‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 98 sur 252 · HISTOIRE DE PIERRE-LE- DAMNÉ · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PIERRE-LE- DAMNÉ

M. Jauffret, ( Évéqne de Metz, mort en 1821 ), avant d'être élevé 5 l Épiscopat, exerçait catholiquement le ministère pendant la révolution dans un gros bourg du département du Var à une époque où on pouvait un peu respirer. Entendant un jour avec douleur retentir à ses oreilles des blasphèmes contre Dieu, il demanda en gémissant à deux vieillards si dans leur jeunesse on vomissait souvent de pareilles horreurs. Ces bons octogénaires, poussant de profonds soupirs, comme pour témoigner le regret de ne plus retrouver ce vif amour de la religion qu'on avait dans leur jeune âge , répondirent qu'avant l'année ij45» i' cl^it inoui qu'on eût blasphémé le nom de Dieu dans tout le pays. Ils se rappelèrent alors l'un à l'autre une scène dont ils avaient été témoins et la racontèrent à M. Jauffret ; c'était la coutume, dans ce bourg , de se rassembler sur une grande place pour jouer tous les dimanches et les jours de fêtes après vêpres. Un certain jour se trouvait parmi les joueurs un homme sans aveu et qui, pour sa mauvaise con" duite, était connu sous l'infâme surnom de Pierre-ledamné. Le jeu ne lui réussissant peut-être pas à son gré, il jura le nom de Dieu. Comme autrefois du teras de Moïse tous les assislans frémirent d horreur. 11 a juré le nom de Dieu, s'écriait-on, il va attirer sur nous les malédictions du ciel. On délibère sur le châtiment qu'on doit lui infliger pour le punir d'une si odieuse prévarication. Enfin on le saisit, et on le con*

duit, à travers la foule indignée, devant le portail de l'e'glise et successivement à loules les croix qui se trouvaient aux environs. A rhaque staîion , ils lui firent faire amende honorable et demander pardon à Dieu de l'offense qu'il avait commise contre son infinie Majesté. Quand il eut terminé touie celte pénible course, en butte à tous les mauvais trailemens de cette muitilude justement irritée contre lui, il est conduit hors du bourg. Là, on le châtie encore durement et on lui dit qu'il venait de subir un châtiment rigoureux sans doute, mais qu'on lui conseille de quitter pour jamais le pays, et que si jamais il y reparaissait, ce ne serait pas impunément. Effectivement il lut banni de la sorte, et personne ne l'y revit plus.

Mimt ouvrag*.

Le second cotiimandement nous défend encore de nous souhaiter du mal à nous-mêmes , au prochain ou à tout autre créature, c'est ce qu'on appelle imprécations ou malédictions.

Page 1