PRÉPARATION A LA CONFESSION
fauts et marcher fidèlement dans le chemin de la vertu, ne laissent passer aucun jour sans examiner leur conscience, et ont ainsi toujours devant Dieu leurs comptes réglés, comme ceux d'un économe exact, qui tient un journal soigneux de sa gestion. Le moment le plus favorable pour faire cet examen, c'est le soir, avant d'aller prendre son repos. Il est bon aussi, tous les dimanches, de passer quelques moments à l'église, devant le saint Tabernacle, pour repasser dans l'amertume de son cœur les péchés commis pendant la semaine, en demander pardon à Dieu, et prendre les mesures convenables, pour les éviter la semaine suivante.
D. Que faut-il faire quand on s'est suffisamment examiné? R. 11 faut s'exciter à la contrition.
Nous avons dit, en effet, que la préparation prochaine à la confession consistait, en troisième lieu :
A s'exciter à la contrition. Peut-on penser à tant de fautes qu'on a commises, sans les détester, sans déplorer le malheur que l'on a eu de se révolter contre Dieu, d'encourir sa disgrâce, de s'exposer à ses vengeances. Pour concevoir un vif regret de vos fautes, méditez sur les principaux motifs de contrition. Considérez ce qu'est Dieu et ce que vous êtes, quel père il est pour vous et quel fils vous avez été à son égard. Contemplez cette sainteté infinie que vous avez offensée, cette majesté que vous avez outragée, cette justice que vous avez bravée. Pensez aux châtiments affreux que vous avez mérités. Élevez vos yeux vers ces biens incomparables de l'éternité, qui vous étaient destinés et que vous avez perdus par votre extravagance. Enfin, jetez-vous avec confiance dans les bras de cette incompréhensible miséricorde, qui n'a cessé de vous prodiguer ses grâces, alors même que vous l'avez le plus méprisée a.
D. Comment faut-il coufesser sa confession ?
R. Après avoir fait le signe de la croix, il faut dire : Mon
père, bénissez- moi, parce que j'ai péché; et ensuite réciter le Confiteor jusqu'à meà culpâ en latin, ou en français, si on ne le sait pas en latin.
Remarquez d'abord qu'en attendant votre tour, il faut bien vous garder de parler, de rire, de regarder de côté et d'autre, de vous laisser aller en aucune manière à la dissipation. Ne vous disputez pas non plus pour passer avant les autres; il vaut mieux attendre un peu de temps, que de perdre le recueillement nécessaire pour une si sainte action. Supportez aussi patiemment Pennui, les dégoûts, le froid, qui accompagnent quelquefois ces longues attentes, vous persuadant bien que c'est là déjà une partie de votre pénitence. Vous pouvez employer le temps fort utilement, en repassant vos péchés, en vous encourageant à en faire un aveu franc et sincère, en disant à Dieu, comme le publicain : a Seigneur, soyez-moi propice, car je suis un grand pécheur ; » en méditant ces paroles de l'oraison dominicale : a Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; » en un mot, en ne négligeant rien de ce qui peut vous rendre favorable la sentence de votre juge. Enfin, le moment venu, vous allez humblement et modestement vous jeter aux pieds du ministre de Jésus-Christ. Là
1° Vous commencez par faire le signe de la croix C'est le signe sacré de notre salut, et vous l'imprimez sur vous en invoquant les trois personnes adorables de la sainte Trinité, au nom desquelles vous allez être justifié.
2° Vous implorez la bénédiction céleste par l'entremise de votre père spirituel, et vous dites : « Mon père, bénissez-moi, parce que j'ai péché. » Mon père!... oh! que ce nom est doux et touchant, et qu'il est bien capable d'exciter votre confiance ! Ce n'est pas à un exacteur rigide, à un juge inexorable, que vous vous adressez ; c'est à un tendre père, toujours enclin à l'indulgence. Quels que soient le nombre et la gravité de vos péchés, votre confesseur sera
toujours pour vous un père ; il n'oubliera jamais qu'il est à votre égard le représentant du Père des miséricordes, et qu'il doit porter en lui les entrailles de la miséricorde divine.
3° Vous récitez posément et avec attention le Confiteor jusqu'à meâ culpâ. L'Église vous met en ce moment cette prière à la bouche, afin de vous rappeler que c'est devant Dieu et toute la cour céleste que vous allez confesser vos péchés.
D. Après le Confiteor, que faut-il dire?
R. Il faut dire le temps qu'il y a depuis sa dernière confession, si on a accompli la pénitence, et déclarer ensuite ses péchés.
Reprenons chacune de ces circonstances. Il faut
4° Dire le temps qu'il y a depuis la dernière confession, et cela pour deux raisons : 1° afin que le confesseur puisse juger de votre négligence ou de votre exactitude à vous confesser; 2° afin qu'il lui soit plus facile de juger du nombre de vos fautes, de la fréquence de vos rechutes, quand vous lui direz, par exemple : J'ai commis tel péché tant de fois par jour, par semaine, ou par mois.
2° Déclarer si on a reçu l'absolution, la dernière fois qu'on s'est confessé. Il est nécessaire que votre confesseuF sache en quel état, lui, ou un autre, vous a laissé. Si on vous a refusé l'absolution et que vous changiez de confesseur, vous êtes obligé de redire à celui auquel vous vous adressez en dernier lieu, tous les péchés mortels, dont vous vous êtes accusé au confesseur précédent. Car votre nouveau confesseur ne peut vous absoudre des péchés, que \ous avez déclarés à un autre et qu'il ne connaît pas.
3° Dire si on a accompli la pénitence. Si vous l'avez négligée, c'est une faute, dont il faut tout d'abord vous accuser. Cette négligence peut faire suspecter la sincérité de vos résolutions. Si vous vous rappelez quelques péchés oubliés à. votre confession précédente, c'est encore ici le
moment de vous en accuser, car ils ne vous ont été remis qu'à la condition expresse que vous vous en confesseriez, à la première occasion.
4° Enfin déclarer ses péchés, et cela avec la plus grande sincérité, et sans s'arrêter, comme le font certains, à chaque Jnot On doit continuer sa confession sans interruption, afin de ne pas perdre inutilement un temps précieux.
D. Quand la déclaration des péchés est finie, que doit faire le pénitent?
R. 11 doit dire :Je m'accuse généralement de tous les péchés que je pourrais avoir commis, et dout je ne me souviens pas ; j'en demande pardon à Dieu, et à vous, mon père, pénitence et absolution. Ensuite il faut achever le Confileor.
Faites attention à ces derniers mots, pour ne pas les confondre. Vous demandez pardon à Dieu, parce que c'est Dieu que vous avez offensé. Quant au confesseur, vous lui demandez pénitence et absolution, parce que c'est lui qui est le ministre de la réconciliation. Vous demandez l'absolution, si vous vous êtes préparé à la recevoir, mais toujours avec la plus grande déférence à la décision de votre confesseur, le laissant prononcer en toute liberté ce qu'il croira devoir être le plus avantageux au salut de votre âme. Vouloir extorquer, à force de raisons, une absolution à son confesseur, c'est montrer par là même qu'on en est indigne. Soyez bien persuadé qu'il est plus doux aux prêtres d'accorder que de refuser ou de différer l'absolution; mais, s'ils l'accordaient mal à propos, ils seraient plutôt les bourreaux que les médecins des âmes.
Ce n'est qu'après avoir fini le dénombrement de ses fautes qu'on reprend le Confiteor, à l'endroit où on l'a laissé, c'est-à-dire au meâ culpâ ; et, à ces mots, on se frappe la poitrine. Ce geste, qu'on fait le plus souvent machinalement, doit être un signe expressif d'une véritable contrition. La violence de la douleur devrait, en quelque sorte, briser ce cœur qu'on frappe à coups redoublés. Dans
la dernière partie du Confiteor, nous conjurons la V Marie, les saints apôtres, les anges, les saints, et notre père spirituel, qui a entendu l'histoire déplorable de nos égarements, d'intercéder pour nous auprès de la justice divine.
D. Le pénitent n'a-t-il plus rien à faire?
R.Non, mais il doit écouter avec beaucoup d'attention les avertissements que le confesseur lui donne, et recevoir avec soumission la pénitence qu'il lui impose.
Le confesseur parle au nom de Dieu; recevez ses avertissements avec la plus grande docilité. S'il vous interroge, comme quelquefois c'est nécessaire, répondez en toute franchise. Regardez-vous comme un pauvre aveugle, qui s'est tant de fois égaré et qui a besoin de conseils, pour ne pas s'égarer encore. Votre obéissance doit être simple et prompte, comme celle de Saùl, qui, renversé sur le chemin de Damas, dit, au moment de sa conversion : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? »
Pendant que le confesseur vous parle, ne vous occupez plus de vos péchés; ne l'interrompez pas, pour vous accuser de ceux qui vous reviendraient à la mémoire ; mais attendez qu'il ait fini son exhortation.
Il est des personnes qui trouvent toujours que la morale qu'on leur fait est trop courte. Qu'elles sachent bien qu'autre chose est le tribunal de la Pénitence, et autre chose la chaire d'où l'on annonce les vérités du salut. Pour remplir sa triple fonction de juge, de médecin et de guide spirituel, le confesseur n'a pas besoin de longs discours.
Il faut recevoir avec soumission la pénitence qui est imposée. Nous avons vu qu'elle est nécessaire pour l'intégrité du sacrement, comme le bras l'est pour l'intégrité du corps humain; voilà pourquoi le confesseur ne peut se dispenser de l'imposer. Et quel est le pécheur qui refuserait de s'y soumettre, pour peu qu'il pense à ce que le Saint des saints a souffert pour l'expiation des crimes des hommes ? Qui
oserait refuser de prendre quelques gouttes de ce calice, que le divin Sauveur a épuisé jusqu'à la lie?
D. Que doit faire le pénitent, quand le confesseur lui donne l'absolution?
R. Il doit la recevoir comme une grâce qu'il ne méritait pas, la tête baissée et le corps courbé, faisant de tout son cœur un acte de contrition.
C'est Theureux moment où vos chaînes sont brisées, où le sang de Jésus-Christ coule sur votre âme pour la purifier.
Le prêtre lève la main sur votre tête, en signe de l'autorité qu'il exerce sur votre âme ; et il prononce les paroles sacrées, qui font descendre sur vous les miséricordes célestes. Voilà donc que vous redevenez l'ami de Dieu, l'enfant de Dieu; le ciel se rouvre pour vous. Oh ! quel bonheur! oh ! quelle joie ! Mais cette grâce si grande, si inappréciable, la méritez-vous? Non, sans doute, puisqu'il ne dépendait que de Dieu de vous rejeter de devant sa face. Vous devez donc la recevoir la tête baissée, le corps courue, avec toutes les démonstrations extérieures de respect, d'humilité, de reconnaissance, comme un criminel, qui, tremblant entre la vie et la mort, s'incline devant le juge qui va prononcer sur son sort, et le conjure d'user d'indulgence.
Vous devez aussi, à ce moment solennel, vous recueillir de votre mieux, pour réciter posément, dévotement, votre actt de contrition. Car, vous le savez, c'est la contrition oui décide de tout, qui rend favorable ou funeste la sentence que le prêtre prononce.
Oh ! qu'ils sont à plaindre ceux qui n'apportent pas à ce sacrement réparateur les dispositions convenables! Tandis que le prêtre, qui ne peut juger que par l'extérieur, qui n'a que des yeux de chair, dit : « Ego te absolvo, moi, je vous absous, » Jésus-Christ, qui perce les replis des consciences, qui voit toute leur malice ; Jésus-Christ, qui a tant de fois maudit les hypocrites, les cœurs doubles, les
imposteurs, dit de sa voix la plus terrible : « Et moi, pécheur sacrilège, moi. je vous condamne. »
D. Que doit faire le pénitent, après être sorti du confessionnal?
R. Il doit remercier Dieu de la grâce qu'il vient de recevoir et prendre une nouvelle résolution et les mesures convenables pour ne plus pécher.
Sortez du tribunal, le cœur plein de joie, d'amour et de reconnaissance. Le Seigneur a guéri votre âme, il a rompu les liens de votre esclavage ; il est bien juste que vous lui offriez un sacrifice de louange. Allez vous prosterner devant lui, et méditez, pendant quelques instants, sur le merveilleux changement qui s'est opéré en vous. Vous voilà réconcilié avec Dieu, en paix avec lui ; vous voilà délivré de Fenfer et du joug du démon. Et, après cette heureuse réconciliation, comment pourriez-vous à l'avenir ne pas être fidèle au Seigneur? Entendez-le qui vous dit du fond de votre cœur, où il s'est établi comme
sur son trône : a Voilà que vous avez été guéri Allez
en paix ; ne péchez plus (1). » Détestez donc de nouveau vos péchés; renouvelez vos promesses et vos résolutions ; dites, comme autrefois le saint roi David : « Oui, je l'ai résolu, oui, je l'ai juré, j'observerai désormais inviolablement la loi du Seigneur (2). »
Voulez-vous avoir votre âme entièrement pure et la conscience parfaitement tranquille , faites chacune de vos confessions, comme si elle devait être la dernière de votre vie 8.
TRAITS HISTORIQUES
I. Aimez la Confession, écrivait saint Bernard; c'est elle ^ui rend aimable aux yeux de Dieu, quand on la fait avec une vive douleur
(1) Ecce sanus factus es... Vade in pace; jam ampliùs noli peccàre. Joan., vin, il.
(2) Juravi et stalui custodire judicia justitiae tuae. Ps. cxvm, 106.
de ses péchés ; aimez la Confession, si vous aimez la beauté de votre âme.
Saint Augustin avait dit à ce sujet : c Voulez-vous exceller en beauté, confessez-vous ; êtes-vous difforme, confessez-vous pour devenir beau ; êtes-vous pécheur, confessez-vous pour devenir juste.
Un homme qui, pendant plusieurs années, avait vécu dans le désordre, se rendit dans un monastère, pour embrasser la vie religieuse. Le supérieur, pour l'éprouver, lui dit: « Je désire que vous fass;ez une Confession publique de vos péchés. » Cet homme, qui était touché d'un véritable repentir de ses fautes, répondit qu'il était prêt à faire tout ce qu'on lui dfmanderait ; il confessa donc ses crimes, en présence de tous les frères du monastère. Pendant qu'il «humiliait ainsi devant Dieu et devant les hommes, un des religieux aperçut un homme, dont le regard était redoutable, qui avait à la main un livre et une plume avec laquelle il effaçait les péchés qui étaient écrits dans ce livre, à mesure que le pénitent les confessait. C'est ce qui arrive toutes les fois qu'un pécheur reçoit le sacrement de Pénitence avec de bonnes dispositions, et c'est ainsi que se vérifient ces paroles du Prophete-Roi: « Mon Dieu, je porterai témoignage contre moi-même, en confessant mes péchés, et vous me pardonnerez l'iniquité de mon cœur. » Saint Jean Climaq.
Saint François de Sales avait une si grande tendresse pour les grands pécheurs, qu'il disait quelquefois: «J'aime les hommes méchants ; il n'y a que Dieu qui les aime plus que moi. » Il saisissait toulesles occasions de travaillera les convertir. C'était pour lui une source de joie de les voir venir se prosterner à ses pieds, pour lui faire l'aveu de leurs iniquités.
Il pleurait sur eux, vivement touché du déplorable état de leur âme. Rarement ils résistaient à ses exhortations, toujours accompagnées de l'onction de la grâce, qu'il attirait sur eux par ses ferventes prières.
2. Benoît-Joseph recommandait à ceux à qui il parlait, de se confesser souvent, el il ajoutait presque toujours alors : Mais il faut faire de bonnes confessions ; car une multitude de chrétiens se précipitent dans l'enfer, parce qu'ils ne font pas de bonnes confessions. Parmi les pécheurs qui se confessent, il y en a do trois sortes : il y a de vrais pénitents, des pénitents imparfaits, et de faux pénitents. Au sortir du confessionnal, ils se divisent et forment comme trois processions, dont chacune prend un chemin bien différent. La première procession est composée de vrais pénitents, c'est-à-dire de ceux qui, avant de s'approcher du saint tribunal, ont cherché avec soin au fond de leur cœur tous les péchés dont ils se sont rendus coupables, en ont fait un aveu sincère, pénétrés d'une douleur très-amère d'avoir offensé un
Dieu infiniment parfait, le plus tendre des pères, et sont bien déterminés à satisfaire entièrement ici-bas à la justice divine, en ajoutant considérablement à la pénitence qui leur a été imposée, et en s'efforçant d'obtenir la rémission des peines temporelles dues à leurs fautes, par l'application des indulgences de l'Église. Si ces saints pénitents sont bien fidèles, ils s'élèveront vers le ciel à l'instant même de leur mort, et seront mis aussitôt en possession du bonheur éternel. Il y a bien peu de ces vrais pénitents. La seconde procession est composée de pénitents imparfaits; ils sont aussi en petit nombre. Rien d'essentiel n'a manqué à leur Confession, ni l'examen qui a été sérieux, ni l'accusation de leurs péchés qui a été humble, sincère et entière, ni la contrition qui a été surnaturelle et profonde. Mais, lâches et peu zélés pour achever de se purifier par des actes de contrition et d'amour réitérés, par des mortifications et d'autres bonnes œuvres, par l'application des indulgences, ils meurent dans l'amitié de Dieu, sans pouvoir jouir aussitôt de ses embrassemenls, parce qu'ils ont encore à satisfaire à la justice divine. Leur âme, séparée de leur corps, soupire ardemment après le ciel ; mais, comme rien de souillé n'entre dans les saints tabernacles, ce beau ciel, où une place les attend, est fermé à leurs désirs; ils sont condamnés au purgatoire, pour se laver dans les flammes des souillures dont ils pouvaient se purifier si aisément sur la terre. Enfin, la troisième procession est composée de faux pénitents; c'est la classe la plus nombreuse; le remède a été pour eux, par leur faute, un poison mortel ; tous les chrétiens sacrilèges arrivent à l'enfer par le chemin qui devait les conduire au ciel. Là, ils gémiront éternellement d'avoir fait servir à leur damnation ce qui pouvait être pour eux un moyen de salut. Us s'écrieront pendant tous les siècles: «Pourquoi ne me suis-je pas examiné sérieusement? ne me suis-je pas accusé sincèrement? ne me suis-je pas repenti véritablement ? Pourquoi ai-je refusé de satisfaire suffisamment?» Voilà ce que disait ce très-vertueux pauvre de Jésus-Christ, plein de zèle pour engager les autres à ne faire que de bonnes confessions.
La manière dont il se disposait lui-même à recevoir le sacrement de Pénitence, est très-édifiante. Tout le monde devrait la mettre en pratique.
Bien convaincu du grand besoin qu'il avait des lumières du Saint- Esprit, il le conjurait instamment de manifester à sa mémoire, non- Beu'ement ses péchés et leurs diverses circonstances, mais encore le véritable état de son âme, ses habitudes, ses inclinations. Dans l'examen qu'il faisait ensuite de sa conscience, il parcourait distinctement, et par ordre, les commandements de Dieu, l«s vertus qui correspondent à chacun des commandements, et les actions de la journée, pensant aux lieux où il s'était trouvé, aux personnes avec
lesquelles il s'était entretenu, aux tentations qu'il avait eues, et à 1» manière dont il avait obéi aux grâces dont il avait été favorisé. Après «on examen, il demandait de nouveau à Dieu la contrition du cœur, et s'y excitait longtemps par tous les motifs de la religion; il gémisfait surtout d'avoir péché, parce qu'en péchant il avait outragé un Dieu qui est le plus tendre des pères et l'être infiniment parfait, ainsi que Jésus-Christ son Sauveur, qui avait répandu son sang pour l'expiation des péchés dont il s'était rendu coupable.
Il s'approchait ensuite, avec la plus grande humilité, du ministre de Jésus-Christ, priant intérieurement le Seigneur d'éclairer son esprit et de toucher son cœur, afin qu'il pût lui donner des avis bien salutaires et que ses paroles fussent accompagnées de l'onction de la grâce. Prosterné à ses pieds avec tout le respect possible, voyant Jésus-Christ lui-même dans la personne de son ministre, il lui déclarait ses fautes avec beaucoup d'ordre, une grande simplicité et une vive douleur. Toutes les paroles du confesseur étaient pour lui des oracles, qui se gravaient profondément en lui. Dans le temps que le prêtre prononçait les paroles de l'absolution, ce vrai pénitent était comme anéanti dans lui-même. Les sentiments de Madeleine, pleurant ses péchés auprès de Jésus-Christ, étaient les sentiments de ce grand serviteur de Dieu. Il ne s'adressait d'ordinaire qu'aux prêtres qu'il savait être éclairés et avoir une grande vertu. Comma il appréhendait qu'il ne se glissât quelque défaut essentiel dans ses confessions ordinaires, nonobstant les grandes dispositions qu'il y apportait, il faisait souvent des revues. On sait qu'il fit cinq à six confessions générales. Que de chrétiens vont en enfer par des confessions mal faites ! Année sanctifiée.
S. Plusieurs pays catholiques sont dans l'usage de placer des in- •criptions sur les confessionnaux. Elles ne peuvent que respirer la miséricorde et la clémence du saint tribunal. Nous nous plaisons à donner ici le relevé de quelques-unes d'entre elles:
Miséricorde et charité.
Retourne, 6 mon âme, à ton repos.
Allez en paix, et ne pécher plus.
Venez à moi, vous tous qui gémissez sous le poids de vos misères.
C'est un juge ; mais on lui dit mon père, et lui nous dit mon ftlt.
Ici le signe de la réprobation se change en celui de la gloire éternelle.
Heureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés ï
Ici se trouve un protecteur contre les colères mêmes de Dieu.
On y entre pécheur, on en sort justifié.
Lui ouvrir son cœur, c'est être déjà consolé.
Jésus -Christ fut appelé l'ami des pécheurs, ici le prêtre le représente.
D'un pécheur elle fait un ange, et met le ciel à la place de l'enfer.
Il vous dira : Allez en paix, et vous vous lèverez innocent, justifié, heureux.
Rien ici-bas n'est comparable à la joie de rentrer en grâce avec le Ciel.
Tous les biens du monde ne valent pas la paix d'une bonne conscience. Beautés du sanctuaire.