DU JUBILÉ. 35 J
geux, puisqu'il répand sur nous, non des bienfaits matériels, mais les trésors bien plus précieux de la grâce. En effet, par le Jubilé de la loi nouvelle, les liens de nos iniquités sont rompus, les malheureux esclaves des passions recouvrent l'aimable liberté des enfants de Dieu, et toutes les dettes, que nous avons contractées par nos péchés envers Téternelle justice, nous étant remises, nous pouvons jouir d'une paix intérieure, entière et parfaite. Le Jubilé est donc une indulgence plénière, avec des privilèges extraordinaires, accordée par l'Église à certaines conditions1.
On en distingue de deux sortes : le Jubilé ordinaire et le Jubilé extraordinaire.
Le Jubilé ordinaire ou de l'année sainte est celui qui s'accorde à Rome tous les vingt-cinq ans , et dure un an. Puis le pape l'étend , par une bulle expresse , à tous les diocèses de la catholicité , mais il dure moins longtemps.
Le Jubilé extraordinaire est celui qui s'accorde pour quelques circonstances particulières , comme l'exaltation d'un nouveau pontife, une grâce spéciale qu'on veut obtenir pour un royaume, une province, la cessation d'un fléau, d'une persécution, etc.
Il y a ordinairement plusieurs privilèges attachés au Jubilé.
1° Tout pénitent peut se choisir parmi les prêtres approuvés par l'évêque le confesseur qu'il veut.
2° Les confesseurs peuvent absoudre, pendant la durée du Jubilé, les péchés les plus énormes, même de ceux qui sont réservés à notre saint-père le pape.
3° Les confesseurs sont aussi autorisés à commuer les vœux simples, à l'exception de ceux de chasteté et de religion, et de ceux qui forment une obligation acceptée par un tiers.
Les œuvres prescrites pour gagner le Jubilé sont :1a confession, la communion et les stations, ou la visite des églises qui sont désignées, pour aller y prier selon les intentions du pape. ïl faut faire ces stations dans un esprit de foi
et avec des sentiments de piété. Lorsque le temps pendant lequel il faut prier n'est pas déterminé, une prière trèscourte suffit On peut réciter les formules de prières, que les livres de piété indiquent pour ces circonstances.
Dans les Jubilés extraordinaires, les souverains pontifes imposent ordinairement l'obligation défaire quelques jeûnes et quelques aumônes. Ce sont d'excellents moyens de témoigner à Dieu le repentir de nos fautes et de désarmer sa colère.
On peut faire les œuvres prescrites dans tel ordre qu'on juge à propos, lorsqu'il n'y a rien de spécifié à ce sujet. Néanmoins, il est très-salutaire de commencer par la confession, parce que, lorsqu'on a recouvré la grâce par la vertu de l'absolution , les œuvres que Ton fait sont plus saintes et plus agréables à Dieu; et, d'un autre côté, comme il faut être en état de grâce lorsqu'on fait la dernière œuvre prescrite, il est prudent de terminer par la communion.
Les motifs particuliers qui doivent nous animer à gagner l'indulgence du Jubilé sont :
1° Le désir de l'Église, qui nous invite avec instance à profiter d'un si grand bienfait.
2° L'assurance plus forte que nous pouvons avoir de gagner cette indulgence, soit parce qu'elle exige des œuvres plus pénibles, et, par conséquent, plus satisfactoires, soit parce qu'elle a une cause plus universelle, à savoir le salut de tout le peuple chrétien.
3° L'incertitude où nous sommes d'avoir jamais une occasion aussi favorable d'expier pleinement nos fautes, si nous laissons échapper celle-ci par notre faute.
4° L'union des prières et autres bonnes œuvres qui se font par tous les fidèles qui veulent gagner ie Jubilé, lesquelles, à l'occasion de leur grand nombre, ont une force particulière pour attendrir le cœur de Dieu et attirer sur nous ses miséricordes.