‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 16 sur 252 · NAISSANCE DE JÉSUS-CHBIST · texte numérisé non relu

NAISSANCE DE JÉSUS-CHBIST

Vers l'an 4'^'^4- 1 depuis la cre'ation du inonde , tout l'univers jouissant d'une paix profonde, Jésus- Christ , Dieu éternel, naquit b Bethle'em , ville de Juda , le 25" jour du mois de de'cembre, à minuit. Joseph et Marie s'y étaient rendus pour se faire enregistrer, selon l'édit de l'empereur Auguste. Comme toutes les hôtelleries ëiaient pleines, ils se virent contraints de se retirer dans une Stable , où était une crèche : ce fut dans une demeure si pauvre que naquit le Tiès-Haut. Marie l'enveloppa de langes et le mit dans la chrèche. Un ange, environné d'une lumière brillante , se montra à quelques bergers qui passaient la nuit à garder leurs troupeaux; il leur annonça la naissance du Messie, et aussitôt une troupe d'esprits célestes fit entendre ces paroles : Gloire à Dieu, au plus haut des cieuv , et paix sur la terre, aux hommes de bonne volonté. Les bergers allèrent à Tétable ; ils y trouvèrent l'enfant, et l'ayant adoré comme leur sauveur et leur Dieu , ils s'en retournèrent comblés de consolation et de joie.

Lue. IL CIRCONCISION DE N.-S. JÉSUS-CHRIST.

Dieu ayant fait une étroite alliance avec Abraham , lui ordonna do se circoncire, ce qui devait être pour lui et pour ses dcscondans un témoiguage éternel des engagemens qu'il prenait avec le vrai Dieu. Jésus -Christ qui était (ils d'Abraham, selon la chair, s'est soumis à cet ordre, ainsi qu'à toutes les observances de la loi de Moïse, pour nous affranchir de ce joug dont le peuple Juif était surchargé. Il fut donc circoncis huit jours après sa naissance, et nommé Jcsus : c'était le nom qui lui avait été donné par l'Ange, avant que la sainte Vierge l'eut conçu; ce nom signifie Sauveur. Plusieurs l'avaient de'jà porté ; mais le

Verbe incarné méritair seul ce glorieux litre, étant venu pour sauver le genre humain et le délivrer de l'esclavage du démon.

Lue. II.

DE l'épiphanie ou manifestaion de N.-S. J.-C.

La fête de VEpiphanie se célèbre le 6 janvier. L'Église nous rappelle en ce jour trois grands mystères , l'Adoration des Mages, le Baptême du Fils de Dieu, son premier miracle au noces de Cana ; et comme , dans ces trois occasions, la divinité de Fésus-Christ fut manifestée aux hommes, cette fête a été nommée Epiphanie ^ c'est-à-dire , IMani/esiafion. Au tems de la naissance du Sauveur, une nouvelle étoile apparut en Orient. Trois Mages jugèrent que cette étoile était celle dont Balaam avait parlé, et qui devait être le signe du Messie, qui naîtrait en Judée , pour le salut des nations. Ils se mirent en chemin ; le nouvel astre leur servit de guide , et ils arrivèrent eu Judée. En arrivant à Jérusalem ils déclarèrent qu'ils venaient adorer le nouveau Roi des Juifs. Les docteurs consultés , répondirent que celui dont ils parlaient devait naître à Bethléem ; ils y allèrent, trouvèrent Tcnfant dan> une crèche, et lui ayant présenté de l'or, de lencens et de la myrrhe, ils l'adorèrent. Pour éviter la fureur d'Hérode, que leur arrivée avait fort alarmé , ils s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin.

Uuth. II.

POHTRAIT DE N.-S. J.-C. , d'aPRÉS NICÉPHORE.

Voici le portrait de N.-S. Jésus-Christ , d'après ce que nous en ont appris les anciens. Son visage était remarquable par sa beauté et son expre.'^sion. Sa taille était de sept palmes au moins, ( 5 pieds 4 pouces 2 lignes. ) Ses cheveux liraient sur le blond ; ils n'étaient pas fort épais , mais un peu crépus à l'extré-

— I 38 ~ mité. Ses sourcils étaient noirs, mais pas exactement marqués. Ses youx tirant sur le brun et pleins de vivacité, avaient un charme inexprimable. Il avait le nez long. Sa barbe était rousse et assez courte, mais il portait de longs cheveux. Jamais le ciseau n'a passé sur sa tète.; nulle main d'homme ne l'a touché, si ce n'est celle de sa mère, lorsqu'il était encore enfant. II penchait un peu la tête , et cela lui faisait perdre quelque chose de sa taille Son teint était à peu près de la couleur du froment, lorsqu'il commence à mûrir. Son visage n'était ni rond ni allongé, il tenait beaucoup de celui de sa mère , surtout pour la partie inférieure. Il était vermeil. La gravité la prudence, la douceur et une clémence inaltérable se peignaient sur la figure ; enfin, ^il ressemblait en tout à sa divine et chaste mère.

KICÉPHORF. , Bisliiire Ecclésiaslique , tom 1, page Il5, PORTRAIT DE LA SAINTE-VIERGEr

Voici , d'après St-Épiphane, le tableau de la p( rsonne de la Ste- Vierge, soit au moral, soit au physique. La gravité et la plus grande décence régnaient dans toutes soj, actions ; elle parlait peu, mais toujours à propos. Elle était d'un accès facile et écoutait patiemment , ce qu'on avait à lui dire. Toujours affable, elle était honorée et respectée de chacun. Sa taille était moyenne. Elle avait le teint couleur de froment, les cheveux blonds , les yeux vifs; la prunelle tirait sur le jaune et à peu près de la couleur d'une olive, les sourcils d'un beau noir et bien arqués, le nez assez long, les lèvres vermeilles, et dont il ne sortait que des paroles de suavité. Sa figure n'était ni ronde , ni allongée, mais un peu ovale ; elle avait les mains et les doigts longs. Elle était ennemie de tout faste, simple dans ses manières, ne s'occupant m)llement de faire ressortir les grâces de son visage , n'ayant rien de ce qui tient à la mollesse, mais agissant en tout

avec la plus grande humilité; les habits qu'elle portait étaient de la couleur naturelle de la laine ; c'est ce que prouve le saint voile dont elle se couvrait la lête, et que l'on possède encore maintenant. En un mot , une grâce infinie répandait un éclat divin sur toutes ses actions.

HICÉPHOBE, hUt. Eecl. , n , ehap lî.

^ . I wmA

MYSTÈRE DE î.\ RÉOEMPTIOX.

Si le fik de l'bomrae lui même trouTa le calice amer, comment un anpt: Teùt il porté à ses lèvres? il n^aurait jamais pu boire la lie ^ et le sacri6ce ■'eût point été couronné. Nousne pouvions donc avoir pour rédempteur qu'une des trois personnes existantes de toute éternité.

CBATEACBBIAMD.

Qu*est-ce que le mystère de la Rédemption ?

Le mystère de Id Rédemption , c'est Jésus- Christ mort sur la Croix pour racheter tous les hommes.

Jésus-Christ , ayant vécu trente ans sur la terre, s'occupant de la prière et du travail, donnant au monde l'exemple de toutes les vertus, voulut accomplir l'œuvre de notre rédemption. 11 se retira dans le désert , où il jeûna quarante jours; et, s'étant ainsi préparé à la prédication, il parcourut toute la Judée, annonçant la parole de Dieu , guérissant les malades, rendant la vue aux aveugles , la parole aux muets, faisant marcher les boiteux, ressuscitant les morts. Les Juifs jaloux et aveugles , ne voulant pas les reconnaître , gagnent Judas, un de ses disciples, qui trahit son divin maître

par un baiser, et le livre entre les mains de ses ennemis. Jésus, lié comme un criminel, est d'abord traîné chez Anne et ensuite chez Caïphe; il y est traité indignement, souffleté par uu valet, renié par St-Pierre, jugé digne de mort, abandonné pendant toute la nuit aux outrages de la soldatesque. Dès le matin on le conduit à Pilate, gouverneur de la Judée pour les Romains. Trop éclairé pour ne pas pénétrer l'injustice, mais trop faible pour y résister, Pilate saisit l'occasion de se décharger du crime sur Hérode , qui renvoie, à sou tour , Jésus comme un fou. Le gouverneur croit désarmer la passion en donnant le choix de Jésus ou de Barrabas : celui-ci est préféré. La flagellatioh, le couronnement d'épines et mille autres cruautés ne contentent pas davantage. Crucifiez-le^ criet-on de toutes parts , crucifiez-le. Enfin l'arrêt fatal est prononcé : Jésus marche au calvaire, portant sa croix; il y est attaché avec des clous et élevé entre deux voleurs ; toute la nature est dans le deuil : les rochers se fendent, les tombeaux s'ouvrent, le soleil s'éclipse. Vers le trois heures après midi , Jésus expire. On lui perce le côté d'une lance; et son corps est mis dans le tombeau, sous la foi des sceaux publics et la responsabilité d'une garde.

Page 1