‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 174 sur 252 · CONVERSION DE 8A1NT-A€GU8TIN · texte numérisé non relu

CONVERSION DE 8A1NT-A€GU8TIN

Augustin résistait à la grâce , lorsque , pressé de se convertir , il disait à Dieu .• Seigneur^ encore un peu de tems f encore un peu de teni\ , bientôt j bientôt ^ demain , demain. Mais ayant appris la conversion de deux officiers de l'empereur , qui avaient renonce au inonde à l'occasion de la lecture de la vie de saint Antoine , et ayant entendu une voix qui disait : Prenez et lisez, prenez et lisez , il prit les épHres de saint Paul ei lut ces paroles : 3 e vii>ez pas dans la débauche et l'impureté. Il se dit à lui-même : Jusqu'à quand balancerai je? jusqu'à quand remettrai je de jour en jour? pourquoi ne sera-ce pas tout à l'heure F pourquoi ne me relireraije pas dès ce moment de mes ordures et de mes infamies? » Augustin coopéra alors à la grâce, et il éprouva ce qu'avait dii l'un des deux officiers : « 11 en Coûte bien moins pour être ami de Dieu, que pour parvenir à un brillante fortune , et devenir ami de l'empereur!: il n'y qu'à le vouloir, si je veux l'être je le serai dans le moment. »

C»nft$tioni de taint ACCCSTn.

▲IJIRES EXEMPLES DE COOPÉRATION ET DE BËSISTANCE M LA GRACEr

David coopéra à la grâce, lorsqu'à la parole du Prophète Nathan, il confessa son péché, et fit pénitence.

— LesNinivites coopérèrent à la grâce, lorsqu'à la prédication du prophète Jonas , ils fireftt pénitence sous la cendre et le cilice.

— Magdeleine , Zachée , et le bon larron sur la croix , coopèrent à la grâce lorsqu'ils se convertirent.

— Ce jeune homme que J^C. aima, et à qui il dit : Si vous voulez, être parfait , vendez ce (fue vous avez

et suioez-moi ; et qui , au lieu de suivre le Sauveur , s'en alla triste , résista à la grâce.

— - Judas résista à la grâce , lorsqu'il promit de livrer J.-C. Il résista à la grâce, lorsqu'il le trahit , et qu'il refusa de demander pardon à ce Dieu de misécorde qui lui dit : Mon ami , vous trahissez le fils de rhommepour un baiser l II résista surtout à la grâce qui parlait encore à son cœur , lorsqu'il se pendit de désespoir.

SAINT THOMAS d'aQUIN ET LES DEUX. RABBINS.

Saint-Thomas d'Aquin, ayant rencontré deux Rabbins à la maison de campagne d'un cardinal , entra en discussion avec eux , et leur prouva solidement que le Messie était venu ; que ce messie était J.-C Dieu et l'homme tout ensemble, et qu'il fallait par conséquent se soumettre à TÉvangile. On convint de part et d'autre de reprendre la conférence le lendemain. Thomas passa la nuit au pieds des autels , et conjura celui qui peut seul convertir les cœurs, d'achever l'ouvrage qu'il avait déjà commencé. Sa prière fut exaucée. En effet, les deux Rabbins le vinrent trouver le lendemain matin , non pour commencer la discusion, mais pour embrasser la Religion chrétienne. Leur exemple fut suivi par plusieurs autres Juifs.

Fi» dt $abtt THOUAS-D'AQVIII HISTOIRE DE LOUIS , LANDGRAVE DE THURINGE.

Louis , landgrave de Thuringe, était un prince que les plaisirs avaient entièrement aveuglé, et qui ne trouvait d'autre moyen d'étouffer les remords de sa conscience que ce faux raisonnement ; « Ou je suis prédestiné, disait-il, ou je dois être réprouvé. Si je suis prédestiné, quelque chose que je fasse, je serai sauvé; si au contraire je dois être réprouvé , quand je

serais le plus vertueux du monde , je serais damn^ ; ainsi ma destinée est fixe'e , je n'ai qu'à me tenir en repos sur l'avenir. « Il ne manquait jamais de s'en servir pour répondre à tous les gens de Lion qui tâchaieni de le faire rentrer en lui-même; il serait morl dans cette damnable maxime sans un coup de la providence; voici le fait. Ce prince , étant tombé dangereusement malade , fil appeler son médecin , homme d'une vertu et d'une capacité distinguée , et qui se servit de cette heureuse conjoncture pour le guérir de l'aveuglement de son esprit, beaucoup plus dangereux que ne l'était sa maladie corporelle Après avoir examiné le mal, il dit au prince : « Prince, il est inutile de vous faire aucun remède, parce que , ajoutat-il, ou Dieu a prévu que vous mourrez de cette maladie, ou il a prévu que vous guérirez. S'il a prévu que vous en mourrez, en vain emploierions-nous tous les remèdes de l'art ; et si, au contraire, il a prévu que vous n'en mourrez pas, vous guérirez infailliblement. « — Comment, reprit le malade; eh! ne voyez-vous pas que si vous ne me secourez au plutôt; la violence du mal m'emportera, et qu'il est de ta prudence de ne rien négliger dans de semblables rencontres.'' — Alors ce sage médecin se servant de cette occasion , lui fit celle belle réponse : « Prince, si ce raisonnement vous paraît défectueux maintenant qu'it sVgit de vous sauver la vie du corps, pourquoi voulezvous vous en servir quand il s'agit du salut de votre âme? Si vous croyez qu'il est de la prudence d'employer tous les remèdes itnaginables pour vous conserver la vie , quoique vous sachiez que l'heure de votre mort est fixée de toute éternité, pourquoi résistez-vous à la grâce i" Pourquoi refusez-vous de faire pénitence et de mener une vie plus réglée , sous prétexte que Dieu ayant prévu que vous serez damné ou Que vous serez sauvé, vous nu sauriez changer les dé--^

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crets de sa providence ! L'incertitude du tems de votre mort vous engage à ne rien omettre pour vous conserver la vie ; et l'incertitude de votre éternité bienheureuse ou malheureuse ne pourra vous porter à prendre les moyens d'assurer votre salut...,! u Ce discours fit tant d'impression sur l'esprit du prince, quelque aveugle et quelque endurci qu il fût qu'il résolut de changer de conduite.

£<• Trésor» dt la Grâc* , tmi« I.

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