‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 240 sur 252 · LE SOLDAT DÉVOT · texte numérisé non relu

LE SOLDAT DÉVOT

Un soldat , nommé Beau-Séjour , récitait tous les jours sept Pater et sept Ave, Maria, à l'honneur des sept allégresses et des sept douleurs de la sainte Yierge. U était si attaché à cette pratique, qu'il n'y avait jamais manqué; et s'il arrivait qu'après s'être couché , il se souvînt de n'avoir pas rempli ce devoir , il se levait sur-le-champ, quelque tems qu'il fît, et récitait ses prières à genoux.

Un jour de baiaille, Beau-Séjour se trouva à la première ligne, en présence de l'ennemi, attendant le signal de l'attaque- S'étant souvenu alors qu'il n'avait point dit sa prière accoutumée , il se mit à la dire , commençant par faire le signe de la croix. Ses camarades qui étaient à ses côtés, s'étant aperçus de ce signe de croix, et voyant que Beau-Séjour récitait des prières , se mirent à le railler , à se moquer de lui, et à l'appeler lâche, timide, poltron. Ces railleries et ces insultes passaient de bouche en bouche : Beau-Séjour a peur, Beau-Séjour est un dévot. Il entendait autour de lui tous ces propos sans s'en inquiéter, et continuait toujours sa prière. A peine fut-elle finie, que les ennemis firent leur première décharge, el Beau-Séjour, sans avoir reçu aucun coup , resta seul de tout son rang. Il vit étendus à ses pieds tous ceux qui , peu auparavant , se moquaient de lui , et raillaient sa dévotion. Il ne put s'empêcher

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de frémir à cette vue, et reconnut la main qui l'avait sauve. Tout le reste de la bataille , qui fut très-sanglante , et pendant toute la campagne qui fut longue et meurtrière , il ne reçut aucune blessure. Lorsque la guerre fut terminée, il reçut son congé', et s'en revint sain et sauf dans ses foyers. 11 se plaisait à raconter son histoire, et à publier partout les louanges de celle a qui il était redevable de la santé et de la vie.

IJTouMaa Mt'i d» Marie.

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