‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 107 sur 252 · LA JEUNE FILLE VICTIME DE L 'IRRÉLIGION DE SON PËRE · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE VICTIME DE L 'IRRÉLIGION DE SON PËRE

Un des chefs de la philosophie moderne tenait dans sa maison une école d'athéisme ; ses enfans croissaient au milieu de ses systèmes impies. La plus jeune de ses filles, attentive aux leçons paternelles, gravait dans son esprit les maximes qu'elle entendait répéter chaque jour. Son âge, encore tendre , semblait devoir la garantir de toute impression funeste. Un jour cependant, la tête encore pleine d'un sermon sur le suicide , qui venait à'êtve prêché dans le consistoire philosophique, elle se retire dans son appartement, hors

d'elle-même. « A peine née, dit-elle à une 6e ses femmes, je déteste la vie ; il n'est rien de si courageux , rien de si sage, que de trancher le fil de ses jours, quand ils font notre tourment. Ah! ma chère amie, si tu avais entendu tout ce que dit mon pèï'e! combien il est applaudi par tous ceux qui l't5coutentl pour moi, j'en suis si frappée, que si je trouvais en ce moment un pistolet, je le saisirais avec joie, pour m'arracher la vie. »

La confidente demeure immobile. « Tu semblés avoir peur, ma chère amie, continua le philosophe enfant; ah si lu savais tout ce que je sais, tu te tuerais peut-être avec moi. a

— Oh! pour cela non, Mademoiselle; je n'ai pas assez d'esprit.

Les parcns apprirent bientôt les circonstances d'un pareil entretien. La mère en fut effrayée; le père fut saisi d'admiration, tt Je veux voir, s'écria-t-il , jusqu'où la force de son esprit peut être portée ■ Il donne des ordres, on pose un pistolet sur une table, dans un passage de la maison que sa fille fréquentait ; vous pensez bien qu'il ne s'y trouvait ni poudre ni balles.

Trois jours ne furent pas écoulés, que sa fille, en passant, aperçoit le pistolet, le saisit, l'appuie sur son front, lâche la détente, et tombe dans les bras de ses femmes qui avaient ordre de suivre tous ses pas.

Elle était animée d'un mouvement si violent; elle était si frappée de son action, qu'en tombant elle répétait sans cesse : « Je suis morte I heureusement je suis morte î « En vain on chercha à la désabuser : en vain on voulut détromper son esprit ; l'image de la mort était imprimée dans son âme ; la frénésie s'en empara, et le lendemain elle expira dans les bras de son père, qui aurait eu la satisfaction de la voir croître sous ses yeux , en âge et en sagesse , si , au lieu de per«

venir son esprit par des leçons impies, il eût pu soin de l'e'clairer et de le diriger par les luaiières de la religion.

L'abbé d» a&ILLOK, Uémoirci philotophiqutt. LE FILS PERVERTI PAR l'eXEMPLE DE. SON PÈRE.

Une Dame vertueuse avait un fils qu'elle fit instruire et qu'elle éleva avec le plus grand soin; Dieu be'nit ses efforts : la piété du fils égala bientôt la piété de la mère. Le jour vint où cet enfant devait faire sa première communion. On le vit s'avancer \ers l'autel avec le recueillement des Anges. La douce joie du ciel rayonnait sur son front, et des larmes de bonheur coulaient de ses yeux. Depuis ce jour, sa ferveur fit des progrès plus rapides encore. Mais à 1 âge de dixsept ans, environ, il commença à se relâcher, et bien-? tôt cessa entièrement de fréquenter les Sacremcns» Sa pieuse mère ne tarda pas à s'en apercevoir; elle en fut alarmée. Elle le surveilla et tâcha d'en découvrir la cause : toutes ses recherches furent inutiles. Il ne fréquentait pas de mauvaises compagnies, ne faisait point de Uctures dangereuses Navrée de douleur, elle entre un jour dans la chambre de son fils, et là . donnant un libre cours à ses larmes , elle le conjure de lui faire connaître la cause du changement de sa conduite. — Mais maman, répond l'enfant étonné, vous vous alarmez inutilement; je suis toujours le même; je vous aime toujours avec la même tendresse. — Mon fils, reprend-elle en sanglottant, vous feignez de ne pas me comprendre : non je ne me plains pas de votre tendresse... Mais Dieu ne peut-il se plaindre de vous? Ah ! je vous en conjure, dites-moi pourquoi vous avez changé à son égard! — Mais maman!.... — Mon fils, vous ne pouvez me tromper là-dessus, vous ne pouvez vous tromper vous-même; de grâce^ au nom de toute ma tendresse et de la vôtre, dites-

— 220 ~ — mol le secret de vol; e cœur. L'enfant baisse la tête et garde le silence; la mère redouble ses larmes et ses prières; enfin son fils s'attendrit. — Puisque vous l'exigez, dit-il, je ne \ ous cacherai rien; non, je ne vous cacherai rien.

Je vous l'avoue , instruit par vos douces leçons, et surtout par vos exemples, j'aimai d'abord la religion, j'en pratiquai les devoirs avec fianchise, avec plaisir, et je trouvais en cela mon bonheur. Je tus surtout heureux , oh '. oui , bienheureux à l'e'poque de ma première communion , et dans celles qui la Suiviient imme'diatement; mais depuis.... j'ai réfle'chi... Maman, je vous aime bien, de tout mon cœur, m«is vous n'êtes plus mon modèle....; je veux imiter mon père...; tout le monde l'honore, l'estime et le recherche....; je voudrais lui ressembler...., el je sais que mon père ne pratique point la religion comme vous... ; peutêtre n'aurait-il pas pour moi les mêmes e'gards si...., d'ailleurs , mon père est instruit, il est incapable d'aller contre sa conscience ; voilà pourquoi je voudrais , sans vous alarmer, devenir peu à peu semblable à mon père Ah I mon fils!... s écria la mère, quelle révélation !.... non, je ne vous dirai rien ; mais, je vous en conjure, restez dans votre chambre....

Après ces mots entrecoupas, elle sort et se traîne dans lesappartemens de son époux qu'elle épouvante par ses cris de douleur. Il cherche à la calmer, à connaître la cause de ses larmes.... Elle ne peut que lui dire : Ah! monsieur! ... votre fils!.... et elle s'évanouit dans ses bras. Des secours prompts lui sont donnés; elle reprend un peu de force, et raconte, en

pleurant, la scène qui vient de déchirer son cœur

A ce récit inattendu, il demeure immobile de stupeur.... Bientôt ses larmes coulent en abondance. O mon épouse 1 s'écriet-il , où est mon fils? — Je l'ai laissé dans sa chambre. — Viens, suis moi. Ils

vont ensemble vers Tappartenient du jeune homme ;le père s'arrête sur le seuil. O mon fils! dit- il en sanglotant, qu'il est dur pour un père de s'accuser devant son fils ! oui , je suis coupable , mon ami ; fa maman m'a tout raconté. Mais n'accuse pas ma foi, elle est restée pure et entière dans mon cœur. Un malheureux respect humain m'a empêché de conformer ma conduite à ma croyance. Hélas! je n'avais pas pensé que mon exemple dût t'être si funeste. Mais, ô mon fils ! la leçon est trop forte. Tu me rends à la vertu , à la religion, tu viens de m'éclairer et de me rendre mon courage ;... viens, je te rendrai aussi à la piété... embrasse-moiet pardonne... Quel est ton confesseur? Oh ! je veux qu'il soit aussi le mien; allons lui faire ensemble, toi l'aveu de ta faiblesse , et moi l'aveu de mon crime. Sur-le-champ lis allèrent ensemble au tribunal de la pénitence, et la piété de la famille ne se démentit plus dans la suite.

Pères et mères , compreniz par là quel est le crime et quelles sont les suites terribles du respect-humain.

Jnaljt» dtt Sérmnu du P. auYOa terne i. M. DANGRAN DALLERAI.

Un magistrat célèbre, M. Dangran-Dallerai, est cité devant le tribunal révolutionnaire; il est accusé d'avoir lait passer des secours à son fils émigré. Ne saviez-vous pas, lui dit le président, que les décrets delà Convention le défendaient? Oui, répond le respectable vieillard ; mais la nature , antérieure à tous les décrets, me l'ordonnait. Et ce fut pour n'avoir pas cessé d'être père que l'homme de bien fut condamné à mort.

■iBAlLT , 4p*itglft»ê btttlnfirti

HÉROÏSME DE l'aMOUH PATER.NLE,

L'infortuné Loiserolles reçoit à la Concit-rgcrie un acte d'accusation ; c'était celui de son fils. Il garde le silence, il dissimule. Obéissant à la voix du guichetier, qui lui signifie l'ordre de descendre au greffe, il marche cachant sa joie ; l'erreur n'est point reconnue. 11 tremble qu'un enfant aussi tendre, aussi airnant que chéri, ne réclame sa place. Vieillard vénérable, lié à la planche, lu {'écries: J'ai réussi! tl tu reçois avec bonheur le coup de la mort.

U, t'abbé CACSOX, dé l'Education.

SENT1MEN8 SUBLIMES d'uS'E VENDÉENNE.

La veuve d'un Vendéen venait d'être condamnée à mort, et sa sentence devait être exécutée le lendemain. Elle vit parmi les femmes qui étaient venues à la prison pour sauver des enfans , une personne dont la mise annonçait l'aisance; la Vendéenne pensa que son fils serait mieux coniié à elle qu'à un autre ; elle prit son enfant dans ses bras, et le porta à l'étrangère en lui disant: — Madame, par pitié, adoptez -le.

— Oui, dit 1 inconnue, je l'adopte, je l'éleverai .',..

— Soyez bénie, ajouta la Vendéenne , apprenez-lui à aimer son Dieu, à regretter son père qui est mort pour le Roi Parlez lui de moi , de moi qui vais mourir pour la même cause.— N'ayez point d'inquiétude, ]5épartit celle qui tenait déjà l'enfant qu'elle avait promis d*adoptt;r; il sera heureux; je suis riche, il rie Manquera de rien ; je lui apprendrai à aimer et à ser-^ vir la république. -^Rendez-moi mon fils! rendezmoi mon fils, s'écria la femme royaliste; vous perdriez son âme : j'aime mieux qu'il meure avec moi que d'emporter la pensée qu'il serait perverti, qu'il oublierait son Dieu et son Roi.... Et avec l'autorité et la force d'une mère, elle prit son enfant, et le leude-

main, le pressant sv.t son sein, elle fut engloutie danS la Loire, et porta son fils pur et sans tache aux pieds de l'Eternel.

Le Fieomte de WALSH , Lutret Fendéermet.

COMBIEN IV EST DANGERECX DE BEPRENDRE I.ES ENFANS AVEC TROP DE SÉVÉRITÉ.

M*** s'était retiré en province pour s'y consacrer sans distraction à l'éducation d'un fils unique qu'il adorait. Cet enfant annonçait un esprit extraordinaire; il avait une aptitude extrême pour les sciences, une «Ime généreuse et sensible, et un caractère plein d'énergie. On ne remarquait en lui qu'un seul défaut: il était extrêmement obstiné. Un jour, il montra ce défaut, mais dans un degré si déraisonnable, que son père crut devoir employer des moyens violens pour le corriger ; il menace ; l'enfant, âgé de dix ans, persiste- On U\\. paraître deux hommes armés de verges, on n'obtient rien; le père ordonne de saisir l'enfant qui pleurait et qui criait, et de le fustiger; on obéit. Pendant cette exécution , l'enfant devient pâle, cesse de crier, ses larmes s'arrêtent; aux éclats de sa colère succède *out-à-coup un silence morne, une effrayante immobilité. On le regarde avec étonnement, on l'interroge, point de réponse; sa physionomie déconsposée n'offrait plus que l'expression du saisissement et l'empreinte de la stupidité; par une révolution funeste et qui fait frémir, il venait de perdre toutes ses facultés menf.jlc5, et il ne les a jamais recouvrées: il est resté imbérille.

if. l'abhé CAKBOK , de l'Éducatien.

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