‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 100 sur 252 · LA MORT PRÉFÉRÉE AU SERME?IT INJUSTB ET AU MENSONGE · texte numérisé non relu

LA MORT PRÉFÉRÉE AU SERME?IT INJUSTB ET AU MENSONGE

Tandis que, pour obéir au décret de déportation, M. Pinnerot, curé de Chalange, diocèse de Séez , son neveu , vicaire dans le même diocèse ; M. Loiseau, vicaire de Saint- Paterne, diocèse du Mans, et M. Lelièvre, prêtre de Saint -Pierre-de-lVlont-Sorl d'Alençon, se rendaient tranquillement au Havre, la sentinelle les arrêta et leur demanda leurs passeports. On y lut qu'ils étaient prêtres. On leur proposa le serment ; ils répondirent : c^est pour a\>olr refusé de fai~e ce serment exécrable et impie que nous obéissons ii la loi de la déportation. La populace abusée cria : Ce sont des Prêtres réfractaircs l et commença par assommer les deux premiers. MM. Loiseau et Lelièvre sont traînés sur le bord de la rivière. Là, on les somme encore de prêter serment ; ils continuent à répondre : notre conscience nous le défend. On les jette dans la rivière; ils reviennent sur l'eau. On leur crie : jurez donc malheureux , on ifa vous retirer Du milieu des Hols et à demi-noyés : non, nous ne pouvons pas , nous ne jure^ rons pas, s'écrièrent-ils tous deux. On les replonge , on les retire : jurez donc malheureux l mourans et respirant à peine: nous ne jurerons pas , répondent-ils encore. A la vue de celte constance invincible, un dépit furieux s'empare du cœur des assistans; ils s'arment de fourches, les appliquent sur le cou des confesseurs, les replongent et les retiennent dans l'eau jusqu'à ce qu'ils expirent. — Je ne sais si dans l'histoire des martyrs on trouverait un exemple où il y eût autant de rage du côté des bourreaux, et plus de constance du côté des confesseurs.

Lit Sérot chrittent , par il. BDBOU.

AUTRE EXEMPLE

M. l'abbé Novi, vicaire d'Anjac, âgé de 28 ans, ayant e'ie' ccnduit sur la place publique de la ville de Vans, oia l'on venait d'cxeculer huit prêtres non assermentés, les assassins font appeler son père , et lui disent , au près des huit cadavres e'tendus , que le sort de son (ils dé^pond de ses conseils et de son autorité sur lui ; que ce fils mourra comme les autres , s'il persiste à refuse^ le serment, qu'i' vivra si son père vient à bout d.; le faire juî.-r. Ce père infortuné, incertain, hésitant entre la nature et la religion, vaincu par la tendresse, se jette au cou de son (ils ; bien plus par ses larmes et ses sanglots que par ses discours, il le presse , il insiste : « Mon (ils, lui dit-il, conserve-moi la vie ■ en conservant la tienne, — Je fifai mieux, mon » père, je mourrai digne de vous et digne de mon • Dieu, .. Vous m'avez élevé dans la religion catholi- » que ; j'ai le bonheur d'en être prêtre ; je la connais, » mon père; il sera plus doux pour vous d'avoir un » fils martyr , qu'un enlant apostat, » Le père ne sait plus à quelle impression se li/r^T; il embras';»» encore ce héros, il l'arrose encore de ses larmes... MonfilsL.. il ne peut rien ajouter. Les bourreaux le lui arrachent; il le voit tendre le cou; ses cris ont ralenti, détourné à demi la hache des assassins. Deux coups mal assurés l'ont à peine étendu par terre , que les brigands semblenr enfin vouloir le laisser. Son bréviaire lui était échappé, il le reprend tranquillement, présente encore sa tête, et reçoit , d'un nouveau coup de hache, la consommation et la couronne du martyre.

!«• Sim tkrtiiiB* , t.\. p.g\ AUTRE EXEMPLE,

L'un des plu? beaux traits de nos livres saints, c'est celui où ils représentent Éléazar, vieillard encore plus

vénérable par ses vertus que par son âge , préférant généreusement la mort à l'infraction de la loi, et aimant mieux se livrer aux supplices que d'employer la feinte pour y échapper. Mais quoiqu'on ne puisse assez admirer cet exemple de droiture et de fermeté , j'ose dire qu'il n'y a rien de plus admirable que celui qu'a donné pendant la révolution M. Paquot, curé du diocèse de Reims, qui, par le nombre de ses années, était le doyen de la chrétienté, et que la sainteté de sa vie , généralement reconnue, avait fait surnommer le saint Prêtre. 11 demandait à Dieu de terminer sa carrière par l'efTusion de son sang pour la foi; son Dieu lui avait dit sans doute qu'il allait l'exaucer. Entré subitement dans son oratoire, les brigands le trouvé^ vent à genoux, terminant les prières des agonisans. Il se livra à eux comme un disciple de J.-C. à ses boui»reaux ; il traversa , sous leur escorte , les rues de la ville entouré de leurs sanguinaires acclamations, et récitant paisiblement les psaumes de David. Arriva sur le seuil de la maison commune, il allait recevoir le coup de la mort; le maire croyant avoir trouvé te moyen de l'y soustraire, s'avance en criant aux brigands : » Qu'allez- vous faire, ce vieillard n'est pasdiguc » de votre colère ; c'est un homme qui est fou , qui a » perdu la tête , à qui le fanatisme renverse les idées. » — « Non, Monsieur, « dit le doyen vénérable, en entendant ces mots, « je ne suis ni fou ni fanatique; » je vous prie de croire que jamais je n'ai eu la tête » plus libre ni l'esprit plus présent. Ces messieurs me

* demandent un serment décrété par l'assemblée na© » tionale : je connais ce serment; il est impie, sub- » versif de la religion. Ces messieurs me proposent » le choix entre le serment et la mort. Je déteste cae

• serment et je choisis la mort. 11 me semble , Mon- » sieur, que c'est là vous avoir assez démontré quye » j'ai l'esprit présent, et que je sais ce que je &i& »

Ce magistrat anéanti parcelle re'ponse sublime, est forcé dt^ rabaiidonner aux assassins. M. P^quot fait signe diî la main, et ils s'arrêtent « C^)uel est celui • d'entre vous, leur demanda-t-il , qui me donnera - le coup de la mort? — C'est moi, répond un des » brigands. — Ah! repr-nd monsieur Paquot, por- » mettiz que je vous embrasse , et que je vous témoi- » gne ma reconnaissance pour le bonheur que vous » alltz me procurer. » Il l'embrasse en effet comme le plus cher de ses bienfaiteurs, et il ajoute : « permet- » tez à prosent que je me mette dans la posture con- » venable pour offrir à Dieu mon sacrifice. « L'assassin suspend sa hache. M. Paquot, à genoux, demande hautement pardon à Dieu, pour lui et pour ses bourreaux. Le scélérat qu il avait embrassé porte le premier coup; le saint prêtre tombe; le reste des bourreaux, à l'envi, percent et hachent son cadavre avec leurs baïonnettes et leurs sabres, montrant par leur barbarie ce que peut la rage de 1 impiété, comme M. Paquot avait montré par son courage et par sa douceur , ce que peut l'héroïsme de la vertu, soutenu par la religion.

Ltt Béret ehrélUni , tomt I, ^g* fi HISTOIRE DU P. FIRMIN.

Un siint religieux de Tordre des Carmes, nomme le P. Firmin , se distingua dans sa jeuness? par une grande pié.é, et surtout par une tendre dévotion envers la mère de Dieu; cest à sa puissante protection qu'il se crut redevable de sa vocation et du bonheur qu'il eut de mourir pour le nom de Jésus-Christ.

11 était né à Amiens, de parens vertueux , mais peu favorisés de biens de la fortune. A peine sorti de l'enfance, la prière faisait ses délices; il aurait voulu pouvoir y consacrer la plus grande partie de son tems ; mais la nécessité de pourvoir à sa propre subsistance

el à celle de sa famille, ne lui permettait pas de suievr son ittrail. A l'imitation des anciens solitaires, il joignait à ses occupations manuelles le chant des psaumes, et de fréquentes élévations du cœur vers Dieu ; tous les jours il assistait aux saint sacrifice de la messe, et il éiait si fidèle à cette pieuse pratique dont il s'était fait un dnvoir, qu'il eût mieux aimé prendre sur son sommeil que d'y manquer. Le jeune Firmin avait adopté l'église des Carmes pour le lieu de ses dévotions parfirulières. Ces religieux voient avec admiration sa conduite édifiante, sa ferveur soutenue pendant plusieurs années. Le supérieur, qui en était le témoin habituel , souhaita enrichir son ordre d'un trésor si précieux; il 'ui ouvrit donc l'entrée de sa maison, et lui facilita les moyens de f^ire ses études. Quoiqu'il les eût commencées fort tard , il y fil des progrès assez rapid» s pour être, après quelques années, promu au sacerdoci . S < études n'avaient point ralenti sa ferveur, et l'auguste caractère dont il était revêtu n'avait fait qu'accroître sa ("onfiance en la Reine des Anges, qui est honorée d'un culte spécial dans l'ordre des Carmes.

Cependant la révolution commençait ses scandales et ses fureurs. Déjà l'impiété avait ouvert les cloîtres ; mais tandis que quelques apostats se félicitaient de cette liberté, le P. Firmin ne s'arrachait qu'avec la plus vive douleur de l'asyle de la piété , et il fut le dernier à quitter l'habit de son ordre. Bientôt le feu de la persécution s'alluma de toutes parts; le zélé ministre du Seigneur continua néanmoins à se livrer à toute l'ardeur de sa charité : les veilles, les fatigues, les périls ne sont rien pour lui , il vole partout où l'appelle le salut des âmes- Amiens fut d'abord le théâtre de ses travaux apostoliques ; mais l'exerciec de son ministère devenant de jour en jour plus difficile, il se mit à parcourir les campagnes, consacrant les nuits

aux fonctions saintes de l'apostolat. Partout où l'on savait que l'homme de Dieu devait s'arrêter, de pieux fidèles s'y rendaient en foule ; illes confessait; il leur distribuait le pain dévie, et les renvoyait console's et fortifie's. Pour lui, après avoir pris un peu de repos, il se dirigeait vers un autre lieu pour y continuer les mêmes œuvres de zèle et de charild. Il y avait environ un an que le P. Firrain menait cette vie si digne d'un apôtre de Jésus- Christ, errant, fugitif, re'duit souvent à se cacher au milieu des bois, lorsqu'il fut arrrêté à peu de distance d'Amiens , et conduit dans les prisons de cette ville. Il y trouva plusieurs prêtres qui étaient comme lui confesseurs de la foi , il leur dit : « Nous avons souvent , mes chers confrères, immolé la sainte victime, c'est à nous maintenant d'être immolés.» Les juges devant lesquels il comparut n'étaient point de ces hommes sanguinaires dont la France était alors remplie. Ils auraient voulu le sauver ; ils se gardèrent bien de lui proposer le serment qu'exigeait la loi, sachant trop bien ce qu'il leur aurait répondu. Le président , pour lui faciliter le moven d'échapper au danger, lui flt entendre qu'il n'avait qu'a déclarer qu'il ignorait les décrets portés contre les prêtres insermentés. Quelle épreuve ! il s'agit de la vie ; lo prisonnier peut éviter le supplice par une dissimulation ; il n'a qu'à user du subterfuge qu'on lui présente ; il lui suffit de dire , qu'isolé au milieu des campagnes, dans une vie errante, il lui a e^é impossible d'avoir connaissance des décrets auxquels il ne s'était pas conformé. L'accusé refuse , sans hésiter, de conserver la vie par un léger mensonge; il répond avec une modeste assurance qu'il peut mourir, mais qu'il ne peut trahir la vérité. L'arrêt de mort fut prononcé , et le serviteur de Dieu alla rece*^ voir la couronne que méritait sa foi.

t«< <•■/. i» la Foi.

TROISIÉUE COaniàïlDEHENT DE DIEt.

SouTÎeDS'toi du jour du sabbat pour le San» tifier. S'il jour» tu trayaiUeias, et tu fera» ton ouTrage , et le jour Beptièrue de Jchovab , tu iM fera» aucun ouvrage, d1 toi. ni tou Gis, ni ta (UJ«. ni ton serviteur, ni ta «errante, ni touchamca^ oi ton hôte; car en six jours JèhoTah fit les roerreilleuse» eaux supérieures , la terre et la mer , et tout ce qui est en elle» , et se reposa le septième : or, JéboTah le bcnit'et le gauctifieta.

Le troisième commandement nous ordonne d'employer le Dimanche au service de Dieu.

MENACES FAIT i. AUX JDIFS , TOUCHANT LA PROFANATION DES JOURS DU SEIGNEUR.

Il y avait peine de mort contre les profanateurs du Sabbat; car non-seulement Dieu ordonna de lapider un homme qui avait été trouvé ramassant du bois dans le désert, le jour du Sabbat, mais encore il dit à Moïse : « Parlez aux enfans d'Israël , et dites leuj» ; » Observez mou Sabbat, parce qu'il doit vous être » saint ; celui qui le violera sera puni de mort; si » quelqu'un travaille au jour du Sabbat , il sera r«- » tranché du milieu du peuple; on travaillera les six » autres jours, mais le septième est le Sabbat et le » repos consacré au Seigneur ; quiconque fera quel- » qu'ouvrage au jour du Sabbat , doit être absolument » puni de mort. »

Btxde Si.

EXEMPLE TERRIBLE DE LA JUSTICE DIVINE ENVERS LES PROFANATEURS DES JOURS CONSACRÉS A LA RELIGION.

L'impie Nicanor ayant pris la résolution de combattre les Juifs un jour de Sabbat, un certain nombre

d'autres Tuifs, que la nécessite avait retenus dans son arme'e, lui représentèrent qu'il n'e'fait pas convenable de livrer bataille un jour consacre' à Dieu. Cet homme, enflé de sa vaine grandeur, répondit: «v Ya-t-il un » Dieu puissant dans le ciel qui ordonne de célébrer » le jour du Sabbat.' » — « Oui, dirent ( es Juifs, j) avec modestie, c'est le Dieu vivant et le puissant M Maître du Ciel. » — a Gh bien , répondit l'orgueilleux Nicanor, moi qui suis puissant sur la tt-rre, je » vous ordonne de prendre les armes pour obéir aux » ordres du roi. » Nicanor livra bataille, fut vaincu et trouvé au rang des morts.

s , Itachabéea , l5.

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