peceâta. D. Aug.

convaincante qu'il n'avait tenu qu'à lui de le tuer. Saûl admira cette générosité de David; mais il ne continua pas moins de s'acharner à sa perte. Une autre fois, David, par un courage qui lui était inspiré de Dieu, vint seul avec Abisaï, dans le camp de Saùl, pendant la nuit, et pénétra jusque dans sa tente, où il le trouva endormi. Abner, son capitaine des gardes, ainsi que tous ses officiers, étaient aussi plongés dans le sommeil. Abisaï représenta alors à David qu'il pouvait en un moment finir toutes ses peines, que Dieu lui-même lui livrait son ennemi entre ses mains. « Je m'en vais donc, ajouta-t-il, le percer de mon dard d'un seul coup, et il ne sera pas besoin d'un second. ■» Mais David l'en empêcha, en disant: « Vive le Seigneur, à moins que le Seigneur ne le frappe lui-même, ou que le jour de sa mort n'arrive, ou qu'il ne soit tué un jour de bataille, il ne mourra point. » Il se contenta donc d'emporter sa lance et sa coupe. Et, étant sorti et s'étant assez éloigné pour n'être pas en danger, il appela à haute voix les gens de Saùl et en particulier Abner, leur reprochant leur négligence à garder leur prince, qui les rendait dignes de mort. « Voyez maintenant, leur dit-il, où est la lance et la coupe du roi, qui était à son chevet. » Saùl, s'étant réveillé, parla avec bonté à David ; il lui avoua publiquement ses torts ; mais, dans quelques jours, sa passion reprit sur lui tout son empire, et il fut, pour me servir d'une expression de saint Cyprien, opiniâtre dans sa haine, comme David fut opiniâtre dans sa bonté et sa douceur.

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