‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 5)Chapitre 8 sur 39 · DE LA COMMUNION CES SAINTS ET DE LA REMISSION DES PÉC · texte numérisé non relu

DE LA COMMUNION CES SAINTS ET DE LA REMISSION DES PÉC

PREMIERE INSTRUCTION

Communion des Saints. — Comparaisons qui nous en donnent une idée. — Conditions pour y avoir part. — Doux rapports entre les Fidèles de la terre, les Saints du oiel et les Ames du purgatoire.

D. Qu'entendez-vous parla Communion des Saints?

R. J'entends que les biens spirituels de l'Église sont communs entre les fidèles, et qu'ils participent aux prières et aux bonnes œuvres les uns des autres.

Après avoir expliqué en détail l'origine, la constitution et les principaux caractères de l'Eglise, il nous reste actuellement à parler de ses richesses spirituelles et des trésors de grâce renfermés dans son sein, et qu'elle nous communique avec une si abondante largesse. C'est ce que nous appelons la Communion des Saints ; elle ne fait dans le

symbole qu'un seul et même article avec l'Eglise, parce qu'elle appartient à son essence.

Le mot de Communion, qui n'est autre chose que union tommune, signifie en général la société de plusieurs personnes unies entre elles par les mêmes principes ou les mêmes intérêts. Ici, nous entendons spécialement par ce mot l'union intime de tous les membres de la véritable Église, qui ne font qu'un seul corps avec Jésus-Christ, leur chef. « Nous sommes tous, dit saint Paul, un seul corps et membres l'un de l'autre (1). » Et ailleurs, il ajoute : a Qu'il n'y ait point de division dans ce corps, mais que les membres aient soin l'un de l'autre (2). » Par où nous voyons qu'il ne faut pas confondre la Communion des Saints avec la communion eucharistique, qui est l'union individuelle de notre âme avec Jésus-Christ, sous les espèces sacramentelles, tandis que la Communion des Saints embrasse tous les membres de l'Eglise, qui sont unis entre eux par les liens de la foi et de l'amour.

C'est un article fondamental de notre croyance, que tout est commun dans l'Église, prières, bonnes œuvres, grâces, mérites, etc. Nous avons tous les mêmes biens spirituels à notre disposition, le même soleil de justice qui nous éclaire, le même Esprit qui nous sanctifie, le même trésor où nous avons tous un égal droit de puiser, et qui se compose de l'inépuisable bonté de notre Dieu et des grâces infinies, dont l'Église est dépositaire et que Jésus- Christ lui a léguées connue sa dot et son héritage. Biens immenses, inappréciables, communs à tous, et cependant propres à chacun ; biens mille fois au-dessus des richesses de la terre, qui ne peuvent se communiquer qu'en se divisant, et qui diminuent, par conséquent, à mesure qu'elles se communiquent, tandis que les trésors de la grâce,, bien

(1) Rom., xh, 5.

(2) I. Cor., xn, 25.

communion des saints. 137

loin de souffrir la moindre diminution, augmentent, au contraire, en se communiquant, et chacun peut y prendre part comme à la chaleur et à la lumière du soleil, sans que son avantage particulier préjudicie, le moins du monde, à l'avantage des autres.

Biens tellement communs à tous les fidèles, que le bien de l'un d'entre eux est le bien de tous. Et, pour mieux comprendre ceci, voyez ce qui se passe dans le corps humain : aucun de ses membres n'existe et ne travaille pour lui seul; tous se correspondent, s'entr'aident, et le bien de chacun influe sur celui des autres. Ainsi l'œil n'y voit pas seulement pour lui-même, mais il sert à diriger les mains et les pieds ; les pieds marchent pour l'utilité des yeux et selon le besoin général ; et la nourriture, que la main porte à la bouche, donne de la force et de l'accroissement à tout le corps. Telle et plus parfaite encore est l'harmonie du corps de l'Eglise. Les grâces que chacun y reçoit, selon les fonctions qu'il occupe et les bonnes œuvres qu'il fait, ne profitent pas seulement à lui-même, mais à tout le corps de l'Eglise. Si, par exemple, je prie, ce n'est pas pour moi seul que je prie, mais pour toute l'Église; et, si je n'ose compter sur ma prière, ordinairement si froide et si défectueuse, je sens ma confiance se ranimer, en pensant qu'elle est unie à celles de tant d'âmes justes et agréables à Dieu, et que leur force et leur ferveur pourra ainsi suppléer à ma faiblesse. Si je fais quelque bonne œuvre, le fruit n'en sera pas uniquement pour moi, mes frères en Jésus-Christ y auront aussi leur part ; et, d'un autre côté, mes bonnes œuvres étant unies à celles de tous les saints, aux austérités, aux veilles, aux macérations de tant d'âmes innocentes, il en résulte que je m'enrichis, à mon tour, de leurs mérites, parce que l'abondance des uns vient au secours de la pauvreté et de l'indigence des autres.

Autre comparaison qui nous donne une excellente idée de la Communion des Saints.

L'Eglise est comme un champ, où chacun sème, travaille, moissonne, amasse, mais où la récolte est une propriété commune, à laquelle personne n'a un droit exclusif. Chacun a sa part de la moisson, comme il a eu part à la culture. Plus la semence a été abondante et le travail actif, plus la moisson commune est productive, et plus chaque quote-part est précieuse et abondante. Les bonnes œuvres sont la semence jetée dans le champ commun de l'Église ; elles y fructifient, à la fois, pour celui qui les fait et pour la communauté tout entière l.

Mais pourquoi cette Communion de biens spirituels estelle appelée la Communion des Saints? Est-ce que tous les membres de l'Église sont saints?

Nous l'appelons ainsi, avec juste raison, parce qu'elle nous met en relation : 1° avec les Bienheureux qui sont au ciel et auxquels convient parfaitement le nom de saints, puisque leur sainteté est arrivée à sa consommation dans la gloire éternelle, et qu'ils n'ont plus à craindre d'en déchoir. — 2° Avec les justes qui souffrent en purgatoire. On ne peut leur contester le nom de saints, qu'ils ont si bien conquis par leurs vertus, et, quoiqu'il leur reste encore quelques traces du péché à effacer, il n'en est pas moins vrai qu'ils sont morts dans la grâce et l'amour de Dieu ; et, si leur sainteté n'a pas encore reçu sa récompense, ils savent que la couronne promise à leur piété ne peut leur échapper, et ils attendent, avec une vive confiance, le jour qui les mettra en possession de la gloire et du bonheur.

Quant aux membres de l'Église qui vivent encore sur la terre, il serait bien à désirer que tous fussent saints; mais hélas ! on en voit, et en trop grand nombre, dont la conduite est en opposition avec l'Évangile, et qui déshonorent par leurs vices le corps auguste auquel ils appartiennent, et le titre sacré de chrétien qu'ils portent. Cependant, no nobstant le mélange des bons et des méchants, nous don-

nons le titre de saints à tous les membres de l'Église, à l'exemple des apôtres, qui appelaient ainsi indistinctement tous les fidèles. Nous voyons, en effet, que, lorsqu'ils écrivaient aux diverses églises, ils mettaient en tête de leurs épîtres : Aux Saints de l'église de Rome, aux Saints de Corinthe, d'Ëphèse, etc., voulant ainsi marquer que, si tous les chrétiens ne sont pas saints par la disposition de leur cœur, tous le sont néanmoins par l'excellence de leur vocation, par l'engagement qu'ils ont pris d'imiter Jésus- Christ; d'ailleurs, les plus pervertis d'entre eux peuvent, quand ils voudront, recouvrer l'éclat de leur innocence et arriver à la sainteté. Mais, au reste, quels que soient leurs désordres, l'Église est toujours, comme le dit saint Pierre, une race choisie, une nation sainte, une société de saints, parce que Jésus-Christ l'a sanctifiée par son sang.

Une observation importante à faire ici, c'est que, pnrmi ceux qui vivent dans la communion de l'Église, tous ne participent pas également à la Communion des Saints. On ne peut y avoir une part pleine et entière, qu'autant qu'on participe à l'Esprit de Dieu, à l'Esprit de Jésus-Christ, qui fait la vie et l'âme de l'Église, c'est-à-dire qu'autant que Ton est dans la grâce et la charité. Ceux qui se trouvent en état de péché sont des membres monstrueux, des membres morts; ils font la honte et la douleur de l'Église, et ne peuvent avoir part au mérite de ses bonnes œuvres ; car les avantages du corps ne se communiquent qu'aux membres vivants; la sève, qui découle du tronc, ne s'étend point jusqu'aux branches mortes. Tant que les pécheurs persévèrent dans leur iniquité, ils sont comme ces malheureuses montagnes de Gelboé, qui demeurent sèches et arides, pendant qu'autour d'elles tout est inondé de pluie. Sans la charité, point d'union véritable avec Dieu ni avec les saints ; et quelle société, en effet, peut-il y avoir entre la justice et l'injustice, entre la lumière et les ténèbres,

entre Jésus-Christ et Bélial (1)? Quel rapport peut-il y avoir entre l'incrédulité d'un cœur libertin et la foi des patriarches, entre un esprit lâche et indifférent et le courage des martyrs, entre la mollesse d'une vie sensuelle et la pureté des vierges chrétiennes? Tout l'avantage que les pécheurs retirent de la Communion des Saints, c'est que, tenant encore extérieurement au corps de l'Église, quoiqu'ils n'appartiennent pas à son âme par le lien intérieur de la charité, ils sont cependant plus près de la vie que ceux qui en sont totalement retranchés. L'Eglise les regarde toujours comme ses enfants, et s'efforce, par ses prières, ses larmes, ses gémissements, ses sacrifices, de les rappeler à de meilleures voies. Ils peuvent avoir recours aux sacrements, profiter de l'auguste sacrifice de nos autels, de la prédication de l'Évangile ; ils ont mille moyens d'effacer de leur cœur le péché, qui les empêche d'être unis à Dieu; et, cet obstacle une fois levé, ils deviennent les membres vivants de Jésus-Christ et de son Église, et recouvrent tous leurs droits à la Communion des Saints.

Ceux qui sont entièrement séparés du corps de l'Église ressemblent à des branches coupées qui, ne tenant plus à l'arbre, ne peuvent porter ni feuilles, ni fleurs, ni fruits. Placés dans une région de mort, livrés à Satan, ils ont rompu tout commerce avec le divin Sauveur, et sont, par conséquent, entièrement hors de la voie du salut. Tels sont les apostats, les hérétiques, les schismatiques, les excommuniés.

Ie On appelle apostats ou renégats ceux qui quittent la foi catholique pour embrasser une religion fausse ; crime horrible dont se rendit coupable l'empereur Julien, auquel !e nom d'apostat est resté comme une éternelle flétrissure. Malheur à ces abominables déserteurs de l'Évangile, qui préfèrent les ténèbres et les folies de l'infidélité au culte

(1) Qaœ autem conventio Christi ad BelialP II. Cor., vi, 14.

pur et saint du Seigneur ! Ils subiront un terrible jugement de la part de celui qui a dit : a Si quelqu'un me renie devant les hommes, je le renierai devant mon Père (1). »

2° On appelle hérétiques les sectateurs ou défenseurs d'une doctrine condamnée par l'Église. Renversant l'ordre établi par Jésus-Christ, ils préfèrent leur sens privé, leur jugement particulier à l'enseignement des pasteurs légitimes; ils veulent se faire à eux-mêmes leur foi, leur religion, prendre ou laisser de la doctrine ce qui leur convient; hommes orgueilleux, entêtés de leurs erreurs, qui se prétendent plus éclairés qne toute l'Église ensemble. Saint Paul a dit : « Évitez un hérétique, après l'avoir repris une ou deux fois, sachant qu'un tel homme est pervers, qu'il pèche et qu'il est condamné par son propre jugement (2). »

3° Les schismatiques sont ceux qui, sans altérer la foi, se séparent de l'Église catholique et forment un troupeau à part. Tous les hérétiques sont aussi schismatiques ; mais on peut être schismatique sans être hérétique, car on peut garder intact le dépôt de la foi et croire toutes les vérités révélées, tout en se révoltant contre l'autorité légitime, a Les hérétiques, dit saint Augustin, violent la foi parleur obstination à suivre l'erreur; les schismatiques violent la charité par l'injustice de leurs discussions. » Ni les uns ni les autres n'appartiennent à l'Église ; enfants impies, ils méprisent leur mère et foulent aux pieds ses lois. Et quelle injure ne font-ils pas à Jésus-Christ? Nous avons horreur des bourreaux, qui ont porté leurs mains sur le corps sacré de notre divin Rédempteur ; mais ceux qui déchirent son Église ne lui font pas moins d'outrage, et sont aussi coupables à son égard, car il chérit beaucoup

(1) Qui autem negaverit me coram hominibus, negabo et ego eum coram Paire meo. Math., x, 33.

(2) Tit.. m, 10.

plus son corps mystique que le corps naturel qu'il a sacrifié pour nous. Tous les schismatiques sont hors de la voie du salut; sarments détachés de la tige, ils ne sont bons que pour le feu. Qu'ils cessent donc de se glorifier du nom de chrétien; car, ayant brisé les liens de la charité et de l'unité, ils ne sont plus du bercail de Jésus-Christ, et n'ont d'autre sort à attendre que celui qui est réservé aux païens et aux publicains.

4° On appelle excommuniés ceux que l'Église, en punition de quelque grand crime, a retranchés de son sein, comme des membres gangrenés, capables de communiquer aux autres leur corruption. Enfants disgraciés, ils ne s'assoient plus à la table du Père de famille ; ils sont privés de la participation aux sacrements, aux prières publiques ; ils n'ont aucun droit aux œuvres de piété qui se font dans l'Église, ni aux honneurs que cette bonne mère rend aux fidèles après leur mort. L'Église les traite ainsi, afin qu'ils aient horreur d'eux-mêmes, qu'ils sentent plus vivement l'énormité de leurs crimes, et que, se voyant dans un état si déplorable, ils se hâtent d'en sortir par une sincère pénitence. Une fois qu'ils seront convertis, l'Église leur ouvrira de nouveau tous ses trésors.

D. La Communion des Saints s' étend-elle j usqu'au ciel et au purgatoire ?

R. Oui, les Saints, qui sont dans le ciel, peuvent nous aider par leurs prières, et nous po vons aider les âmes du purgatoire par les nôtres.

Étant unis avec Jésus-Christ, notre divin chef, nous le sommes par là même avec tous ses membres ; société admirable qui met l'Église de la terre en rapport avec les Saints du paradis et avec les Saints du purgatoire ! Il se fait entre les habitants de ces trois Églises un heureux échange de vœux, d'hommages, de prières et de secours, de protection, de bienveillance et de charité. C'est ce qu'a-

vait figuré longtemps à l'avance cette échelle mystérieuse de Jacob, par où les anges montaient et descendaient, nous marquant par là que les citoyens du ciel sont également appliqués à nous transmettre sur la terre les ordres de Dieu, et à lui porter, jusqu'au pied de son trône, nos humbles supplications.

Nous disons donc, en premier lieu, que la Communion des Saints s'étend jusqu'au ciel, parce que les Saints, qui sont dans la gloire, peuvent nous aider par leur prières. En effet, les Saints, tant qu'ils ont vécu sur la terre, se sont toujours montrés pleins de zèle pour le salut de leurs frères. Abraham s'intéressait pour Sodome et Gomorrhe, et s'efforçait, par ses prières, de détourner la pluie de feu et de soufre qui allait consumer ces villes infâmes ; Moïse intercédait pour son peuple murrnurateur et rebelle; Aaron, l'encensoir à la main, entre les vivants et les morts, tâchait d'arrêter le cours de la colère de Dieu (1); tous les Patriarches et les Prophètes de l'ancienne loi s'entremetlaient, avec la plus grande ardeur, pour le salut d'Israël. Dans le Nouveau Testament, nous voyons saint Etienne, au milieu des horreurs de la mort, intercéder pour ses bourreaux; saintPaul prie sans cesse pour les fidèles, et les engage à prier les uns pour les autres (2) ; saint Jacques nous assure que la prière du juste est puissante (3), et nous voyons, en effet, que Dieu se plaît à exaucer les prières de ses Saints. A la prière de Job, il accorda la grâce de ses amis et pardonna leurs témérités ; aux prières de Moïse, il accorda la victoire à Josué sur Amalec; à la prière d'Elie, il fit tomber une pluie abondante sur la terre. On n'en finirait pas, s'il fallait citer tous les exemples, que nous offrent les saintes Écritures, sur l'efficacité des prières des

(1) Num., xvi, 47.

(2) Rom., i, 9. — II. Cor., H,?.

(3) Multùm valet deprecatio justi assidua. Jacob., v, 1&

Saints. Mais, si les Saints ont été, pendant leur vie, si empressés à l'égard de leurs frères, pourrions-nous croire que maintenant qu'ils sont dans la gloire et assurés de leur bonheur, ils ne daignent plus penser à nous ni s'intéresser à notre sort ? Sur la terre, leur prière avait tant d'empire sur le cœur de Dieu ; et, dans le ciel, elle ne serait d'aucun secours ! Sur la terre, ils nous aimaient et nous protégeaient, et maintenant qu'ils régnent avec Dieu, qu'ils jugent les nations, qu'ils dominent sur les peuples (1), ils auraient ou moins de bonté ou moins de pouvoir ! Que j'aime bien mieux me les représenter, avec l'Eglise catholique, comme de zélés intercesseurs, qui ne se lassent jamais de parler pour nous et qui ne parlent jamais en vain ; comme des favoris du grand Roi , qui ne puisent si libéralement dans ses trésors, que pour répandre sur nous d'abondantes largesses ! Nous avons, d'ailleurs, pour garants de notre croyance sur cet article, l'autorité des saintes Écritures et l'usage constant de l'Église.

Il n'est pas permis de douter que les anges n'intercèdent pour nous auprès de la Majesté suprême. « Je vous voyais, dit l'ange Raphaël à Tobie, lorsque vous conjuriez le Seigneur avec larmes, lorsque vous ensevelissiez les morts, lorsque vous soulagiez vos frères; et moi , j'offrais à Dieu vos prières, vos larmes, vos bonnes œuvres. » Le prophète Zacharie nous montre aussi un ange, qui prie pour Jérusalem et demande grâce pour cette ville ingrate. Or, certainement les Saints, qui ont vécu sur cette même terre que nous habitons et qui ont été soumis à toutes nos misères, n'ont pas moins de tendresse pour nous que les anges. Bien plus, débarrassés de leur enveloppe mortelle, ne sont-ils pas, comme le dit le Sauveur, de vrais anges

(I) Regnabunt cum illo. Apoc, xx, 6. — Judicabunt nationsset dominabuntur populis. Sap., m, 8.

dans le ciel (1) ? Donc ils veillent sur nous et s'intéressent à notre sanctification.

Lisez encore les livres saints; vous y verrez que le pontife Onias étend ses mains après sa mort, et prie pour le peuple juif, dont il avait été le protecteur pondant sa vie (2). 11 est aussi écrit du prophète Jérémie, après qu'il eut quitté ce monde : « Voilà celui qui aime toujours ses frères., et qui prie beaucoup pour eux et pour la ville (3) ; » texte qu'on peut également appliquer à tous les Saints, et surtout à ceux qui sont spécialement nos patrons et nos protecteurs. Que si nous ouvrons le saint Évangile, le Sauveur nous y représente un réprouvé qui, au milieu des tourments de l'enfer, est vivement inquiet sur le salut de ses frères, et demande qu'un mort aille les avertir. Oserait on dire que les Saints, dans le ciel, ont moins de charité que les damnés?

Enfin, la foi constante de l'Eglise, manifestée par le témoignage des Pères, a été, dès les temps apostoliques, que nous avons-, dans les Saints, de puissants protecteurs, qui profitent de la faveur qu'ils ont auprès de Dieu, pour écarter les fléaux prêts à fondre sur nous et pour terrasser nos ennemis; qui nous suivent de l'œil et dirigent nos pas au milieu des écueils de la vie ; qui soutiennent nos prières devant Dieu et font tous leurs efforts pour nous mettre en possession du royaume céleste. Les docteurs de l'Église sont unanimes sur ce point. Mais si les Saints, du faîte de leur grandeur, ne dédaignent pas notre bassesse, s'ils veulent bien entier en communication avec nous, et nous prêter devant Dieu le secours de leurs suffrages, Vest-il pas bien juste que nous leur adressions nos vœux et que nous leur témoignions, autant qu'il dépend de nous, notre confiance; notre respect, notre reconnaissance 2 ?

(!) Eru;'i sien! angeli Dei. Math., xxh, SO. (2) II. Mach., xv, 12.

(31 II. Mach., xv, 14.

Page 1