MORT DE VOLTAIRE
Le trait suivant prouve que Dieu exerce quelquefois, dès cette vie, et d'une manière visible , ses vengeances sur les impies. Voltaire a été le coriphée des anti-chréliens du siècle dernier. Sa fin est d'autant plus remarquable qu'on l'a tu atteint de sa maladie Ce mort précisément au tems oii il se promettait le triomphe de l'athéisme. Ses partisans eux-mêmes ont publié la lettre où il écrivait à d'Alembert en ces termes : Dans 20 anSy Dieu aura beau jeu; cette prédiction blaphématoire est en date du aS février i758. Or, c'est en effet le a5 février 1778 qu'il fut frappé du vomissement de sang qui le conduisit à la mort. La violence du mal lui fit aussitôt démentir sa profession d^incrédulité. Il appela à lui un de ces prêtres qu'il avait tant outragés et calomniés dans ses écrits » (abbé Gauthier, vicaire de Saint-Sulpice; il fait à «es genoux l'aveu de ses fautes, et dépose entre ses mains la rétractation authentique de ses impiétés et de ses scandales ; il se flattait d'achever le grand ouwage de sa réconcilation avec Dieu ; mais la mort de^
vance le dernier secours; le philosophe sent renaître toutes ses frayeurs , je suis donc abandonné , s'ecric-t-il, de Dieu et des hommes! 11 invoque |le Seigneur qu'il avait blasphème. Mais un siècle de sarcasmes, vomis contre la religion, semble avoir lasse- la patience de l'e'ternel. Le prc're n'arrive pas, le malade entre dans les convulsions et les fureurs du de'sespoir. Les yeux égare's, blême et tremblant d'efiroi, il s'agite et se tourne en tous sens, il se déchire , il dévore ses excrémens. Cet enfer, dont il s'est tant raille', il le voit s'ouvrir devant lui, il frémit d'horreur, et son dernier soupir est celui d'un réprouvé. Rappelez-vous toute la rage et toute lajureur d'Oreste, dit le célèbre Tronchin, qui assista à cette horrible mort, vous n aurez qu'une faible image de la rage et de la fureur de Voltaire , dans sa dernière maladie. Il serait à souhaiter , répétait-il souvent, que nos philosophes eussent été témoins des remords et desjureurs de Voltaire , cest la leçon la plus salutaire qu^ eussent pu re( evoir ceux qu'il ai>aif corrompus par ses écrits. Le maréchal de Richelieu avait eu sous les yeux ce spectacle épouvantable, et il n'avait pu s'empêcher de s'écrier: « En vérité, cela est trop fort, on ne saurait y tenir. »
Elie nABEL , ParttculaTité» sur la mort de Foliaire. MORT DE COLLOT d'hERBOIS.
Collot d'Herbois, impie forcené et révolutionnaire exalté, était intimement lié avec Robespierre qu'il seconda dans ses abominables projets. Il fut le principal auteur des massacres de Lyon : envoyé dans cette malheureuse ville en 1798, il y fit périr, par la main du bourreau , par la fusillade ou le canon , seize cents victimes , dont le seul crime était d'avoir voulu secouer le joug de la tyrannie. Mais le bras du Seigneur ne tarda pas à s'appesantir sur lui: la convention , craignant de résister à l'opinion publique qui s'était fortement déclarée contre ce monstre, ordonna son ar-
reslation le a mars ivgS, et ensuite sa dt^portation h Cayeone,oùil étaitabnorré,non-seulementdes blancs, mais encore des noirs, qui, dans leur langage, rappelaient le bourreau de la religion des hommes. » Dé- » porté là, nous dit de lui un tdmoin oculaire, il » s'écriait quelquefois : Je suis puni; l'abandon ait je » suis est un enfer. Dans ces entrelaites, une fièvre » inflaramatoire le saisit et le dévore : il appelle Diea » et la Sainte- Vierge h son secours. Un soldat à qui » il avait prêché l'athéisme , lui demande pourquoi »» donc il s'en moquait quelques mois auparavant : » Jh ! mon ami, lui répondit- il, ma bouche en impo- « sait Cl mon cœur; puis il reprenait: mon Dieu, mon M Dieu , puis-je encore espérer un pardon ? envoyez-moi » un consolateur f enooyez-moi quelqu'un qui détourne » mes yeux du brasier qui me consume : mon Dieu I doni nez-moi la paix. Le spectacle de ses derniers mo- )> mens était si affreux, qu'on fut obligé de le mettre 3> à l'écart; et tandis qu'on cherchait un prêtre, il » expira le 7 juin 1797, les yeux entr'ouverls, les » raertibres retournés, en vomissant des flots de sang n et d'écume. Les nègres, pressés pour se rendre E )j une danse, ne l'inhumèrent qu'à moitié; son ca^ )i davre devint la pâture des cochons et des coc- » beaux!.... »
PITOU , rojagt à Caj4uat, MORT EFFRAYANTE d'uN PÉCHECR.
Un grand pécheur, qui avait passé sa vie dans l'habitude des plus grands désordres, étant tombé dange- 'reusement malade, un saint Prêtre qui lui était attaché vint le visiter pour l'engager à penser au salut de son âme. Le malade ne répondit rien. Le Prêtre lui représentant le danger où il est, l'exhorte à se confesser. Oui, oui, je me confesserai, dit- il; et il diffère toujours. Le Prêtre, animé d'un saint zèle, l'exhorte plus vivement encore. Eh bien! venc» demain, dit le
malade, et je me confesserai. Le lendemain le Prêtre vint. Étant seul avec le malade, il fait le signe de la croix, et veut commencer cette confession. Le malade reste quelque tems sans rien dire ; ensuite , d'un ton de voix terrible, il prononce ces paroles effrayantes de l'e'criture : peccator vldebit et iroscetur , le pécheur ouvrira les yeux et sera irrite'. A l'instant il enfonce la tête dans son lit, et se couvre le visage sans plus dire mot. Le confesseur le découvrant : il ne s'agit plus de différer, lui dit-il, mais de vous confesser sans délai. Oui, oui, mon père, je me confesserai, répond le malade. Alors il continue ce texte effrayant: dentihus suis (remet et tabescet , le pécheur grincera des dents et frémira de rage; à l'instant, comme la première fois, il se cache et s'enfonce dons son lit. Le confesseur le découvre de nouveau, et le prie avec larmes de penser à sa confession. Oui, oui, mon père, confessons-nous, confessons-nous, dit le malade, et, pour la troisième fois, il se couvre le visage, et avec des yeux égarés, il s'enfonce encore plus avant, en disant ces dernières paroles : desiderium peccaforum ceribit; les désirs du pécheur périront avec lui. Le coafesseur alarmé le découvre et le trouve mor!.
t» comU d* Valmtnt.
AUTRE EXEMPLE
Un homme qui , toute sa vie , avait fait profession de ne rien croire, et qui, à l'article de la mort, venait de refuser tous les secours de la religion , environrié de sa famille en pleurs , demande à haute voix : quelle heure est-il"} il est dix heures, lui dit-on. Une heure après, même demande ; il la réitère l'heure suivante, et on loi répond qu'il est minuit. Voici donc , s'écrie-t-il d'une voix qui glace de frayeur tous les assistans , voici l'heure et le moment oii va commencer ma malheureuse éterniiél.... En achevant ces mots, il se retourne et exiûre. tj, „mud. r./««t.