JACQUES ROUX
Rien de plus commun que d'entendre accuser Fa providence de l'apparente impunité quelle accorde aux grands coupables. On juge de la justice divine par notre justice humaine : celle-ci, quand elle peut punir, se hâte de punir aujourd'hui, parce que demain peut être il ne sera plus tems. Mais Dieu qui a l'éternité tout entière pour se venger, peut bien sans doute ne pas précipiter ses jugemens. Quoique ces principes soient incontestables, il n'en est pas moins vrai qu'il ne diffère pas toujours ses vengeances aussi longtemps qu'on le croit. L'expérience justifie l'oracîe sacré quand il dit : Que la paix nest point faite pour fimpie. Si Dieu créa le cœur de l'homme pour y faire descendre un écoulement de la félicité céleste, il \oulut aussi que le démon régnât dans le cœur du méchant pour y commencer son enfer. Pourquoi tel homme, à qui l'on portait envie, s'est-il donné la mort : le poignard vous donne le secret de son bonheur, et le remords en aiguisait depuis long tems le
pointe , il ne s'est arraché ia vie que parce qu'il se faisait horreur à lui-même.
Jacques Roux, un des prêtres constitutionnels nomme's par rexe'crable commune de Paris pour conduire Louis XVI au supplice, après s'être souillé de tous les crimes de la révolution, avait fini par devenir un objet d horreur aux révolutionnaires eux-mêmes , et il fut mis en prison à son tour. A la suite de plusieurs accès de rage, il se déihira les entrailles. Ses derniers momens furent terribles; c'était le désespoir de Judas. Au rapport de témoins oculaires, l'enfer semblait tout entier s'exhaler de son âme , et l'horreur de ses derniers momens ne peut se peindre.
Vous direz peut-être qu'il avait peur du bourreau? duquel ^ En avait-il de plus cruel, de plus implacable que son propre cœur.''
MÉfiACLT j Conjuraticn de l*implété,
c'est l'incrédulité qui porte au suicide.
Il y a quelques années, un jeune homme, nommé Gustave, ayant à peine atteint sa seizième année , fut trouvé mort dans sa chambre; il s'était asphixié. Ce malheureux enfant s'était dégoûté de l'existence , et il l'avait à peine essayée, (^)ui le porta à ce trait de folie, a ce crime ? l'incrédulité ; dès quinze ans il étai espritfort. Son père avait dit : quand mon fils sera sorti de l'enfance , je le laisserai choisir sa religion et son Dieu. Le moment du choix .irriva, et l'infortuné choisit la mort !.... ô malheureux! ô malheureux père I
Le cinquième commandement nous défend encore de porter le prochain au mal, par de mauvais conseils ou de mauvais exemples; c'est ce qu'on applie scaidale.
COMBIEN IL EST DANGEREUX d'ÉCOUTER LES MAUVAIS CONSEILS.
Joas,roi de Juda, fui un prince accompli tant qu'il suivit les sages conseils du grand- prêtre .loïoda , qui l'avait fait monter sur le trône de ses pères ; mais, après la mort de ce pontife, s'étant laissé corrompre par les conseils pernicieux de ses flatteurs, il commit de grandes fautes, qui attirèrent de grands malheurs sur lui et sur son peuple , au point que ses serviteurs conjurèrent contre lui et le tuèrent.
4 Roi». II.