LE COMTE SE MALSEIGNE
Marcher sous les bannières de l'incrédulité, c'est être du côté de ce que la terre a de plus vil, de plus insensé, de plus odieux et de plus féroce. Cette seule réflexion a ramené à la religion un brave militaire.
Le comte de Malseigne, élevé dans les camps, dès sa plus tendre enfance , ne connaissait guère d'autres principes de morale que ceux de l'honneur , et n'imaginait pas qu'ils pussent s'accorder avec ceux de la religion , sur laquelle il était d'une ignorance profonde. Il fut atteint à Constance, en Allemagne, d'une fièvre lente, qui, accompagnée de faiblesses fréquentes, faisait d'autant plus craindre pour ses jours, qu'il était plus que sexagénaire. M. de la Ferronnaye , évêque de Lisieux, prit un prétexte pour aller le visiter, et
le préparer d'avance aux devoirs de religion qu'exigeait 11- danger de iOii e'tat. Pour ne {)as trop l'elfrayer, il ne til que le pKvssentir dans les premières conversations, et lui aniioiiçanl que ses o cupalions ne le laissa eut pas libre de le voir aussi souvent qu'il !« désirait, il lui demanda permission d envoyer savoir de ses nouvrlles par un de ses grands vicaires, ecclésiastique distingué par sa piéîc et ses lumières. Celuici, prévenu par son prélat, ne s'elf.irouf hi prinl d»^s propos militaires du général ; il le vit assidûinenf plusieurs jours de suite, et entama enfin avec ménagement le véritable objet de sa mission. « Ah ! je m'attendais, dit M. de Malseigne , que ce serait le véi i'able objet de vos visites e' de celles du préla'. Eh fiien je vais vous parler franchement. : quoique je sache fort peu de chose sur la religion, je n'igriorn pas qu'elle ordonne de pardonner à ses ennemis, et jamais je n'adopterai ce précepte. iVîes ennemis, ^c sont les Jacobins; je ne demande à Dieu de vivre que pour en externnner la race; j.^ garderai ce sentira>"ni jusqu'à la nvort ; Dieu l'a gravé dans mon cœur, il e^l tiop juste pour m'en punir dans l'autre vie. — Vous avez raison. Mon- leur, réporiflit le grand vicaire, je pense comme vous, et la religion n(> s'oppose pas plus à votre juste haine qu'a la mienne. •> Ce début inattendu étonna daboid le général, et l'ecclésias'iqu" continua ; " Mais dans ces mêmes Jacobins, ce ne sont pas les particuliers que vous et moi délestons, nous ne les coimaissons pas; ce sifOt leurs crimes également odieux au ciel et à la terr^. Conser.cz préi ieusement celte haine qui est un motif de plus pour suivre cofistamrat-nt le chemisi de l hoimeur et de la vertu. Plaignons ensemble les malheureux qui s'en écartent, et cherchons tous les moyens de ne tious trouver, ni dans celte vie, ni dans l'autre avec de pareils monstres. Or, vous croyez fermement à l'immortalité de l'àme,
b l'cxislenco du paradis el de l'enfer; vous êtes per- S'iadé que le crime ne peut êlre admis dans l'un et qu'il sera e'k'rn»'llfment puni dans l'autre. Ne rejetez donc jamais ce juste sentiment d horreur que vous avez pour le crime; mais aimez le.s criminels comme hommes : priez Dieu de leur accorder un sim ère repentir. Pardonnez-leur vous-même comme homme, du font) du cœur, sans quoi votre h^sîne elle-même deviendrait injuste; elle mériterait puniîion, et vous vous trouveriez en société dans l'enfer avec ces mêmes scélérats, morts dans leurs | échés , et dont vous avez bien raison d'abhorrer l'odieux aspect. »
L'idée de pouvoir se trou er en société avec les Jacobins, fit une impression si profonde sur l'esprit du général, qu'il s'écria : « Ah! personne ne m'avait fait un argument de cette force, je n'ai rien à répondre, et je me rends, »
Converti une fois sur ce point qui lui paraissait capital , il fut aisé de le ramener à tou».s les vérités de ia religion, et quelques mois après, il termina sa vie par la mort la plus édifiante.
MÉRACLT , Apologistet intiolontairet LA SOEUR SAINTE-MARIE.
La sœur Saint- Marie rentrant un jour à l'hospice de la ' harilé, fut insultée par un ouvrier qu'avaient égaré les propos de misérables calomniateurs. 11 la poursuit de ses grossiers outrages , et de ses sarcasmes impies. Il l'aurait frappée si l'on n'eût arrêtésa main- Calme et résignée, elle ne sut que lui pardonner — Ces jours derniers (avril 18^2), dans la salle de l'hospice où la sœur Sainte- Marie prodiguait ses soins aux victimes que l'épidémie le choléra) entasse par centaines sous ce? tristes voûtes, un nouveau malade fut apporté, déjà pâle et livide : il n'y a plus de place, répondit on; les médecins, les infirmiers n'y suffisent plus! « Mais
— - 168 « — la religieuse avait aperçu, reconnu cet homme : « Je m'en charge, dit-elle; voici une place encore... ne le refusez pas ; c'est moi , moi seule qui le soigfierai. » Le malade lui fut confie'; et, sans négliger les autres malheureux qui re'clamaient ses secours , elle l'entoura des soins les plus attentifs qu'une mère puisse prodiguer à son fils. Durant une semaine elle le soutint dans ses souffrances, l'encouragea dans ses angoisses... Enfin un mieux sensible annonça la convalescence du malade. Son re'tablissement parut prochain ; mais, il y a peu de jours, après quelques heures d'un sommeil r«fparateur, il ne trouva plus au chevel de son lit la sœur Sainte- Marie; il demanda vainement sa bienfaitrice.... Tant d'efforts, tant de fatigues avaient e'puisé la religieuse... Atteinte elle-même par l'horrible mal auquel elle avait arrache' sa victimi^ , elle se trouva sans force pour lui résister. La sœur Sainte-Marie est morte le 8 avril i832.
DES COWU.UDEHENS DE DIED.
Lois de Dieu, que tous ressemble! peu à ccQe des hommes I iteriielles comme Iç principe dont TOUS êtes émanées, c'est en Tain que les siècles s'écoulent; vous résister aux siècles, à la liersécution , et à la corruptiou même des peuples.
CHATBACBBI&XD.
Nous prouvons à Dieu que nous l'aimons , lorsque nous accomplissons ses commandemens.
PUBLICATION DE LA LOI SDB LE MONT-SINAÏ , l'aN DU MONDE 2513.
La loi de nature semblant effacée du cœur de l'homme par l'excès de corruption où était tombé le
genre humain depuis !e déluge. Dieu voulut donner par e'crit des lois aux Israe'lites. Trois mois après qu'il eut de'livré son peuple de la servitude d'Egypte, et qu'il lui eut fait traverser d'une manière miraculeuse la mer rouge, le Seigneur dit à Moïse d'avertir les Israélites de se purifier, et que , dans trois jours , il leur parlerait du haut de la montagne de Sinaï. Dès le matin du troisième jour, on entendit des tonnerres et l'on vit briller des éclairs : une nuée épaisse couvrit la montagne; une trompette sonna a^'ec grand bruit, et le peuple qui était dans le camp fut saisi de frayeur. Dieu appela Moïse du haut de la montagne , alors une voix terrible sortant du nuage prononça ces paroleff: Je suis le Seigneur ton Dieu , etc.
Dieu prononça ces dix commandemens devant tout le peuple, et de plus il les écrivit sur deux tables de pierre et les donna à Moïse. C'est ce que nous appelons le décalogue.
PARABOLES d'uN VÉNÉRABLE VIEILLARD.
Un vénérable vieillard se voyant environné d'enfans qui se pressaient autour de lui, leur dit ces paroles qu'ils n'oublièrent jamais: Mes p' tits enfans, j'ai toujours remarqué, i° que le travail du dimanche n'a jamais enrichi; 2" le bien mal acq-jis jamais profité; 3° l'aumône jamais appauvri ; 4° 'a prière du malin et du soir jamais retarde les travaux ; 5*^ et qu'un enfant rebelle et libertin n'est jamais heureux.
Petit Souetnir dt la retraite , page ^i.