I.76, f. 6. E, F. Organes mâle et femelle sur le même pied
Expansions loliacées, glabres, longues de un à trois pouces et plus, lobees ou pinnatifides, à divisions obtuses , presque entières, d’un vert foncé, parsemées supérieurement de points ou pores, et en dessous de côtes moyennes etde veines couvertes de radicules nombreuses , abondantes , longues ; pédicules femelles partant d'une petite cavité située au bord des folioles, longs de douze à dix-huit lignes , rougeâtres à la base, poilus, opaques, sillonnés, un peu tortillés , divisés au sommet en dix rayons linéaires , rabattus, puis étalés, et recouvrant 2- 3 fleurs femelles , enveloppées dans des écailles blanchâtres qui ne dépassent pas le tiers de la longueur des rayons, dont une seule fructifie et prpduit une capsule qui s’ouvre en quatre valves, dont les graines sont productrices selon Hedwig; j’ai observé ces capsules souvent stériles. Pédicules mâles nais-
sant également sur les bords des folioles, longs de quatre à six lignes , terminés par un disque membraneux, lamelleux et blanc en dessous, analogue à la croûte en dessus, à huit divisions enfermées dans la membrane du disque, et contenant en dedans le liquide propagateur ( Dilien ). L’expansion foliacée supporte encore , çà et là , des cupules sessiles , remplies de corpuscules lenticulaires , qui sont des gemmes ou .
bulbes. Les variétés indiquées n’en sont réellement pas puisqu’on a pris pour telles des individus à organes mâles ou femelles, ou monoïques. C’est à la présence d'organes de formes differentes sur la même feuille qu’est dû le nom de polymorpha donnéà cette espèce par Linné; nom qui conviendrait également aux autres espèces puisqu’elles en présentent de semblables. Croît dans les lieux humides, les puits, les fossés, les cours inhabitées. Très-commune. M. Palissot de Beauvois a trouvé à Montmorency une variété de cette plante à feuillage très - lacinié ; la fructification n'en étant pas connue, il est difficile de décider si c est une espèce à part, ou , comme nous le présumons, une simple variété.
On a employé l’hépatique des fontaines dans les maladies delà poitrine et du foie. Ce dernier usage lui a valu son nom fran-
ça is Ci' hépatique. On n'en fait plus que peu ou point d’emploi.
2. M. CONICA. Lin. spec. 1604 ; Vaill. Bot. t. a3 , f. 8. Expansion foliacée de la grandeur de la précédenle, et analogue en tout; pédicules femelles placés sur le bord des folioles , partant d’une petite cavité , longs de douze à quinze lignes et plus, non sillonnés , transparents , blancs , glabres , portant au sommet des cônes ou bonnets, roussâtres , longs de deux lignes, à bords divisés en lobes très-courts, obtus, recouvrant quat re à hu it divisions qui renferment chacune une capsule ovoïde , pendante , entourée d écailles allongées , qui s'ouvre en quatre valves brunes et roulées en dehors, et laisse voir des grains fins , bruns , entremêlés d’élatères ; organes males consistant en tubercules hémisphériques , sessiles , raboteux en dessus, contenant à l'intérieur des espaces cloisonnés , pleins du liquide propagateur , bien figurés dans la planche citée de Vaillant. La plante paraît réellement dioï-
que ; M. Palisot de Beauvois en a fait un genre sous le nom CCanthoconum conicum sans qu'on en voie de raisons bien plausibles. Croît dans les mêmes lieux que la précédente; très-commune à Montmorency, Jouy, Versailles, et à St. -Léger, en septembre et octobre.
Les individus males paraissent en avril , et n'existent plus lorsque les pieds femelles sont mûrs à l'automne.