‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 26 sur 252 · PAROLES DE QUELQUES GRANDS HOMMES AD LIT DELA MORT · texte numérisé non relu

PAROLES DE QUELQUES GRANDS HOMMES AD LIT DELA MORT

Auguste, après un règne long et glorieux, dit à ceux qui Penvrronnaient : Mes amis y la pièce est finie,

II se représentait comme un personnage de théâtre, qui avait un moment paru sur la scène du monde avec éclat , pour déposer bientôt ses habits dramatiques.

■ — L'empereur Alexandre Sévère dit en mouraof •' «7'at été tout, et tout nest rien.

— « Que n'ai-je fait pour mon Dieu ce que j'ai fait » pour mon Roi, disait en mourant le cardinal de » Voizé, disgracié sous Henri VIII : il ne ra'aban- » donnerait pas en ce moment, comme faille maîtfe » que j'ai servi. »

— Un homme célèbre, tant de fois couronné des mains de la victoire, le maréchal de Saxe , dit à ceux qui étaient rassemblés autour de son lit de mort : Mes amis , fui fait un beau rêve,

— Un guerrier non moins fameux, le maréchal de Luxernbourg , reconnut également la vanité des triomphes et des trophées: J^ eusse préféré ^ dit-il en mourant, à toutes les oictoires que f ai remportées^ un verre d'eau froide dohrté à un^ pauvre au nom de Jésus-Christ,

LA PEISSÉE DELA MORT EST UN REMÈDE ET UN PRÉSERVATIF CONTRE LES PASSIONS.

Salnt-Grégûire-le-Grand s'intéressait vivement au salut d'un jeune homroe. Il avait épuisé tous les moyens de le ramener à la vertu : tous furent Inutiles. Alors il résolut de lui donner le plus grand des maîtres et le prédicateur le plus éloquent dans son silerjce même. Il le conduisit insensiblement vers les cata-?' combes de Rome ; et là , ep présence des trophées djc, la mort , et à l'aspect d'ossemens desséchés : « yuila^ vos maîtres, dit-il au jeune homme étonné. Ce que vous êtes aujourd'hui, ils l'ont été, et vous serc.? ua ' jour et bientôt peut-être ce qu'ils sont. » Le jeune hoirime touché, donna à saint Grégoire la consolation qu'il désirait depuis si long-tems, il se convertit.

EFFETS SÀLUTAlilB^ DE LA rVE DJâ LÀ' MORT. ; w

L'impératrice Içabetle, épouse de Gh5rlips-Qu1nt ;' étant morf é à''Totède , François '(5*6 Bôrgîà , qui était

alors dur de Candie, vice -roi de la Catalogne et grand d'Esp;!gne, fut chargé de garder le corps de la princesse el de le conduire à Grenade , où il devait être enterré. Qiiarid le convoi fut arrivé datis cette villf , on ouvrit le cercueil, selon l'usage, afin que le duC jurât que le visage que l'on voyait était celui de l'impératrice ; mais ce visage était si défiguré, quil ne fut pas possiblede le reconnaître : le cadavre d'ailleurs exhalait une odeur si infecte , que personne ne pouvait h supporter. Cependant Frarh^ois de Borgia fit le serment ordinaire, parce que ses soins lui répondaient que c'était véritablement le corps de l'Impératrice. Frappé du hideux spectacle dont il avait été témoin, il se disait à lui-même : « Où sont ces yeux si brillans? Ouest devenue cette beauté que nous admirions il y a peu de tems;' Est-ce vous, Dona Isabella.'' Est-ce llmpératrice, ma souveraine, ma maîiresse ?»X"im pression que ce spertacle avait faite sur son àmc ne finit pas avec la céréroonif. Il passa . la nuit suivante sans dormir, et, prosterné dans sa ' chambre, il disait à lui-même, en fondant en larmes:- « O mon âme, que puis-je chercher dans le monde? » Jusqu'à quand poursuivrai-je une ombre vaine":* » Qu'est devenue cette princesse qui nous paraissait » si belle, si grande, si digne de nos respects? La » mort qui a traité de la sorte le diadème impérial, j» est toute prête à me frapper : n'est-il pas de la sa- » gesse de prérenir ses coups, en mourant au monde » dès ce moment , afin c|a'à la mort je puisse vivre » en Dieu ? » Ensuite il pria le ciel de le tirer de l'abîme de ses misères, de l'éclairer, de le fortifier par sa grâce , et de lui faire constamment aimer un maître dont rien ne pourrait jamais le détacher.

Le lendemain, étant allé au service de Vlmpétit^ trice , il entendit son éloge funèbre. Le prédicareur, qtil était' le célèbre ^edn d'Avila, peignit avec autant

d'onclion que d'ënergiela vanilé des biens du monde, le néant des grandeurs humaines qui nous échappent à la mort, et fit sentir la folif de ceux qui n'emploient

S oint une vie passagère à s'assurer ce qui est pour eux 'une conséquence infinie. Ce discours acheva la conversion de François de Borgia; il renonça d'abord au séjour delà cour, pour se livrer à la piété avec plus de ferveur. Il s'engagea ensuite par vœu à entrer dans quelque ordre religieux, s'il survivait à sa femme ; et la duchesse de Candie étant morte, il accomplit son vœu en entrant dans la compagnie de Jésus, où il parvint à la sainteté la plus éminente.

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