I. Reg., xxiv et xxvi
Ce qu'il y a peut-être de plus glorieux dans la vie de David, c'est la modération dont il usa à l'égard d'un méchant homme, nommé Sémeï. Lorsque ce saint roi, détrôné par son propre fils, fuyait accablé de douleur, Sémeï se mit sur son chemin, lui jetant des pierres, le chargeant d'injures, l'appelant homme de sang, homme de Bélial, et faisant voler la poussière en l'air ; ce qui était chez les Juifs un trèsgrand affront. Ces insultes parurent insupportables à Abisaï, qui voulait couper la tête à Sémeï. Mais David lui dit: « Laissez-le faire. Peut-être que le Seigneur regardera mon affliction, et qu'il me fera quelque bien, pour ces malédictions que je reçois aujourd'hui.» Théodoret dit à ce sujet que David regardait Dieu comme un père qui le châtiait, et Sémeï comme la verge dont il se servait, et qu'il ne murmurait pas contre la verge, de peur de ne pas respecter assez la main suprême, dont elle n'était que l'instrument. Lorsque ce prince fut rétabli sur le trône, Sémeï vint lui demander pardon. Abisaï se moquait de la soumission de ce lâche politique. Mais David l'en reprit, en lui disant: « Puis-je ignorer que je suis aujourd'hui roi d'Israël? Vous ne mourrez point, dit-il à Sémeï, » et il l'en assura par serment.