‹ Nouvelle explication du Catéchisme de RodezChapitre 3 sur 30 · DU BON PROPOS. Î · texte numérisé non relu

DU BON PROPOS. Î

il pas ridicule de dire : « Ne suis-je pas en pleine libertéP Mes mainz sont-elles donc garrottées? Ai-je une chaîne au cou, au bras ?» — « Non, mais vous l'avez au pied, et vous n'êtes pas moins attaché aubanc de rotre galère, que si vous étiez chargé de fers. » L'ennemi de votre salut «'inquiète peu que vous ne soyez pas homicide, voleur, blasphémateur ; il se contente que vous soyez plein de vous-même, vain et superbe; il vous tient par cette chaîne.

Vous ne serez pas sincèrement converti, tant que vous conserverez de l'affection à un seul péché mortel. Il se trouve assez de gens, dit le père Le Jeune qui font volontiers des confessions générales; on en trouve bien peu qui aient fait en leur vie une conversion générale; et cependant une confession générale est quelquefois superflue; la conversion générale est toujours et en tout temps nécessaire.

Mérault, Enseign.

QUATRIEME INSTRUCTION

Du bon propos. — Qualités qu'il doit avoir. — Marques auxquelles on peut le reconnaître. — Des occasions prochaines du péché. — Nécessité de les fuir. — Prétextes qu'on allègue.

D. Suffit-il de détester les péchés que l'on a commis ? R. Non, il faut encore avoir un bon propos, et une ferme résolution de ne les plus commettre.

Le bon propos, c'est la résolution ferme et sincère de ne plus pécher, au moins mortellement. Il est aussi nécessaire pour obtenir le pardon de ses fautes que la contrition ; ou plutôt, il est une partie inséparable de la contrition, car on ne peut véritablement détester ses péchés passés, sans être en même temps bien résolu de les éviter à Favenir. Recevoir le sacrement de Pénitence sans être dans cette disposition, ce n'est pas être pénitent, dit saint Isidore, c'est se jouer du Très-Haut (1). Et que diriez-vous d'un enfant qui, tout en demandant pardon à son père, se proposerait de l'outrager encore ? Vous le traiteriez, et avec juste raison, d'imposteur, d'enfant dénaturé. Il en est de

Cl) Irrisor es, non pœnitens. D. Isid.

même de nous par rapport à Dieu. De plus, nous ne pouvons guère juger de la sincérité de notre douleur sur le passé que par la fermeté de nos résolutions pour l'avenir *.

Comme la contrition, le bon propos doit avoir quatre conditions. Il faut qu'il soit sincère, ferme, universel et efficace.

1° Sincère, autrement on se mentirait à soi-même, et on mentirait à Dieu.

2° Ferme, en sorte que le pénitent ait une volonté forte et bien arrêtée de ne point pécher, en quelque cas que ce soit. 11 faut se défier de ces volontés faibles, vagues, impuissantes, qu'on appelle velléités, de ces faibles dégoûts du péché, de ces faibles complaisances pour le bien, qui peuvent nous amuser et nous tromper, mais qui ne justifient pas. L'enfer est tout plein de ces faibles désirs, qui ont agité un instant les consciences, sans aboutir à une véritable contrition. Ne dites donc pas, comme certains : Je voudrais bien ne plus offenser le Seigneur; mais les occasions, mais ma fragilité me feront retomber. — Je voudrais, dites-vous; ce n'est pas une volonté conditionnelle que le Seigneur vous demande, mais une volonté absolue. Il faut dire je veux et non pas je voudrais. Oui, je veux observer inviolablement la loi du Seigneur. Une fois revenu a Dieu, je m'attacherai à lui par une fermeté aussi inflexible que l'engagement d'un contrat et la foi d'un serment. Viennent les tentations, je saurai les vaincre, car je puis tout par celui qui me fortifie (1). Je serai inébranlable à tous les assauts du démon (2). Si fort qu'il soit, Dieu est encore plus fort; et il ne permet jamais que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, et il est toujours disposé à aider ceux qui implorent sa protection. Ainsi le pénitent doit se proposer absolument de souffrir toute sorte de mai plutôt que d'offenser Dieu, de tout perdre pour conserver Jésus-Christ, de

(1) Omnia possum in eo qui me confortai. Philip,, iv, 43.

(2) A"on movebor in aeternum. P$. xxix, 7.

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