CATHOLICITÉ DE L'ÉGLISE. H
TRAITS HISTORIQUES
1. Puisqu'en appartenant à la sainte Église catholique, nous sommes sûrs d'être les vrais enfants de Jésus-Christ, évitons avec le plus grand soin tous les auteurs ou fauteurs d'hérésie, ûe >jeur qu'ils ne nous pervertissent. Saint Augustin, afin de nous prémunir contre leur perfidie, les compare à ces renards que Samson prit, qu'il lia l'un à l'autre par la queue, y attachant en même temps des torches enflammées, et qu'il lâcha ensuite dans les champs des Philistins, où ils incendièrent toutes les récoltes. En effet, les renards étant fins et pleins de ruses et d'artifices, nous représentent fort bien ces hommes fourbes et dissimulés, qui se cachent dans les différents détours de leur malice, comme les renards dans les sentiers souterrains de leurs tanières , qui trompent leurs frères par leur pernicieuse doctrine, et les infectent par l'odeur mortelle de l'impiété àe leur erreur, directement opposée à la bonne odeur de Jésus-Christ. Mais il viendra un jour où Jésus-Christ, le divin Samson, commandera aux ministres de sa justice de les lier et de les attacher à des flammes dévorantes, qui les brûleront éternellement eux-mêmes et toutes ies moissons étrangères, tandis que le champ du Père de famille, c està-dire la véritable Église de Jésus- Christ, non-seulemont n'aura rien à souffrir, mais recevra au contraire les plus amples bénéàicV.ons et une gloire qui n'aura pas de fin.
D. Aog. in ps. 80 et serm. 107 de temp.
Saint Jean, qu'on pourrait appeler l'apôtre de la charité et de la douceur, tant ces vertus étaient profondément empreintes dans son cœur et dans toute sa conduite, était cependant inflexible contre les auteurs des hérésies, et il recommandait fortement à son troupeau de n'avoir aucun commerce avec ceux qui corrompaient volontairement la vérité, et qui, par leurs discours, tâchaient de séduire les fidèles. On rapporte de lui un fait très-remarquable. Étant un jour allé au bain, contre sa coutume, il apprit que l'hérétique Cérinlhn s'y trouvait; il s'arrêta aussitôt et dit à ceux qui l'accompagnaient: « Fuyons, mes frères, de peur que la maison où est Cérinlhe, cet ennemi de la vérité, ne tombe sur nos têtes. » On a cherché à révoquer en doute ce fait, comme ne s'accordant pas avec la douceur extraordinaire du saint Évangéliste; mais saint lrénée nous assure qu'il l'avait appris de la bouche même de saint Polycarpe, disciple de saint Jean, et qu'il y avait encore de son temps plusieurs personnes vivantes qui pouvaient l'attester.
D. Iren., lib. 3. c. 3,
A l'exemple de cet apôtre, et conformément au précepte de saint Paul, qui nous commande d'éviter un hérétique, après l'avoir averti une ou deux fois, les saints ont montré toujours la plus grande horreur pour les hérésies, et n'ont jamais voulu lier amitié avec ceux qui en étaient infestés, ni même avoir aucune relation avec eux, sauf celles que les devoirs de la charité pouvaient leur imposer. Ainsi saint Paphnuce, ayant aperçu dans une assemblée d'aériens, Maxime, évêque de Jérusalem, fut indigné de trouver, dans la compagnie des méchants, un prélat catholique, qui avait confessé Jésus- Christ dans la dernière persécution ; il le prit par la main et le fit sortir, en lui disant qu'il ne pouvait souffrir qu'un homme, qui portait comme lui des marques publiques de son zèle pour la foi, se laissât séduire par des hérétiques. 11 l'informa ensuite des complots des ariens qu'il avait ignorés jusque-là, et le détacha ainsi pour toujours de leur parti. Or, si un pontife qui avait déjà donné des preuves si fortes de son attachement à Jésus-Christ, si un confesseur de 'a foi était exposé à la perdre dans une réunion d'hérétiques, que serait-ce de nous si faibles et si peu éclairés ? — Saint Antoine assurait que la communication avec les hérétiques était la ruine et la perte entière de l'âme. Un jour quelques ariens étant venus le voir, dés qru'il eut reconnu leur impiété, il les chassa de sa montagne, en disant que leurs paroles étaient plus dangereuses que le venin des seroents, et il les exhorta fortement à quitter leurs erreurs pour embrasser la vérité. — On cite même jusqu'à des enfants qui, pleins de zèle pour la pureté de la foi, ont évité avec le plus grand soin tout contact avec les hérétiques. Lorsque les ariens, à force de machinations, furent parvenus à expulser saint Eusèbe, évêque de Samosate, de son siège, ils y mirent un des leurs, nommé Lucius. Mais il n'y eut personne qui voulût se trouver avec lui, pour tenir les assemblées ecclésiastiques; quand il entrait à l'Eglise, tout le monde fuyait, et, en quelque lieu qu'il parût, on faisait en sorte de ne jamais se rencontrer avec lui. Un jour qu'il traversait une place publique où plusieurs enfants étaient à jouer, ceux-ci ne voulurent plus se servir de l'instrument de leur jeu, parce qu'il avait touché aux pieds de sa mule, et ils le brûlèrent comme quelque chose de profane. — Du temps du saint Pape Zéphyrin, Dieu manifesta d'une maniè«a frappante sa miséricorde envers un certain Natalis qui, après avoir souffert diverses tortures pour la foi, eut le malheur de se laisser séduire par deux hérétiques de la secte d'Ébion. Il l'avertit par plusieurs visions d'abandonner la mauvaise voie, dans laquelle il s'était engagé et où il ne restait que par intérêt et par vanité. Et, comme il se montra longtemps sourd à ces ordres du Ciel, le seigneur, touché de pitié pour cet homme qui avait confessé autrefois son nom avec
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tant de générosité, envoya un ange qui, pour le faire rentrer en laimême, le fouetta pendant toute une nuit. Le lendemain, Natalis alla se jeter aux pieds du pape Zéphyrin ; fondant en larmes et revêt» d'un habit de pénitence, il se prosterna aussi devant l'assemblée des fidèles, et y donna de si grandes marques de repentir, en montrant les traces des coups qu'il avait reçus, qu'on ne tarda pas à l'admettre à la communion de l'Église.
Eusèbe, 1. V, c. xxviu. — Godesc. ,passim.
2. Quel homme fut jamais plus attaché à la foi catholique que cet admirable O'Connell, dont nous avons eu déjà occasion de parler! Nous citerons ici cette circonstance particulière de sa vie, où ayant été nommé représentant de l'Irlande au parlement britannique, malgré la terrible opposition que lui fit le gouvernement, mais aux grands applaudissements des vrais fidèles, il se présenta à la chambre des communes, pour y occuper le siège auquel l'avait appelé le suffrage de ses concitoyens. Un officier se présente et lui en refuse l'entrée. « Vous êtes catholique, lui dit-il ; il n'y a point de place, iiouruii ca- « tholique, dans une assemblée protestante. Jurez- vous le trente-neuc vième article de la religion anglicane? — Je jure, répond O'Conc nell, fidélité à mon roi et à toutes les lois justes du parlement; mais « je ne jure pas l'hérésie et le blasphème. Je demande à la chambre c d'être admis à prouver mon droit. » Cette demande ayant été accordée, plutôt par un instinct de curiosité que par un principe de justice, O'Connell parle avec tant de force qu'il ébranle et fait frémir tout d'abord l'assemblée. Les préjugés cèdent, les haines religieuses se taisent, les vieux usages ne sont plus écoutés, l'hérésie se rend, la justice triomphe; et voilà qu'en la personne d'O'Connell, le Catholicisme prend place dans le parlement dont, depuis trois siècles, il était banni.
L'horreur que nous éprouvons pour l'hérésie, ne doit pas nuire à la charité que nous devons avoir pour tout le monde, même pour ceux qui ne partagent pas nos convictions religieuses. Ayons toujouro présente à notre esprit cette belle maxime de saint Augustin : « Détruisez les erreurs, mais aimez les hommes (1). » O'Connell, Adèle à ce principe, tout en combattant ses adversaires, ne cessait de respecter et d'aimer encore leurs personnes. Ainsi sévère, implacable et terrible contre eux sur le champ de bataille de la discussion politique, dans la vie privée, il n'avait pas une parole contre eux; il se faisait un devoir de les excuser, de les défendre, et de leur rendre tous les bons offices de la charité chrétienne.
Le Père Ventura, Oraison funèbre d'O'Connell.
(1) Diligite homines, interflcile errores
NEUVIEME INSTRUCTION
L'Église apostolique. — Apostolicité de doctrine et de ministère. — L'Église catholique a seule celte double apostolicité. — Elle porte encore le titre de Romaine.
D. Pourquoi Tappelie-t-on Apostolique?
R. Parce qu'elle a été fondée par les apôtres, et que depuis les apôtres elle a toujours subsisté, et subsistera jusqu'à .a fin du monde, avec une succession continuelle et non interrompue de pasteurs légitimes, sous un seul et même chef visible, qui est Notre Saint-Père le Pape.
a Vous êtes édifiés sur le fondement des apôtres, » disait saint Paul aux premiers fidèles (1). Telle est la gloire de l'Église. Les cités du monde, les royaumes de la terre se font honneur d'avoir une origine illustre; ils citent avec orgueil les noms de leurs fondateurs; le privilège de l'Église est d'avoir été fondée par les apôtres de l'Agneau (2), d'avoir, dans la foi et la sainteté de ses Pères, une gloire céleste infiniment au-dessus de toute la gloire et de toute la splendeur des plus puissants empires. Aussi les conciles de Nicée et de Constantinople ont-ils ajouté au symbole des apôtres le mot Apostolique, comme étant un des titres les plus glorieux de l'Église, et comme une marque à laquelle on pourrait facilement la reconnaître. Car son antiquité seule, opposée à la nouveauté des sectes hérétiques, est une preuve évidente de sa divinité.
On peut distinguer deux sortes d' Apostolicités, TApostolicité de doctrine et l' Apostolicité de ministère.
i° L'Église est Apostolique dans sa doctrine, parce qu'elle doit toujours enseigner les mêmes choses que les
(1) Superaedificati super fundaiaentum apostolorum. Eph.,n, 20.
(2) Habens fundamenta duodecim, et in ipsis duodecim Domina duodecim apostolorum Agni. Apoc, xxi, H.
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apôtres ont enseignées, les mêmes articles de foi, le même symbole, les mêmes commandements, les mômes conseils, la même perfection dogmatique et morale. Jamais elle n'a pu et elle ne pourra jamais s'écarter de la doctrine que les apôtres lui ont léguée, et qu'ils avaient eux-mêmes apprise de Jésus-Christ, car Jésus-Christ a dit que le ciel et la terre passeront, mais que ses paroles ne passeront point. Si donc elle pouvait un instant altérer la doctrine divine. y ajouter ou en retrancher la moindre chose, elle ne serait plus l'Église de Jésus-Christ, elle cesserait d'exister, et les promesses de Notre-Seigneur seraient sans effet; ce qui est horrible à penser.
2° L'Église est Apostolique dans son ministère, parce qu'elle a été fondée par les apôtres. Nous voyons, en effet, dans le saint Évangile, qu'ils ont été établis princes et pasteurs de l'Église, sous la conduite de Pierre, qui occupe le premier rang parmi eux, et dont le siège a retenu par excellence le nom de Siège Apostolique. Pierre a été le premier dans le grand ouvrage de la fondation de l'Église ; mais il n'en a pas été le seul fondement; les autres apôtres ont travaillé aussi de toutes leurs forces à la construction de ce tabernacle divin. Ainsi toutes les églises, qui ont été fondées par saint Pierre et les successeurs légitimes de saint Pierre, ou par d'autres évêques, successeurs des apôtres, et soumis eux-mêmes à l'autorité du Pape, sont vraiment Apostoliques, comme celle de Rome dont elles font partie. On peut les comparer à une multitude de branches, donl l'une porte l'autre et qui vont se réunir à un tronc commun, qui les porte toutes et avec lequel elles ne font qu'un même arbre. Celle de ces branches, qui est la plus récente, la plus faible et la plus éloignée du tronc, n'appartient pas moins à l'arbre que celle qui est la plus ancienne, la plus forte et qui sort immédiatement du tronc.
L'Église est encore Apostolique dans son ministère, parce qu'elle a duré depuis les apôtres, par une succession
continuelle et non interrompue de pasteurs légitimes. Car Jésus-Christ n'a pas établi son Église pour un temps passager, mais pour durer jusqu'à la consommation des siècles. Et voilà pourquoi, en envoyant ses apôtres, il leur a donné le pouvoir de se choisir des successeurs, qui seraient les héritiers de leur puissance. De même qu'au commencement, lorsque Dieu créa le monde, il donna à ses diverses créatures sa bénédiction, afin qu'elles pussent se propager et se multiplier chacune selon son espèce, de même aussi Jésus-Chriôt a voulu que les apôtres, pères de ce nouveau monde qu'il est venu former, eussent le droit de transmettre leur ministère à des successeurs, qui continueraient leur ouvrage, ou plutôt l'ouvrage de Dieu, jusqu'à la fin des temps, a Je suis avec vous, leur a-t-il dit, jusqu'à la consommation des siècles. » Or, l'Église devant subsister jusqu'à la consommation des siècles, il faut nécessairement qu'il y ait toujours des pasteurs pour la gouverner.
Et, en effet, elle n'en a jamais manqué et n'en manquera jamais. Nous voyons même, dès les premiers temps, que les apôtres se sont empressés de se donner des coadjuteurs, des successeurs, à mesure que le troupeau de Jésus-Christ augmentait. Dans le cénacle, ils élurent Mathias et se l'associèrent, en remplacement du traître Judas. Plus tard, saint Pierre établit Évode à Antioche et Marc à Alexandrie; saint Paul établit Timothée à Éphèse, Tite dans l'île de Crète. Ceux-ci ont légué leur pouvoir à d'autres, qui l'ont eux-mêmes transmis à leurs successeurs, et ainsi de suite.
Quoique cette succession de pasteurs légitimes ne puisse jamais être interrompue dans l'Église, ce n'est pas à dire pour cela que quelques sièges particuliers ne puissent s'éteindre ou être transférés ailleurs. Car nous avons déjà remarqué plusieurs fois que Dieu peut ôter la lumière évangélique à un peuple, pour le punir de ses prévarications, et la donner à un autre qui en profitera mieux. Ce
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qui n'empêche pas que l'Eglise, qui doit durer toujours, d'après la promesse de Jésus-Christ, n'ait toujours pour la gouverner des évêques successeurs des apôtres. Il faut aussi nécessairement qu'elle ait toujours un Pape, successeur de saint Pierre, car le siège de Pierre étant le fondement de l'Église, s'il venait à manquer, toute l'Eglise par là même s'écroulerait aussitôt1.
L'Apostolicité est une des marques les plus certaines et les plus claires, à laquelle Jésus-Christ a voulu qu'on reconnût son Église. Désirez-vous savoir si telle ou telle communion chrétienne est la véritable épouse du Sauveur, examinez un instant : remonte-t-elle aux apôtres? est-elle unie à Pierre ? Dans ce cas, vous pouvez y entrer en sûreté. Mais elle ne date que de telle époque; elle ne peut remonter jusqu'aux apôtres; elle ne tient pas à 'cette ancienne et auguste société, qui reconnaît les apôtres pour ses chefs et ses fondateurs ; elle n'est pas en communion avec la chaire de Pierre; ah! méfiez-vous-en, fuyez-la; c'est une Église fausse ; c'est évidemment une société d'hérétiques ou de schismatiques.
Appliquons maintenant à l'Église romaine les caractères d'Apostolicité que nous venons d'exposer. Elle est Apostolique
1° Pot sa doctrine ; c'est dans les écrits des apôtres ou dans les traditions venues des apôtres, qu'elle va puiser les enseignements qu'elle nous donne sur la foi et sur les mœurs. Fidèle gardienne des dogmes qui lui ont été confiés, elle n'a eu d'autre soin dans ses conciles que d'expliquer, plus longuement et avec plus de précision, ce qu'on croyait d'abord en toute simplicité. Toujours ferme et invariable, on n'a pu jamais la prendre sur le fait de l'innovation; jamais on n'a pu lui dire : « Vous changez de doctrine; votre foi n'est plus la même; vous n'enseignez pas aujourd'hui ce que vous enseigniez hier. » A chaque fois, au contraire, que les hérétiques se sont mis à dogmatiser,
elle s'est aussitôt élevée avec force contre eux ; elle leur a dit : o Vous corrompez l'ancienne croyance ; ce n'est pas là la doctrine de nos Pères; ce n'est pas là ce que nous avons appris. » Et elle les a forcés à se rétracter, ou bien elle les a chassés impitoyablement de son sein. On peut compulser tous les monuments de l'histoire; et il ne sera pas difficile de reconnaître la perpétuelle uniformité de sa doctrine, en remontant de concile en concile, et de siècle en siècle, jusqu'aux temps apostoliques.
2° Parce qu'elle a été fondée par les apôtres; on ne peu'., en effet, lui assigner d'autres pères, d'autres instituteurs, d'autres fondateurs que les apôtres. A la différence des sectes hérétiques, qui tirent leur nom de leurs auteurs, comme, par exemple, les marcionites de Marcion, les luthériens de Luther, les calvinistes de Calvin, elle a toujours porté le glorieux titre de Catholique et d'Apostolique. Toujours elle s'est montrée inviolablement attachée au siège de Pierre, qui est le centre de l'unité; et c'est de cette chaire de Pierre qu'elle tire sa force et sa stabilité.
3° Parce quelle remonte, par une succession continuelle et non interrompue de pasteurs légitimes, jusqu'aux apôtres. et, par eux, jusqu'à Jésus-Christ. C'est un fait si évident que ses ennemis eux-mêmes sont forcés d'en convenir. Tous les écrivains ecclésiastiques déduisent la succession des souverains pontifes, évoques de Rome, depuis saint Pierre jusqu'à Pie IX, qui occupe aujourd'hui la chaire apostolique; de sorte que nous pouvons remonter de Pape en Pape jusqu'à Jésus-Christ, sans trouver aucune interruption. L'histoire nous montre une pareille succession de pasteurs dans tous les évêchés fondés par les apôtres, ou par leurs successeurs, et qui ont continué, depuis leur origine, d'être unis à l'Église catholique. Ainsi, les évoques de Paris remontent jusqu'à saint Denis, envoyé par le Saint-Siège, en 250; ceux de Toulouse, jusqu'à samt Sernin; ceux de Limoges jusqu'à saint Martial, qui vint
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aussi pir.eiier la foi dans notre pays; ceux de Rorlez jusqu'à saint Amans. Et, par ces évêques, qui vivaient dans la communion de l'Eglise catholique et étaient fidèlement attachés à la chaire de saint Pierre , nous remontons jusqu'à saint Pierre lui-même et jusqu'à Jésus-Christ. C'est cette continuité de succession, qui touchait singulièrement saint Augustin, et lui faisait dire : « Ce qui me retient dans « l'Eglise, c'est la succession non interrompue des évêques « depuis saint Pierre, à qui le Seigneur a confié le soin de « ses brebis, jusqu'à celui qui est assis aujourd'hui dans la a chaire de cet apôtre. »
Quelle autre société peut nous présenter une succession si claire et si imposante ? Que les hérétiques nous montrent quelque chose de pareil (1); c'est le défi que Tertullien portait à tous les ennemis de l'Église, lorsqu'elle n'avait encore que deux siècles d'existence ; qu'eût-il dit, s'il avait vu une succession non interrompue de dix-huit siècles ? Comment les protestants peuvent-ils soutenir le poids accablant de cette longue chaîne de pasteurs, qui tous se sont légitimement succédé les uns aux autres? Ils ont beau prétendre qu'ils professent la véritable doctrine des apôtres, qu'ils sont la véritable Église de Jésus-Christ, nous leur répondons avec Tertullien : « Montrez-nous donc !';a rigine de vos églises; faites-nous voir la liste de vos évê-
a ques jusqu'aux apôtres Qui ôtes-vous? D'où venez-
« vous? Depuis quand êtes-vous nés ? » Qui est-ce qui étaitluthérien, avant que Luther eût iru? calviniste avant Calvin? et anglican avant Henri Vlïlî Comment Luther, Calvin et Henri VIII remonlent-ils de siècle en siècle jus= qu'aux apôtres? A qui ont-ils succédé? De quels pasteurs ont-ils tenu la place et enseigné la doctrine? Ils se sont ingérés d'eux-mêmes; ils ne viennent que d'eux-mêmes et non des apôtres ; ils ne sont donc pas Apostoliques.
(i) Confingant taie quid fcsretici. Terttd.
C'est là un argument sans réplique, avec lequel on peut confondre, en un moment, toutes les sociétés hérétiques et schismatiques. Il n'y a qu'à leur rappeler ce fait si malheureux pour elles, ce fait public et notoire de leur nouveauté, de leur scission avec l'Église catholique. Toutes, sans exception, s'en sont séparées comme la partie du tout, comme les branches du tronc, et, « la plaie que forme « cette scission, a dit Bossuet, ne se ferme pas par le « temps, et, pour peu qu'on y regarde de près, la rupture « parait toujours fraîche et sanglante (1). » Il n'est donc pas nécessaire d'entrer dans de longues discussions, pour fermer la bouche aux hérétiques; il suffit de ce seul mot de saint Augustin : « Vous n'étiez pas hier ; vous n'étiez pas hier, ni vous ni votre doctrine. » Et, tandis que l'Église catholique, en publiant sa doctrine, a pu toujours dire avec confiance : « Nous annonçons, touchant le Verbe de vie, ce qui était dès le commencement, ce que nous avons ouï de nos oreilles, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons considéré avec attention et touché de nos mains (2) ; » vous, au contraire, que pouvez-vous dire, sinon que vous annoncez ce que vous n'avez ni vu ni entendu, mais ce que vous avez imaginé ? La doctrine que vous prêchez, vous l'avez inventée ; personne ne la connaissait avant vous; elle est née de vous; et elle serait encore inconnue, si vous ne vous fussiez jamais montrés au monde. Et vos pasteurs, d'où viennent-ils? de qui tiennentils leur mission ? à qui ont-ils succédé? Il vous est impossible de répondre à ces questions. « Mais, dit saint Cyprien, b peut-il être tenu pour pasteur celui qui, ne succédant « lui-même à personne et commençant par lui, se montre a l'ennemi de la paix du Seigneur et de l'uni té divine (3)? »
(1) Bossuet, Folitiq. sacrée, 1. VII, propos, v.»
(2) I. Joan., i.
(3) D. Cypr., Epist. lxxxvi, ad Magn.
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Donc vous êtes des gens sortis hors de la droite ligne, hors de la chaîne de succession, hors de la tige de l'unité. Les vrais enfants de l'Église, la vraie postérité de Jésus-Christ va, sans discontinuer, jusqu'à l'origine de sa race.
D. Pourquoi Tappelle-t-on encore l'Église Romaine? R. Parce que l'Eglise de Rome est la mère et la maîtresse de toutes les églises.
A ces titres de catholique et d'apostolique, l'Église joint encore celui de Romaine, parce que c'est à Rome que réside le Souverain Pontife, son 'chef visible sur la terre. Saint Pierre, en établissant son siège dans cette fameuse ville, qui était alors la capitale de l'empire romain, en a fai la capitale de l'empire de Jésus-Christ sur la terre. Quelle merveille que le trône d'un pauvre pêcheur, que ce trône si faible, si obscur en apparence, se soit conservé ferme et inébranlable, pendant tant de siècles, au milieu des révolutions qui ont renversé le trône des Césars ! Mais c'est la main de Dieu qui le soutient, pour être le rempart de la foi et une colonne de lumière, qui éclaire à jamais tous les fidèles, afin de les rappeler à l'unité. Quiconque tient à cette Église romaine, mère et maîtresse des autres églises, est sûr d'appartenir au bercail de Jésus-Christ; quiconque s'en écarte n'est plus qu'un étranger et un profane.
D. Pourquoi l'Église de Rome est-elle la mère et la maltresse de toutes les églises?
R. Parce que saint Pierre , prince des apôtres et chef de rÉglise, a établi son siège à Rome, et que le Pape, évêque de Rome, est le légitime successeur de saint Pierre.
Quelques protestants ont osé nier que saint Pierre ait été jamais à Rome. Mais c'est un fait constant, attesté par toute L'antiquité chrétienne, que ce prince des apôtres s'est rendu dans cette capitale du monde, pour y prêcher l'Évangile, qu'il y a subi le martyre, et qu'il y a fondé un
siège, dont il a été le premier évêque. Les historiens nous assurent qu'il y a siégé vingt-cinq ans, c« qui toutefois ne l'empêcha pas de s'absenter de temps en temps, pour aller porter, dans d'autres contrées, la lumière de la foi. Il est honteux aux sectes protestantes d'avoir produit des hommes capables de contester un fait d'une aussi grande certitude.
En se fixant à Rome, saint Pierre y a établi le trône de la religion chrétienne. De là, ses légitimes successeurs, héritiers de sa puissance, étendent leur sollicitude sur l'Eglise universelle ; et leur voix doit être écoutée avec vénération, comme la voix de Pierre lui-même. Mais nous avons traité assez longuement ce sujet (1).
Quel bonheur pour nous d'être membres de la sainte Église catholique, apostolique et romaine, d'être les vrais enfants de Jésus-Christ ! Oh ! demeurons invinciblement attachés à la chaire de Saint-Pierre, d'où découle si abondamment la grâce et la parole de Dieu. Désormais, quand nous réciterons le symbole, ou que nous chanterons, pendant le saint sacrifice, ces paroles : Je crois la sainte Église catholique et apostolique, unam, sanctam, catholicam et aposlolicam Ecclesiam, prononçons-les avec une vive foi, un entier dévouement, et une parfaite soumission à tout ce qu'elle a bien voulu nous prescrire pour notre sanctification. Quant à nos frères séparés, faisons-leur entendre nos cris et nos gémissements. Disons-leur, avec l'accent de la charité : a Comment donc avez-vous pu abandonner votre bonne mère? Elle ne désire encore rien tant que de vous presser contre son cœur, que de vous donner part au trésor de ses grâces ; elle vous invite à vous unir à elle, en vous disant avec le Prophète : Louez le Seigneur avec moi, et glorifions son nom tous ensemble (2). » Quelle
(1) Leçon xi, instr. 5e, page 69.
(2) Lauclaie Dominum mecum et exaltemus nomen ejus in idipsam Psal. xxïui, 4,
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consolation pour elle, quelle joie pour les anges du ciel, quelle gloire pour Dieu, si tous les enfants prodigues rentraient dans la maison paternelle, si toutes les brebis égarées revenaient au bercail, et qu'il n'y eût ainsi plus qu":in troupeau, de même qu'il n'y a qu'un pasteur suprême, notre Seigneur Jésus-Christ 2 !
TRAITS HISTORIQUES
i; C'est parce que le Saint-Siège Apostolique est le plus ferme soutien de l'Église et le fondement indispensable de la foi, qu'il est continuellement en butte aux attaques de l'incrédulité. Que n'a-t-elle pas fait pour le renverser? Aux jours néfastes de la révolution française, elle parut s'asseoir victorieuse sur les débris des croix renversées, et un incrédule de ces temps disait, avec une sorte de triomphe : Gardez bien votre Pape, car vous n'en aurez pas d'autre. Jamais prophétie ne fut plus visiblement démentie. La manière dont Pie VII monta sur le trône pontifical est remarquable. Dieu ayant appelé à lui Pie VI, dont la mémoire durera autant que la religion, dont il fut le héros et le martyr, avec quelle consolation on le vit revivre dans Pie VII, son successeur! Et, afin que ce grand événement portât le caractère d'une puissance surnaturelle, ce furent des protestants et des schismatiques, les Russes et les Anglais, qui relevèrent la chaire pontificale. Dieu appela du Nord les libérateurs du Midi. Il choisit le protecteur héréditaire de l'Église grecque, pour devenir le défenseur de l'Église romaine; il lui ordonna de changer la face de l'Italie, d'écarter tous les obstacles, et de préparer toutes les voies, pour qu'un nouveau conclave pût s'assembler paisiblement, régulièrement, et sans offrir l'apparence ni même le prétexte de la plus légère division. Venise devient l'asile du sacré collège; tous les vœux des catholiques sont remplis : Pie VII est proclamé et commence un pontificat, qui devait être si orageux. Ainsi, dans ces moments criliques, la divine Providence raffermit les fondements de la religion catholique, en ne souffrant pas que la succession des pontifes de l'Église romaine fût interrompue, ou qu'une religion schismatique déchirât la catholicité.
Lettre de Monseigneur l'évéque d'Alais à ses vie. gén., 1802.
2. Dans une guerre d'invasion, tout homme est soldat; quand la foi est attaquée, tout chrétien est apologiste. Quiconque osait dire une parole contre la foi catholique en présence d'O'Connell, était 3Ûr
l§j|| ONZIÈME LEÇON.
d'être écrasé par le tonnerre de sa voix, par l'abondance de son érudition, par les coups pénétrants de son ironie. Un jour, un essaim de biblistes, tenus tout exprès de Londres pour inoculer un nouveau protestantisme en Irlande, se répandaient en violentes invectives, en iajures grossières, en sarcasmes sacrilèges contre tout ce qu'il y a de plus auguste et de plus vénérable dans l'Église catholique. Mai» voi«i qu'à l'improviste apparaît la grande figure d'O'Connell, qui, comme un spectre, vient glacer d'effroi tous ces tristes prédicateurs. En cette grande circonstance, la parole d'O'Connell n'est plus la parole d'un homme de loi, mais d'un docteur; ce n'est plus un avocat, habitué à respirer l'air tumultueux du barreau, c'est un Antoine, un Athanase sorti de sa solitude ou de sa méditation au pied du cruciâxl Chacune de ses pensées est un éclair, chacune de ses paroles un trait, chacun de ses arguments un coup mortel. Non, jamais les quatre grands caractères de la véritable Église ne furent démontrés par des preuves plus solides, une exposition plus grandiose, et avec une diction plus chaleureuse. Non, jamais l'origine honteuse de la réforme, l'humeur sauvage de son auteur, les dérèglements de ses apôtres, les blasphèmes, les contradictions de sa doctrine, la bassesse de ses manoeuvres, l'hypocrisie de ses promesses, la turpitude de ses intentions, l'injustice de ses rapines, la cruauté de ses massas ère*, l'horreur de ses sacrilèges, les maux immenses qu'elle a accumulés sur les plus belles contrées de l'Europe; jamais, non jamais toutes ces choses ne furent dépeintes avec des couleurs plus vivesune touche plus vigoureuse, une telle abondance d'images, une logique plus puissante, et un plus magnifique langage. 11 est impossible de décrire l'effet produit par cette harangue fameuse ; qu'il nous suffise dédire que les eoryphées de l'erreur, confondus, défaits, réduit, »u silence, la honte au front, le dépit et la rage au cœur, reprirent de nuit la route qu'ils avaient faite la veille, au milieu de la joie sincère des catholiques, de la confusion des protestants et des rires de tous. Ventura.
Tandis que le protestantisme tombe de toutes parts en dissolution, on dirait que de nouveaux jours de bonheur et de gloire se préparent pour le catholicisme, et qu'en vertu d'un décret providentiel, notre siècle a la mission de réparer toutes les pertes que l'esprit de •ecte et d'impiété a fait subir, depuis trois cents ans, à l'Église catholique. Nous pourrions dresser une longue liste d'hommes éminents, prince-», seigneurs, philosophes, savants, militaires, littérateurs, pu- •licistes et poètes qui, en ces derniers temps, ont abandonné les "Wries de l'erreur, pour rentrer dans le sein de l'unité catholique, apostolique et romaine. Nous nous bornerons à citer deux personnages célèbres, que nous choisissons parmi les sommités de la science
APOSTOLICITE DE L EGLISE. 133
comme les plus dignes représentants du mouvement religieux, l'un en Allemagne et l'autre en Angleterre, Hurter et Newman.
Frédéric Hurter, le savant auteur de l'histoire du pape Innocent III et de plusieurs autres ouvrages remarquables, ancien président du consistoire de Schaffouse, avait manifesté, dès sa jeunesse, un sens droit et un jugement exquis, qui ne lui permettaient pas de concilier l'unité de la vérité chrétienne et son droit de souveraineté sur les intelligences, avec le prétendu affranchissement de la raison; et le rationalisme religieux n'avait jamais pu trouver grâce devant la sévérité précoce de ses principes philosophiques. Mais il y avait bien loin de là à sa conversion au catholicisme, et ce n'est qu'à la suite de longues éludes, ot par un concours admirable de circonstances, qu'il s'est détaché de l'erreur. Après avoir occupé les plus hautes position» dans l'Église protestante, il se démit de toutes les places qu'il occupait, afin de se livrer avec plus de loisir à ses recherches historiques. Dans un voyage qu'il fit à Paris, il éprouva le plus vif étonnement de voir nos hommes d'Étal les plus éminents, nos professeurs, nos journalistes les plus connus, se faire les champions de doctrines destructives de toute religion et de toute liberté. Il fut indigné, à la vue de ce complot formé et exécuté tous les jours contre l'Eglise, en faveur de préjugés contraires au bon sens et à la raison, et au profit de passions mauvaises.
Au mois de juillet 1843, Hurter quitta Paris pour la Suisse, avec l'intention de se rendre prochainement à Rome. Déjà bien des âmes pieuses demandaient au ciel son retour ; un de ses amis l'avait même recommandé aux prières de l'archiconfrérie pour la conversion des pécheurs. Arrivé à Pavie, il fut inspiré par le plus vif désir de contempler les reliques de saint Augustin, et, devant le corps de ce grand saint, il sentit comme l'éclat d'une lumière surnaturelle dissipant les nuages qui lui cachaient encore la vérité. Ce n'était là qu'une préparation. Après un court séjour à Rome, Hurter allait en sortir, sans prendre une résolution définitive. Il désira être présenté au Souverain Pontife, qui lui adressa ces mots : J'espère que vous serez mon fils. — Un jour, répondit-il. Cependant, après la nuit qui suivit l'audience du Saint-Père, il courut trouver un de ses amis et lui dit: Je suis résolu, faites-mot le plaisir d'aller chez le Saint-Père, demain dez-lui ses ordres pour mon abjuration, et que ce soit le plus tôt possible. Le 2V juin 1844, jour delà fête de saint Louis de Gonzague, Hurter reçut le baptême et la confirmation, dans la chambre occupée autrefois par cet angélique jeune homms; iJ descendit ensuite dans l'église de Saint-Ignace, et fut admis, pour la première fois, k la table sainte. Depuis sa conversion, ses compatriotes protestants n'ont cessé de lui susciter toute sorte de persécutions; ce qui ne l'en>
pêche pas de bénir le Seigneur, pour la grande miséricorde dont il a usé à son égard. De Saint-Chéron.
En Angleterre surtout, les hommes les plus éminents par les qualités do l'esprit, et les plus savants dans les diverses branehes de la science religieuse, rendent hommage à la vérité catholique, et il ne ge passe pas de semaine, sans que les journaux nous rapportent le récit de plusieurs conversions nouvelles. Une entre autres, qui a produit la plus grande impression sur le clergé anglican et dans tout le monde chrétien, est celle de M. Newman, célèbre théologien d'Oxford, aussi savant qu'écrivain distingué, qui a fait son abjuration le 9 octobre 1845, et a reçu le 10 au matin, pour la première fois, la sainte communion de la main d'un prêtre catholique. Imbu d'abord des plus forts préjugés contre l'Église catholique, il avait écrit que c'était une Eglise perdue; que Rome est hérétique; qu'elle avait apostasie, à l'époque du concile de Trente ; quela communiera romaine s'était liée à perpétuité à la cause de l'Antéchrist ; qu'on devait la fuir comme une pestilence, etc. Mais voici qu'après de longues années de recherches et d'études, il a commencé par rétracter toutes ces déclamations qu'il a traitées lui-même d'insensées, et il a fini par reconnaître que la communion romaine est la seule où l'on puisse trouver la vérité, la grâce et le salut. A son exemple, une foule d'intelligences d'élite sont rentrées dans l'unité de la foi. On a compté que le nombre de conversions, qui se faisaient chaque année dans la seule ville de Londres, était de quatre à cinq cents. Ce qui nous frappe surtout, ce qui nous fait apprécier la portée de ces conversions si numbreuses, c'est qu'elles sont le fruit de la conviction la plus intime; c'est que ceux qui passent du culte protestant au culte catholique sont tous des hommes du caractère le plus honorable ; c'est que le plus souvent ils ne peuvent changer de religion qu'au préjudice de leurs intérêts, matériels. Car plusieurs des ministres anglicans, qui sont venus à nous, n'avaient d'autre ressource que les revenus de leur ministère, et ils ont été obligés de renoncer à des richesses assurées, pour se jeter dans les bras de la Providence, eux, leurs femmes et leurs enfants. Dans l'impuissance de combattre cette générosité, un journ :• 1 protestant d'Angleterre taxe de folie les sacrifices qu'ont faits AL j\"ev,man et ses amis.
Puisse ce mouvement religieux s'étendre de plus en plus dan la Grande-Bretagne; puisse ce royaume, où la piété était autrefois si florissante, redevenir l'Ile des Saints. Faisons monter à cette intention nos humbles supplications vers le trône de la miséricorde, et surtout n'oublions pas la belle et touchante invitation que nous a faite, à ce sujet, notre illustre et bien-aimé Pontife. N'oublions pas « que « nous avons nous-mêmes, dans les limites de ce grand et beau dio-
« cèse, des frères abusés, qu'un mouvement d'erreur a fait depuis < longtemps sortir du commun bercail. En priant pour les étrangers, « prions aussi pour les enfants indociles, mais chéris, de notre prot pre troupeau. Qui sait si notre zèle à répondre aux sollicitations qui « nous sont faites pour l'Église de ce grand royaume, notre émule, « ne nous vaudra pas des grâces d'illumination et de conversion « pour les portions non catholiques de l'Aveyron, où il nous serait * si doux, à nous comme à vous, de ne rencontrer que des enfants t soumis de Jésus-Christ et de son Église, et des domestiaues de la
9 foi. > Fiat, fiât.