UTILITÉ DE LA PENSÉE DE LA MORT
Dans la cérémonif du couronnement des rois Abyssins, on leur pre'sentaii un vase plein de ferre, et une lête do mort , pour les avenir de ce qu'ils devaient être un jour, sans que la couronne pût les pré- 1 server du sort commun à tous les hommes.
I — L'empreur Maximilien V' avaii fait faire sa bière quatre ans avant de mourir. Il l'avait toujours dans sa chambre , et qunnd il voyageait, il la faisait toujours porter avec lui ; il trouvait en elle un bon conseil : et avant suivi ses avis pendant sa vie, il vit sans
' peine arriver le moment où il allait y être enfermé. — Josias, prince très-religieux, arracha les idoles
qu'on adorait follement dans son royaume, et mit «i j leur place les bières el les osscmens des morts, afin
qu'à cette vue le peuple pensât qu'il faut mourir el
réformât ses mœurs.
— Des historiens nous rapportent que les Perses enseTelissaient les morts dans leurs maisons, afin de les avoir toujours devant les yeux , cl ils ne craignaient pas de dire que les morts étaient de meilleurs maîtres et de plus sages conseillers que les vivans.
— Saint-Bernard avait coutume de se dire souvent pendant le jour : Si tu devais mourir aujourd'hui ^ Je~ rais-tu cela ^ et quand il commençait quelque bonne action ou quelque œuvre d'obligation, il se demandait : Si tu devais mourir après cette action , comment la
ferais-tu? et ainsi , par le souvenir de la mort, il se maintenait dans une continuelle ferveur.